Le forum Coco, fermé en 2024 pour diffusion de contenus illégaux, revient sous un autre nom. Bounty est un site de chat gratuit, sans contrôle d'âge. L'ARCOM et la Haut-commissaire à l'Enfance ont engagé des actions rapides.

Bounty est un site de chat sans inscription, sans vérification de l'âge, dangereux pour les mineurs, qui diffuse des contenus à caractère pédopornographiques - Capture d'écran © Mélina Loupia pour Clubic
Bounty est un site de chat sans inscription, sans vérification de l'âge, dangereux pour les mineurs, qui diffuse des contenus à caractère pédopornographiques - Capture d'écran © Mélina Loupia pour Clubic
L'info en 3 points
  • Le forum Coco a été fermé en 2024 pour diffusion de contenus pédocriminels, mais a été remplacé par Bounty.
  • Bounty est un site de chat sans contrôle d'âge, facilitant l'accès à des discussions explicites et dangereuses pour les mineurs.
  • Les autorités françaises, sous l'égide de Sarah El Haïry, agissent rapidement pour stopper la résurgence de ces dérives en ligne.

En juin 2024, le forum Coco a été fermé après avoir servi de relais pour des contenus pédocriminels. Pourtant, quelques mois plus tard, un nouveau site appelé Bounty a ouvert ses portes. Il propose un tchat accessible sans inscription ni contrôle d'âge, avec des discussions souvent très explicites. Les autorités françaises ont réagi rapidement. Le 27 août 2025, la Haut-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry a saisi l'ARCOM et informé les ministères de la Justice et de l'Intérieur. Cette démarche vise à empêcher la reproduction des dérives référencées sur Coco.

La réapparition de Coco sous le nom de Bounty relance les dérives déjà connues

En septembre 2024, le site Bounty a vu le jour, quelques mois seulement après la fermeture de Coco. Comme son précédent, ce forum ne demande aucune preuve d'âge pour s'inscrire. Il suffit de choisir un pseudo, un genre et un âge fabriqué pour accéder aux discussions.

Les salons portent des noms explicites, comme « gros seins » ou « bien membres », et rassemblent chacun plusieurs dizaines de membres. Les échanges s'y font rapidement très crus, avec des demandes de photos intimes ou des propositions à peine voilées.

Le choix du nom Bounty fait clairement référence à Coco. La barre chocolatée fourrée à la noix de cocoreprésente le symbole revendiqué par les créateurs du nouveau forum.

Sarah El Haïry, la Haut-commissaire à l'Enfance, résume la situation : « Coco était une plaque tournante de l'horreur. Les adolescents y étaient pris au piège, victimes de chantage ou de réseaux de prostitution ».

Sur Coco, les mineurs étaient souvent recrutés pour des actes illégaux. La même dynamique semble reprendre sur Bounty. Les adolescents circulent sans difficulté, sans protection.

Véronique Béchu, qui travaille chez e-enfance, rappelle que ces plateformes exposent les mineurs à de gros risques : « Sans contrôle, ils deviennent vulnérables face au harcèlement ou à des demandes abusives ».

En janvier 2025, le propriétaire de Coco a été mis en examen pour détention et diffusion d'images pédopornographiques, ainsi que pour proxénétisme aggravé. Pourtant, Bounty est apparu rapidement. Le problème ne disparaît pas, et les dérives restent présentes.

L'Arcom a été saisie, car Bounty, basé à Lille, tombe sous le coup du droit français - ©T. Schneider / Shutterstock
L'Arcom a été saisie, car Bounty, basé à Lille, tombe sous le coup du droit français - ©T. Schneider / Shutterstock

Les autorités prennent le dossier en main et réclament des mesures rapides

Le 27 août 2025, Sarah El Haïry, la Haut-commissaire à l’Enfance, a saisi l’ARCOM. Elle a aussi informé les ministères de la Justice et de l’Intérieur ainsi que la plateforme Pharos, chargée de recueillir les signalements liés à la cybercriminalité. Elle le dit nettement : « Internet ne doit pas être une zone de non-droit. Les pédophiles, on les traquera jusqu’au bout ».

Comme le forum Bounty est basé à Lille, il tombe sous la loi française et facilite donc l'action des autorités. L’ARCOM a envoyé un courrier au propriétaire en lui demandant des détails sur la modération, la diffusion de contenus illégaux et la protection des mineurs.

Attention toutefois, dès la fermeture de Coco, plusieurs forums similaires ont vu le jour, et sont rapidement devenus l'attraction des hackers. L’avocat Alexandre Archambault suit ces dossiers et observe que l’activité ne faiblit pas. Il explique : « Dès que Coco a fermé, des espaces comparables sont apparus rapidement. Ce phénomène crée un flux constant d’utilisateurs et génère de la valeur économique. Certains y voient même une opportunité ».

De son côté, le fondateur de Bounty a déclaré au Parisien : « Notre intention est de collaborer à 100% avec les autorités, ce que nous faisons déjà en envoyant des signalements à Pharos. Nous avons créé ce tchat en nous inspirant de Coco parce que la demande était très importante. Mais à aucun moment nous ne voulions recréer un Coco avec ses dérives ».

Pharos joue un rôle indispensable pour repérer, analyser et orienter les signalements de contenus illégaux sur Internet. Les internautes ne doivent pas hésiter à utiliser cette plateforme en cas de découverte de contenus suspectés d’être illégaux. Chaque signalement aide à protéger les victimes, notamment les mineurs, et à faire fermer les sites concernés.

  • Signalement simplifié des contenus illicites en ligne
  • Collaboration étroite avec la police nationale
  • Plateforme sécurisée et anonyme

Source : Le Parisien (accès payant)