Google s’attaque au marché du bracelet connecté avec le Google Fitbit Air, un nouveau produit qui vient marcher sur les plate-bandes de Whoop. Son secret ? L’IA Gemini, toujours disponible pour analyser discrètement votre santé.

Un coach santé IA au poignet : c'est la promesse du Google Fitbit Air ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Un coach santé IA au poignet : c'est la promesse du Google Fitbit Air ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Les plus
  • Discret et confortable, s'oublie au poignet en quelques heures
  • Autonomie de huit jours et recharge rapide
  • Coach Gemini redoutablement efficace pour personnaliser les conseils santé
  • Le bracelet fonctionne sans abonnement, contrairement à Whoop
  • Prix contenu pour un produit haut de gamme dans son usage
Les moins
  • Sans abonnement Premium, l'intérêt du produit est limité
  • Geste de coupure du réveil peu fiable
  • Compatibilité Pixel Watch uniquement pour la cohabitation montre/bracelet
  • Application Google Health manque d'intuitivité à la prise en main

Le Google Fitbit Air n’est pas seulement un nouveau bracelet connecté. C’est une étape dans la stratégie santé de Google, qui transforme doucement Fitbit en ce que Nest est devenu pour la maison connectée : une gamme estampillée Google, pensée pour s’intégrer à un écosystème plus large. Ce tracker sans écran, conçu pour se faire oublier au poignet, est le premier produit à porter cette ambition à l’opposé de la Pixel Watch, qui elle, affiche tout.

La vraie nouveauté est logicielle : un coach IA propulsé par Gemini analyse vos données et adapte ses conseils en temps réel. La promesse rappelle Whoop, la référence du bracelet connecté sans écran couplé à un abonnement. Sauf que Google divise le prix par deux. Suffisant pour lui confier vos données de santé au quotidien ?

Un bracelet fait pour s’oublier (sauf quand on cherche l’heure)

Le Google Fitbit Air ne fait pas dans l’ostentatoire, et cela se remarque dès le packaging, parfaitement minimaliste. À l’intérieur, le capteur est déjà installé sur le bracelet, accompagné du chargeur magnétique propriétaire. Bon point : il est équipé d’une prise USB-C, ce qui permet de le brancher sur un PC en déplacement.

Le bracelet est proposé en quatre coloris — noir, rouge, vert et bleu — et c’est ce dernier que nous a envoyé Google. Fabriqué en tissu avec fermeture velcro et surmonté d’une boucle en métal très élégante, il dégage un petit côté premium inattendu à ce prix. Google vise clairement le grand public avec un accessoire passe-partout, qui ne dépareille pas avec une tenue habillée. D’autres bracelets sont disponibles sur la boutique en ligne, et les accessoiristes ne devraient pas tarder à suivre.

Une petite boucle très élégante ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le capteur, lui, est minuscule. Il ne pèse que 5 grammes et embarque le moniteur optique de fréquence cardiaque, les capteurs de température cutanée et les capteurs infrarouges pour le suivi de la saturation en oxygène. Il se clippe dans l’emplacement prévu sur le bracelet. Une fois au poignet, il disparaît littéralement.

Lors d’un événement familial, personne n’a remarqué sa présence, ni détecté qu’il s’agissait d'un objet connecté bardé de capteurs. Si votre objectif est de porter l’accessoire santé le plus sobre possible, le Fitbit Air est fait pour vous.

Seulement 5 g pour le tracker au coeur du bracelet
Les bracelets sont interchangeables, avec plusieurs modèles proposés par la marque ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Seul problème pour le porteur de montre que je suis depuis plus de deux décennies : sans écran, impossible de voir l’heure. Cela peut paraître anecdotique, mais pendant une semaine, j’ai continué à tendre le poignet gauche par pur réflexe. Si vous avez l’habitude de porter une montre et n’avez pas envie de sortir votre smartphone pour consulter l’heure, le Google Fitbit Air n’est peut-être pas fait pour vous. Ou vous devrez porter une montre sur l’autre poignet.

Google propose d’ailleurs une rustine pour les utilisateurs déjà équipés d’une montre connectée. Il est possible de faire cohabiter une Pixel Watch et une Fitbit Air : la montre pour la journée ou la semaine, le bracelet la nuit et le week-end pour un port plus discret. L’application gère les deux appareils simultanément et assure la continuité de l’analyse des données. La contrainte, c’est que seule la Pixel Watch est compatible. Pour les possesseurs d'une Garmin ou d'une Samsung Galaxy Watch, il faudra repasser à la caisse ou faire une croix sur cette complémentarité.

Evidemment, c'est un peu plus discret qu'une montre ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Une semaine au poignet : le confort de l’invisible

Pour vivre pleinement l’expérience, j’ai retiré ma montre et n’ai porté que le bracelet durant une bonne semaine. L’absence d’écran est un vrai confort à certains moments. Le soir ou le week-end, même en mode Ne pas déranger, l’écran de mon Apple Watch se remplit de notifications, toujours à portée de doigt, toujours prêtes à me reconnecter. Le Fitbit Air coupe tout lien avec l’extérieur. Il suffit de poser son smartphone dans une autre pièce pour ne plus être dérangé.

Le bracelet est très agréable et s'oublie instantanément ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le bracelet s’oublie très vite, et se révèle particulièrement pratique la nuit. Mon Apple Watch est volumineuse — je l’avais finalement adoptée pour le suivi du sommeil, mais le Fitbit Air est une solution bien plus discrète. Il dispose d’un vibreur pour le réveil, rudimentaire mais suffisamment puissant pour me tirer du lit sans réveiller ma moitié. Je suis moins convaincu par le geste pour couper la vibration, deux pressions fortes sur le dessus du bracelet. Cela fonctionne une fois sur deux, et je n’ai toujours pas maîtrisé le bon geste pour y arriver du premier coup. Aussi, j’ai oublié de retirer le Fitbit Air sous la douche, mais il dispose d’une résistance à l’immersion jusqu’à 50 m, et supporte quelques minutes sous l’eau.

Même logique pour la capture des données de santé. Une LED indique l’état de la batterie et la connexion, c’est tout. Tout s’opère en transparence, sans alerte ni message parfois alarmiste. Le Fitbit Air est pensé pour un public qui souhaite des informations régulières sur son état de santé, sans avoir l’œil rivé sur son rythme cardiaque. C’est d’ailleurs l’une des différences majeures avec Whoop. La marque américaine propose des produits taillés pour les sportifs qui veulent des analyses poussées sur leurs performances. Google fait le choix inverse et vise un public bien plus large, avec une dimension sportive présente, mais moins poussée que son concurrent.

Un assemblage assez simple ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Un bémol toutefois sur la fiabilité des données brutes. Si les mesures cardiaques et le SpO2 s’alignent globalement avec celles de mon Apple Watch, le suivi du sommeil diverge sensiblement. Mes cycles de sommeil profond et paradoxal y sont systématiquement plus longs que ce qu’enregistre Apple. Difficile de savoir lequel des deux a raison, les algorithmes de détection des cycles varient d’un constructeur à l’autre, mais l’écart est suffisamment notable pour le mentionner.

Le Coach Gemini travaille sur ces données, et si elles sont biaisées à la source, ses recommandations le sont aussi. L’autonomie annoncée, enfin, est de sept jours sans recharge. Bonne nouvelle : le Google Fitbit Air fait un peu mieux avec ici huit jours au poignet avant la recharge. Conformément aux dires de la marque, cinq minutes suffisent à récupérer assez de jus pour une journée complète d’utilisation. Pour une recharge complète, comptez 90 minutes environ. Confortable, discret, autonome : le bracelet remplit son contrat. Mais le vrai pari de Google se joue ailleurs, dans l'application.

Un chargeur magnétique propriétaire ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Comptez cinq minutes de recharge pour une journée complète d'utilisation ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Gemini comme coach : la promesse tient-elle dans la durée ?

Si le Fitbit Air est bien exécuté, mais somme toute classique, le cœur de l’expérience se situe au niveau de la nouvelle application Google Health qui vient remplacer dès à présent l’application Fitbit. Pour les utilisateurs déjà actifs, cette dernière sera remplacée par Google Health par une mise à jour.

Celle-ci se compose de quatre onglets. Le premier, Aujourd’hui, donne un aperçu global des données santé et de l’activité récente. Il est entièrement paramétrable, et on peut ajouter les données qui nous sont les plus importantes pour un coup d’œil rapide. L’onglet Forme regroupe les informations liées à l’exercice et la récupération, l’onglet Sommeil les données collectées durant la nuit et Santé pour les métriques quotidiennes et le suivi de l’alimentation.

Google propose un hub complet relatif à la santé plutôt bien fichu, mais auquel je reproche un manque d’intuitivité. L’interface est un peu chargée, parfois redondante (par exemple plusieurs boutons pour lancer un exercice sur une même page) et demandera un peu d’entrainement.

L’intérêt du produit n’est pas là. Le Google Fitbit Air n’est pleinement exploité qu’avec un abonnement Google Health Premium, proposé à un prix de 8,99 €/mois sans engagement, ou 99 € pour une année complète. Cette formule donne accès au Coach Google Health, et plus précisément à l’intelligence artificielle Gemini, spécialement entraînée pour répondre à des questions sur votre santé, votre forme physique ou encore la qualité de votre sommeil. Contrairement à une Apple Watch, qui vous recrache des données sans vraiment les expliquer ou les contextualiser, l’intelligence artificielle est capable de tenir une conversation et d’utiliser ces informations pour vous donner une vue d’ensemble personnalisée dans un langage plus accessible.

Gemini…pardon, Coach Google Health vous présente tout d’abord quelques analyses dans l’écran d’accueil de l’application. Basiquement, l’assistant me donne une analyse de mon sommeil chaque matin et quelques remarques utiles, par exemple si j’ai assez dormi pour pratiquer ma séance de sport, ou si je dois plutôt privilégier une journée de repos. On se rapproche d’un Bevel, de plus en plus populaire dans l’écosystème Apple, et qui propose peu ou prou la même analyse des données collectées par l’Apple Watch.

Pour poser une question ou démarrer une conversation, un gros bouton permettant d’accéder au chat est présent en permanence en bas à droite de l’écran. C’est là que vous pourrez donner de nombreux détails sur votre quotidien et vos habitudes. J’ai par exemple précisé à Gemini que j’avais quelques douleurs aux genoux, et un voyage à Munich prévu durant ma semaine. L’IA adapte alors le programme en conséquence. Redoutable d’efficacité.

Le Coach peut enfin enregistrer des données pour vous sans que vous ayez à vous rendre dans les rubriques associées. Tous ceux qui enregistrent leurs calories et leurs repas dans des applications type MyFitnessPal savent à quel point l’ajout de chaque repas est peu pratique, et qu’au final, nombreux sont ceux qui abandonnent après quelques jours. Gemini adopte une approche multimodale. Vous pouvez chaque soir écrire ce que vous avez mangé durant la journée, ou tout simplement prendre des photos de vos plats. L’IA analysera l’image et donnera une estimation des calories. Ce ne sera évidemment pas assez précis pour un sportif en pleine préparation, mais pour M. et Mme Tout-le-Monde, cela suffira largement.

Plus besoin d'ajouter vos aliments : dites ou montrez vos repas, Gemini s'occupe du reste ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Pour les plus attentifs à leur forme, un aperçu des macronutriments ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Sur le plan du sport enfin, Coach Google Health peut vous préparer des entraînements personnalisés, en plus de ceux déjà proposés dans l’application. Dites-lui simplement ce que vous voulez faire, vos contraintes, et Gemini se chargera de vous concevoir un programme rien que pour vous. Globalement cela fonctionne bien, mais parfois l’IA a tendance à s’emmêler les pinceaux. Par exemple, je lui ai bien dit que j’étais en déplacement, mais elle me propose toujours de faire ma marche quotidienne. Il faut parfois la recadrer, comme à peu près tous les modèles d’IA aujourd’hui.

Héritage Fitbit oblige, l’application Google Health regorge de cours disponibles en vidéo pour faire du sport à la maison ou en déplacement. Elle permet également de suivre la plupart des exercices, comme la marche, la course ou le vélo, mais l'application ne donne pas de données utiles en cours d’effort, se contentant d’analyser votre santé.

Une analyse pertinente et compréhensible du sommeil ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Google Health propose également des exercices en vidéo ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Vos données de santé valent-elles un bon conseil ?

La confidentialité, c’est l’éléphant dans la pièce dès qu’on parle d’un produit Google lié à la santé. L’entreprise a tenu à rassurer lors de la présentation : les données de santé ne sont pas exploitées à des fins publicitaires, restent accessibles à l’utilisateur et peuvent être supprimées depuis l’application Google Health.

Mais un angle mort subsiste. Google n’a jamais affirmé lors de cette présentation que ces données n’alimentaient pas l’entraînement de ses modèles d’IA. En consultant directement les pages d’information de l’app, la formulation est explicite : les données collectées servent à améliorer les performances du service, ce qui, dans le langage de l’industrie, signifie entraînement des modèles et affinage des algorithmes. Les données sont anonymisées lors du transfert, ce qui limite les risques d’identification directe, mais ne change pas fondamentalement l’équation. Ce n’est ni scandaleux ni caché, mais c'est une information qui mérite d’être connue avant de prendre sa décision.

Google collecte vos données de santé ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Un suivi complet du coeur recraché sous forme de conversation ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

La comparaison avec Whoop s’impose d’elle-même. Le concurrent américain a construit tout son modèle sur l’abonnement : le bracelet est fourni gratuitement, mais il reste conditionné au service. Arrêter l'abonnement lors d’un essai, c’est renvoyer l’appareil. L’utilisateur ne possède rien — il loue une expérience. Un modèle qui a d’ailleurs montré ses limites récemment, quand Whoop a tenté de revenir sur sa politique de mises à jour hardware gratuites, déclenchant une levée de boucliers chez ses abonnés.

Le Google Fitbit Air joue une partition différente : le bracelet s’achète, les données appartiennent à l’utilisateur, et l’appareil fonctionne sans abonnement. Vous pouvez très bien utiliser le Fitbit Air pour tracker vos pas, votre sommeil et votre rythme cardiaque. Les informations sont enregistrées de manière brute dans l’application, et rien n’est envoyé sur les serveurs de l’éditeur.

Une dernière mise en garde s’impose. Le Coach Gemini est un outil de bien-être, pas un outil médical. Pour les plus anxieux d’entre nous, la tentation de consulter l’IA à la moindre variation de rythme cardiaque ou au moindre réveil nocturne est réelle. Google le rappelle à chaque conversation avec l’IA, mais le rappel mérite d’être répété ici : une intelligence artificielle entraînée sur des données de santé n’est pas un médecin, et ne doit pas en remplacer un. Le Fitbit Air est fait pour mieux se connaître, pas pour s’inquiéter davantage.

Conclusion
Note générale
9 / 10

Le Google Fitbit Air est un produit bien pensé, qui assume pleinement ce qu'il est : un bracelet de suivi santé discret, confortable, conçu pour le grand public. Pas pour le sportif qui veut disséquer ses données de récupération, ni pour celui qui court après chaque métrique. Pour celui qui veut simplement savoir comment il dort, comment il récupère, et recevoir des conseils utiles sans avoir à les décoder.

La vraie valeur ajoutée est dans l'abonnement. Sans Gemini, le Fitbit Air reste un bon tracker parmi d'autres. Avec lui, l'expérience change de nature : les données deviennent une conversation, et c'est précisément là que Google prend de l'avance sur ses concurrents. L'Apple Watch donne des chiffres. Gemini explique ce qu'ils signifient pour vous, aujourd'hui, en tenant compte de votre quotidien et de vos habitudes.

La question des données reste entière, et chacun devra trancher selon sa sensibilité. Pour le reste, difficile de ne pas succomber : le Fitbit Air est l'un de ces rares produits qui tient toutes ses promesses et qu'on ne veut plus retirer du poignet. Google a frappé juste.

Les plus
  • Discret et confortable, s'oublie au poignet en quelques heures
  • Autonomie de huit jours et recharge rapide
  • Coach Gemini redoutablement efficace pour personnaliser les conseils santé
  • Le bracelet fonctionne sans abonnement, contrairement à Whoop
  • Prix contenu pour un produit haut de gamme dans son usage
Les moins
  • Sans abonnement Premium, l'intérêt du produit est limité
  • Geste de coupure du réveil peu fiable
  • Compatibilité Pixel Watch uniquement pour la cohabitation montre/bracelet
  • Application Google Health manque d'intuitivité à la prise en main
Sous-notes
Design et ergonomie
9
Application mobile
8
Suivi sport et santé
9
Autonomie
9

Fiche technique Google Fitbit Air

Résumé
Etanchéité50 mètres
Autonomie7jour(s)
Caractéristiques techniques
Smartphones compatiblesAndroid / iOS
Etanchéité50 mètres
Autonomie7jour(s)
Temps de charge90mn
Connectivité
Bluetooth5.0
NFCNon
GPSNon
Capteurs
AccéléromètreOui
Analyse du sommeilOui
Fréquence cardiaqueOui
ECGNon
OxymètreOui
Caractéristiques physiques
Épaisseur8.3mm
Largeur17mm
Longeur34.9mm
Poids5.2g
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