Retrogaming : l'émulation sur smartphones et tablettes

05 juillet 2015 à 00h00
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Suite à notre dossier sur les meilleurs logiciels de retrogaming, il était temps de se pencher sur l'émulation pour smartphones et tablettes. Alors, on prend les mêmes et on recommence ? Loin de là, puisque la majorité des applications que nous avons testées ont été développées spécialement pour les plateformes mobiles.

Ce qui suit n'est pas un énième classement des meilleurs émulateurs, mais entreprend de se pencher sur le phénomène du retrogaming nomade, de comprendre ses différentes facettes. Une façon d'en discerner les enjeux et de mieux s'y retrouver parmi une offre toujours plus large, du moins sur Android et Windows Phone.

L'occasion de rappeler quelques généralités concernant l'émulation, et de constater qu'avec l'explosion du marché des applications mobiles, l'émulation n'est plus l'apanage des gamers, mais s'adresse désormais à un public large et varié. De plus, le nomadisme et la technologie tactile propres aux appareils mobiles impliquent des considérations et des contraintes sur lesquelles il est nécessaire de s'arrêter. Enfin, il convient de revenir sur quelques critères déterminants quant au choix d'un émulateur plutôt qu'un autre.

L'émulation sur smartphones et tablettes : quelques généralités

Dressons tout d'abord un rapide état des lieux de l'émulation de manière générale, puis plus spécifiquement sur plateforme mobile. Qu'en dit la loi ? Quelle est la position des différents systèmes d'exploitation concernés et quelle est l'offre proposée par les store respectifs ? Quels enjeux technologiques soulève l'émulation mobile ?

Légal ou pas ?

À l'instar de n'importe quelle autre « œuvre de l'esprit », les jeux vidéo sont soumis au droit d'auteur. Dès lors, toute reproduction non autorisée est interdite et assimilée à de la contrefaçon ; qu'il s'agisse de copie de jeux physiques ou des fameuses ROM (Read Only Memory, soit « mémoire morte ») utilisées par les émulateurs.

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Cependant, une exception au droit d'auteur autorise l'usage de ces ROM : la copie privée. Si vous êtes le propriétaire de l'exemplaire d'un jeu, vous pouvez légalement disposer d'une copie dans un strict cadre privé.

La légitimité de l'émulation repose donc entièrement sur cette ambiguïté. L'occasion pour beaucoup de prolonger la durée de vie de certaines consoles, devenues obsolètes de par leurs composants ou leurs connectiques. À noter que ce postulat juridique s'applique de la même façon aux BIOS (Basic Input/Output System), ces programmes propres à certaines machines, permettant le démarrage de l'ensemble des périphériques basiques nécessaires.

Ainsi, pour profiter d'un jeu Dreamcast sur Android grâce à Reicast, il vous sera indispensable de télécharger les BIOS dc_boot.bin et dc_flash.bin. Vous devrez donc légalement posséder la console.

Apple et l'émulation

S'il est aisé de trouver des émulateurs sur Mac OS X, la tâche se révèle bien plus délicate sur iOS. L'émulation a pourtant tenté quelques percées sur l'App Store, en vain. Même l'émulateur NES/Super NES caché dans le gestionnaire de fichiers Floppy Cloud s'est rapidement fait bannir de la fameuse plateforme de téléchargement.

Chaque nouvelle mise à jour d'iOS bloque les dernières failles trouvées par les développeurs pour pouvoir s'adonner à l'émulation sans avoir à jailbreaker leur appareil. Car en effet, la seule solution sur iOS nécessite de débrider les protections de son iPhone ou de son iPad, et de se rendre sur des plateformes de téléchargement parallèles. Si la manœuvre demeure stricto sensu légale, elle vous ôte toute garantie aux yeux d'Apple. C'est pourquoi des programmes tels que PPSSPP, un émulateur de la première console portable de Sony, sont disponibles sur iOS, bien qu'introuvables sur l'App Store.

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PPSSPP, un exemple d'application développée pour iOS mais introuvable sur l'App Store.

Android et Windows Phone

C'est sur Android que l'émulation pour plateformes mobiles est la plus développée. Le Play Store présente une très large variété d'applications gratuites ou payantes, dédiées à la plupart des consoles.

Si Windows Phone comprend également des émulateurs sur son store, il demeure à la traîne en termes de contenu, aussi bien quantitativement que qualitativement. Nombreuses sont les applications difficilement jouables ou phagocytées par la publicité. Heureusement, de plus en plus de titres de qualité se distinguent et laissent présager d'un catalogue d'applications de meilleure facture.

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L'excellent EmiGens Plus sur Windows Phone

C'est notamment le cas d'EmiGens Plus, un émulateur Sega Master System, Game Gear, Mega Drive et Sega CD, entièrement gratuit et sans publicité. Si ses options ne sont pas très nombreuses, l'application fait ce qu'on attend d'elle et a le mérite d'être facile à prendre en main.

Les programmes sur Windows Phone peuvent sembler limités par leur mode d'importation des jeux : si sur Android les ROM peuvent être importées directement ou par le biais de fichiers ZIP, sur Windows Phone il faut récupérer les jeux depuis le cloud , en l'occurrence depuis son compte Microsoft OneDrive (ex SkyDrive).

La guerre des clones

Sur Android, de nombreuses applications sont sensiblement les mêmes. Ceci s'explique notamment par la mise à disposition de projets open-source, repris à la chaîne par des éditeurs indolents, y voyant surtout une bonne occasion de gagner de l'argent. C'est le cas de Mupen64Plus, un émulateur de Nintendo 64 sur lequel s'appuient la plupart des applications développées pour Android. Dès lors, seul le modèle économique du programme distingue un clone d'un autre. Le mieux est encore de se tourner vers le modèle publicitaire le moins intrusif.

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Comme de nombreuses applications, MegaN64 reprend les traits du projet Mupen64Plus.

Certaines de ces applications parviennent cependant à sortir du lot. C'est le cas de MegaN64, qui en plus d'être gratuit et sans publicité, se révèle être l'un des programmes les plus stables développés à partir de Mupen64Plus.
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Cette nécessité de trier l'offre est encore plus flagrante en ce qui concerne l'émulation de la Nintendo DS. Si l'on dénombre près d'une vingtaine d'émulateurs présents sur le Play Store, la quasi-totalité affiche la même interface et se révèle injouable, en proie à des ralentissements et des bugs.

Seul DraStic DS Emulator sort son épingle du jeu : bien qu'il soit loin d'être irréprochable techniquement, il se distingue par son moteur de jeu de qualité et son interface singulière.

Une affaire d'éditeurs

Il n'est pas rare de voir les éditeurs décliner leur programme pour plusieurs consoles. Malheureusement, ces émulateurs sont un peu trop vite calqués, ne prenant pas forcément en compte les particularités de chaque machine. Ce qui renforce cette dimension impersonnelle de l'offre mobile actuelle.

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On retrouve les mêmes menus sur ...

Il s'agit alors de vous tourner, non plus vers une application en particulier, mais vers un éditeur qui propose, quelle que soit la console émulée, une interface et une jouabilité qui vous correspondent. Si vous êtes par exemple habitués à l'émulateur de Super Nintendo , à ses options nombreuses et à sa navigation parfois hasardeuse, vous ne serez pas dépaysés en vous tournant vers MD.emu ou GBA.emu, des émulateurs Sega et Game Boy Advance disponibles auprès du même éditeur. On y retrouve la même jouabilité et les mêmes menus ; quant aux paramètres, ils sont sensiblement équivalents.

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...que sur MD.emu.

Des applications pour tous les publics

En débarquant sur smartphones et tablettes, l'émulation se démocratise et se retrouve à portée de main de tous. L'offre s'étoffe, s'adresse aussi bien à ceux qui jouent en dilettante qu'aux gamers plus expérimentés. Les possibilités de personnalisation et la qualité de l'interface de ces applications s'adaptent à ces publics multiples. Enfin, l'aspect pécuniaire constitue un autre critère de distinction entre ces différents profils de joueurs.

Casual vs. Hardcore

L'émulation sur appareils mobiles s'adresse aussi bien aux aficionados de vieilles consoles qu'aux joueurs du dimanche pris d'une bouffée de nostalgie. Si certaines applications font le choix de s'adresser à l'un de ces deux publics, d'autres ambitionnent de les réunir autour d'un même programme.

Les émulateurs grand public, comme Nostalgia.NES et Nostalgia.GBC, se veulent généralement intuitifs, se distinguant par leur interface épurée et la simplicité de leur menu. Seules les options essentielles sont disponibles directement en cours de jeu.

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Un menu d'options simple pour Nostalgia.GBC, idéal pour les joueurs débutants.

À l'inverse du casual gamer, qui cherche la détente et la nostalgie, le hardcore gamer affectionne le challenge et la compétition. Là où les joueurs occasionnels ne souhaitent pas s'encombrer de ce qu'ils considéreront comme du pinaillage, les acharnés de l'émulation y voient une occasion de maximiser le confort et les sensations ressenties, cherchant à se rapprocher le plus possible de l'expérience de jeu d'origine.

À ce titre, MAME4droid constitue un bon exemple, au vu de la présence de certains paramètres, tels que la fréquence de rafraîchissement, l'optimisation colorimétrique ou le double buffering. Il faut dire que l'arcade se prête bien au hardcore gaming, que ce soit par la difficulté de ses jeux (inhérente au modèle économique de l'arcade), ou par le challenge induit par un système de scoring très marqué.

Bien qu'abscons, nombre de ces paramètres avancés pourraient séduire le casual gamer si on les lui expliquait. Mais les émulateurs ne possèdent généralement pas cette veine didactique, qui ferait du néophyte un joueur plus éclairé.

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MAME4droid s'adresse avant tout aux joueurs confirmés.

Le degré de personnalisation

Cette distinction entre joueur occasionnel et averti ne justifie pourtant pas toujours l'écart de personnalisation d'un programme à l'autre. Certes, quelques applications très grand public, comme NES One sur Windows Phone, assurent le service minimum côté paramètres : orientation, sauvegarde ou encore style de boutons. Une palette d'options chiche, même pour le public qu'il vise. Tandis que d'autres, comme GBA.emu, s'adressent aussi à ce public, mais fournissent davantage d'options et de types de réglages : définir la taille et la position des boutons sur le contrôleur virtuel, masquer ou afficher les éléments présents à l'écran, apporter jusqu'à 10 emplacements de sauvegarde, etc.

À l'inverse, un programme comme Reicast sur Android se révèle globalement pauvre en fonctionnalités alors qu'il propose d'émuler la Dreamcast, qui demeure le meilleur exemple de console boudée par le grand public et encensée par les gamers.

On peut en conclure que les meilleures applications sont celles qui ont une approche pragmatique de la personnalisation. Mieux vaut qu'elles présentent un panel de fonctionnalités réduit mais utile au joueur qu'elles visent, plutôt que de noyer l'utilisateur sous une liste de paramètres qu'il n'est pas sûr d'utiliser un jour, ni même de comprendre.

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GBA.emu, une application grand public pourtant riche en options.

La qualité de l'interface

Proposer de nombreux paramètres à l'utilisateur se fait souvent au détriment d'une navigation intuitive : options listées en vrac, rubriques peu signifiantes, ou encore fonctionnalités basiques comme la sauvegarde perdues parmi toutes les autres, allers-retours inutiles entre le jeu et les menus, etc.

Heureusement, certains émulateurs ont l'ambition d'être exhaustif dans leurs options tout en conservant leur lisibilité. C'est le cas de FPse, dont le menu principal se révèle très basique : « Système », « Audio » et « Vidéo ». Chaque entrée donne accès indépendamment à un sous-menu spécifique. Une quatrième entrée, « Autres », regroupe à part les options les plus complexes.

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Malgré ses paramètres nombreux, FPse dispose d'un menu facile à parcourir.

Une autre application riche en options se distingue par la clarté de ses menus : l'émulateur de PSP PPSSPP. Un système d'onglets basiques (« Graphismes », « Audio », « Commandes » et « Système ») permet d'accéder à des listes de paramètres classés en sous-catégories bien distinctes. Une lisibilité renforcée par une interface graphique agréable et épurée, apportant une navigation plus aisée.

Purple Cherry X, un émulateur de Game Boy Advance sur Windows Phone, se distingue aussi par le design de son interface, en s'inspirant de l'univers très coloré de Nintendo. Agrémentée de quelques animations, la navigation se révèle agréable et saura séduire tous les profils de joueurs.

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PPSSPP bénéficie d'une navigation et d'un design agréable.

Offre gratuite vs. offre payante

Le prix de ces émulateurs, entre 50 centimes et 5 euros, peut être un critère de choix déterminant. Mais sortir la carte de crédit est loin d'être une fatalité, puisqu'une offre gratuite abondante côtoie l'offre payante. Certaines applications, pourtant complètes et riches en fonctionnalités, sont entièrement gratuites. Par exemple, MAME4droid vous initie aux joies de l'arcade sur Android.

Mais cette offre gratuite comporte des modèles économiques variés, plus ou moins intéressants. Si Nostalgia.NES et Nostalgia.GBC sont disponibles gratuitement, une version complète à 1,46 euro permet de régler l'opacité des boutons ou de personnaliser davantage l'écran. D'autres émulateurs, comme GBA.emu, proposent une version payante régulièrement mise à jour, et une version gratuite laissée en l'état depuis des années.

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NES One dispose d'une version gratuite et d'une version complète, à 1,49 euro. Si elles possèdent toutes deux les mêmes fonctionnalités, la seconde vous affranchit de publicités particulièrement intrusives. Vous ne payez pas une valeur ajoutée en termes de contenu mais de confort de jeu.

Quant à l'application Purple Cherry X (ci-contre), elle opte pour l'achat intégré : pour 0,99 euro elle donne la possibilité d'utiliser un système de téléchargement automatique de ROM.

Notons le caractère parfois purement symbolique de certaines versions payantes. Si l'émulateur PPSSPP propose une version Gold à 4,99 euros, en tout point identique à la version gratuite, il s'agit surtout de faire un don à l'auteur du programme.

La question du support mobile

L'émulation sur smartphones et tablettes casse les codes : les consoles de salon deviennent nomades et l'on réunit sur un même support, partout avec soi, toutes nos vieilles machines et nos jeux préférés. Un nomadisme qui se fait encore souvent au détriment de l'expérience de jeu. Une bonne gestion du contrôleur virtuel et d'une possible manette externe se révèle en effet déterminante.

La manette tactile

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Les émulateurs mobiles proposent généralement un contrôleur virtuel reprenant les traits de la manette d'origine. Même les joueurs coutumiers de la console ont besoin d'un certain temps pour s'adapter à ces nouveaux contrôles. Heureusement, nombre de ces applications permettent de modifier la taille, la position et le nombre des boutons, définissent un périmètre de sensibilité ou encore s'adaptent automatiquement à la position de vos doigts. Des bonnes idées qui pallient les gestes imprécis et renforcent le confort de jeu.

Si le mode portrait est souvent l'occasion de placer un pad indépendant en dessous de l'écran de jeu, ces deux éléments sont généralement superposés en mode paysage.

C'est le cas par exemple de NES One (ci-contre), qui devient difficile à prendre en main sur smartphone ; le jeu étant dissimulé par les boutons, et plus encore par vos propres doigts. À noter cependant que la plupart des applications proposent de régler l'opacité des boutons afin de mieux discerner l'écran de jeu.

Les consoles plus récentes comme la PlayStation ou la Nintendo 64 multiplient les boutons et les sticks, afin de réaliser de savantes combinaisons. Dès lors, reproduire cette nouvelle maniabilité sur support mobile devient périlleux. C'est notamment le cas de Reicast, un émulateur Dreamcast pour Android, dont les titres sont parfois injouables, si l'on s'en tient à un contrôle purement tactile.

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Maîtriser le contrôle tactile sur Reicast peut très vite s'avérer périlleux.

La manette externe

Recourir au contrôleur tactile ne sera jamais aussi confortable et précis qu'une manette physique. C'est pourquoi de nombreuses applications offrent la possibilité de jouer à partir d'une manette externe, connectée à votre appareil mobile. Une solution qui facilite également les parties multijoueurs.

La plupart de ces applications s'appuient sur le réseau Wi-Fi de votre appareil pour connecter ces manettes externes. D'autres comme MD.emu, utilisent la technologie bluetooth. Quant aux applications Windows Phone, telles que Snes8X, elles privilégient l'utilisation de contrôleurs Moga ; ces manettes dédiées sur lesquelles on place directement son smartphone.

Certains émulateurs permettent de transformer tout autre appareil connecté en Wi-Fi en manette. Imaginons que vous souhaitiez faire une partie de Contra entre amis à partir d'une tablette. En installant l'émulateur Nostalgia.NES, chacun pourra alors y connecter son smartphone et en faire une manette, tandis que la tablette fera office d'écran de jeu.

Certains encore, dont Nostalgia.NES, permettent aussi de connecter des pistolets optiques. Vous pourrez ainsi redécouvrir les joies de Duck Hunt et du NES Zapper, ou du Sega Light Phaser sur Master Sytem et du Sega Menacer sur Mega Drive.

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MD.emu permet de connecter des manettes externes en bluetooth.

Le cas des consoles portables

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La question de la manette externe sur consoles portables ne se pose pas, puisque les contrôles sont directement intégrés à celles-ci. Sur les émulateurs de machines nomades, la manette virtuelle se superpose donc bien souvent à l'écran de jeu et nuit à la visibilité, et à la jouabilité du programme. Cela se complique encore plus pour les puristes désireux de conserver le format d'origine de l'écran de ces consoles portables. Difficile en effet d'imaginer jouer à la Game Boy ou à la Game Gear en recouvrant l'écran de ses doigts. Adapter l'écran de jeu au format de votre smartphone ou de votre tablette procure une meilleure maniabilité, au détriment d'un rendu graphique de qualité.

La Nintendo DS fait figure d'exception parmi les consoles portables adaptées pour l'émulation. La technologie tactile étant le cœur même du produit, sa transposition sur smartphone ou tablette paraît évidente et offre naturellement une jouabilité plus intuitive. Cependant, la console portable de Nintendo intègre également des contrôles physiques, absents des smartphones et tablettes. Ainsi sur DraStic DS Emulator, un émulateur Nintendo DS pour Android, les boutons de la manette virtuelle viennent se superposer à la surface tactile d'origine (voir ci-contre). La maniabilité se révèle alors confuse, et l'on ne sait parfois plus si l'on appuie sur un bouton ou sur la surface de l'un des écrans de jeu.

Quelques critères de choix

Concluons ce dossier par une liste non exhaustive de critères déterminants quant au choix d'une application plutôt que d'une autre. La gestion de la sauvegarde, la possibilité de faire tourner différents émulateurs au sein d'un même programme, ou encore l'attribution de paramètres spécifiques sont quelques-unes des conditions qui décideront votre choix.

La facilité de sauvegarde

La sauvegarde sur émulation... Là où certains y voient une entorse faite au plaisir du challenge d'origine, d'autres y voient une façon de prolonger l'expérience de jeu.

Encore faut-il que le système de sauvegarde de ces émulateurs soit intuitif. Certains programmes, en mêlant cette fonction de base à toutes les autres options, nous perdent dans leurs menus, nous contraignant à faire bien souvent des allers-retours inutiles entre l'écran de jeu et les paramètres. D'autres, comme Snes8X, permettent de sauvegarder et de charger vos parties rapidement : un simple appui sur le bouton « Précédent » laisse apparaître les pictogrammes correspondants.

À force de sauvegarder très souvent, ou de charger encore et encore la même partie d'un jeu difficile, il peut vous arriver de faire une mauvaise manipulation à un moment critique. C'est pourquoi certaines applications, dont Snes8X, intègrent une confirmation de sauvegarde et de chargement des parties.

Enfin, il faut considérer le nombre de slots disponibles, c'est-à-dire le nombre d'emplacements de sauvegarde permis par l'émulateur. Une donnée qui peut s'avérer essentielle selon la consommation et les besoins du joueur. Par ailleurs, de nombreuses applications procèdent à une sauvegarde automatique de vos parties. Vous gagnez ainsi du temps à l'ouverture d'un jeu, en reprenant exactement là où vous vous en étiez arrêtez.

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Snes8X sauvegarde et charge vos parties en quelques instants.

La multi-émulation

Certaines applications permettent de jouer à différentes consoles sur un même programme et de centraliser ainsi ses jeux favoris au sein d'une même application. Des machines différentes qui partagent une filiation de par leur constructeur, et desquelles se dégagent une identité commune bien marquée. C'est le cas des consoles Sega, que l'on retrouve souvent réunies au sein d'un même émulateur : EmiGens Plus, disponible sur Windows Phone, supporte à la fois les jeux Master System, Game Gear, Mega Drive et Sega CD. L'application offre une personnalisation de la manette en conséquence : il est possible, par exemple, de passer de 3 à 6 boutons.

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EmiGens Plus rassemble plusieurs consoles Sega : Master System, Game Gear, Mega Drive et Sega CD.

RetroArch ne se contente pas d'émuler les machines d'un même constructeur. Bien plus éclectique, il supporte des consoles d'horizons divers. Qu'il s'agisse d'anciennes consoles de salon, comme la NES ; de plus récentes, comme la PlayStation ; de consoles portables, comme la Game Boy Advance ; ou encore de machines beaucoup plus confidentielles, comme la Virtual Boy ou la Neo Geo Pocket Color. Une vingtaine d'émulateurs est ainsi réunie au sein du programme.

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Vous pouvez jouer à une vingtaine de consoles grâce à RetroArch.

Des paramètres spécifiques

Bien qu'il embarque plusieurs émulateurs, RetroArch ne présente pas de paramètres de personnalisation propres à chacun d'entre eux. De plus, il ne dispose que d'une manette virtuelle unique. L'application gomme les spécificités de chaque console : on ne joue pourtant pas à la Game Boy Advance comme on joue à la PlayStation.

D'autres émulateurs intègrent cette notion de paramètres spécifiques. C'est le cas de MAME4droid, qui dispose à la fois de réglages généraux et de réglages spécifiques à chaque ROM. Il faut dire que l'arcade s'y prête bien, tant elle peut recouvrir des systèmes de jeu et des contrôles très variables d'une machine à l'autre (présence ou non de joysticks, boutons plus ou moins nombreux, etc.).

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Chaque jeu peut être configuré individuellement sur MAME4droid.

Moins évidente sur des émulateurs dédiés à une console unique, cette fonctionnalité est pourtant présente sur des applications telles que Purple Cherry X. Cet émulateur de Game Boy Advance pour Windows Phone donne la possibilité de définir des paramètres globaux utilisés par défaut ; ces mêmes paramètres pouvant être configurés de manière spécifique, pour chaque jeu. D'un titre à l'autre, vous pouvez modifier la vitesse ou agir différemment sur l'opacité des boutons.

Quelques bonnes idées en vrac

D'autres critères sont à considérer quant au choix d'un émulateur plutôt que d'un autre. Par exemple, la présence d'une version française n'est pas anodine. Si certains termes paraissent déjà compliqués en français, ils sont carrément obscurs en anglais. Des applications comme MegaN64 affichent une interface entièrement en français, offrant au joueur, quel que soit son profil, un plus grand confort d'utilisation.

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MegaN64 est l'un des rares émulateurs en français.

D'autres applications se distinguent par des fonctionnalités malignes, visant à optimiser l'expérience de jeu. Comme la fonction rewind du Nostalgia.NES, qui vous reporte jusqu'à 10 secondes en arrière en cours de partie ; une bonne alternative à la sauvegarde classique. Certains programmes, comme GBA.emu, permettent quant à eux de créer un raccourci jeu directement depuis le lanceur d'applications de votre smartphone ou de votre tablette. Un gain de temps non négligeable si vous passez de longues heures sur les mêmes titres.

Notons enfin la présence de certaines options directement liées aux sensations de jeu, comme la possibilité d'activer les vibrations de la manette. C'est ce que propose notamment FPse, reproduisant l'effet du DualShock de la PlayStation d'origine.

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La fonction rewind de Nostalgia.NES vous permet de revenir quelques instants en arrière.

Récapitulatif des applications

Vous l'avez compris, en termes d'émulateurs il y a bel et bien des applications de référence mais il y a surtout à savoir quelle console on souhaite émuler et sur quelle plateforme.

Ci-dessous vous trouverez un récapitulatif des solutions présentées et/ou évoquées dans notre article ; une sélection suffisamment exhaustive pour trouver chaussure à son pied. En outre, si vous décidez de changer d'écran et de redécouvrir vos jeux préférés sur ordinateur, n'hésitez pas à consulter notre article les meilleurs logiciels de rétrogaming.

Console(s)Application
/ Téléchargement
+ Les plus- Les moins
Master System
Game Gear
Mega Drive
Mega CD
MD.emu
pour Android
- Multi-émulateurs
- Nombreuses fonctionnalités
- Utilisation de laser guns
- Version gratuite plus mise à jour
- Liste d'options un peu confuse
Master System
Game Gear
Mega Drive
Mega CD
EmiGens Plus
pour Windows Phone
- Multi-émulateurs
- Sauvegarde intuitive
- Interface impersonnelle
DreamcastReicast
pour Android
- Jeux fidèlement rendus
- Jouabilité fluide
- Interface peu maniable
- Quelques bugs graphiques
NESNostalgia NES
pour Android
- Version gratuite généreuse
- Fonction "rewind"
- Opacité des boutons payante
NESNES One
pour Windows Phone
- Fait le job
- Manette plutôt élégante
- Bandeaux publicitaires intrusifs
- Peu d'options
GameBoy
GameBoy Color
Nostalgia GBC
pour Android
- Version gratuite généreuse
- Fonction "rewind"
- Opacité des boutons
GameBoy AdvanceGBA.emu
pour Android
- Fonctionnalités nombreuses
- Création de raccourcis
- Version gratuite pas mise à jour
- Navigation quelque peu brouillonne
GameBoy AdvancePurple Cherry X
pour Windows Phone
- Design coloré très Nintendo
- Options générales + par jeu
- Mode vibrations
- L'import automatique de jeux passe par un achat intégré
Nintendo DSDraStic DS Emulator
pour Android
- L'un des seuls jouables
- Personnalisation poussée des touches et des écrans
- 30 min de jeu gratuit autorisées par jour
- Quelques bugs çà et là
Super NintendoSnes9X EX+
pour Android
- Options très nombreuses
- Création de raccourcis
- Menus un peu confus
Super NintendoSnes8X
pour Windows Phone
- Personnalisation des boutons poussée
- Sauvegarde intuitive
- Seules les manettes Moga peuvent être connectées
Nintendo 64MegaN64
pour Android
- Large palette d'options
- En français
- Quelques bugs
- Navigation pas très intuitive
PlaystationFpse
pour Android
- Paramètres très nombreux
- Menus bien organisés
- Option vibrations
- Pas de version gratuite
- De légers ralentissements
Playstation PortablePPSSPP
pour Android
,
Windows, OS X et Linux
- Options variées
- Interface élégante et agréable
- En français
- Formats d'écran peu nombreux
ArcadeMAME4droid
pour Android
- Réglages très poussés
- Paramètres généraux et par jeu
- Menus d'options confus
- Jeux plus récents instables
Multi-systèmeRetroArch
pour Android
- Une vingtaine d'émulateurs- Pas de paramétrage par machine
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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