Retrogaming : l'émulation sur smartphones et tablettes

05 juillet 2015 à 00h00
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Suite à notre dossier sur les meilleurs logiciels de retrogaming, il était temps de se pencher sur l'émulation pour smartphones et tablettes. Alors, on prend les mêmes et on recommence ? Loin de là, puisque la majorité des applications que nous avons testées ont été développées spécialement pour les plateformes mobiles.

Ce qui suit n'est pas un énième classement des meilleurs émulateurs, mais entreprend de se pencher sur le phénomène du retrogaming nomade, de comprendre ses différentes facettes. Une façon d'en discerner les enjeux et de mieux s'y retrouver parmi une offre toujours plus large, du moins sur Android et Windows Phone.

L'occasion de rappeler quelques généralités concernant l'émulation, et de constater qu'avec l'explosion du marché des applications mobiles, l'émulation n'est plus l'apanage des gamers, mais s'adresse désormais à un public large et varié. De plus, le nomadisme et la technologie tactile propres aux appareils mobiles impliquent des considérations et des contraintes sur lesquelles il est nécessaire de s'arrêter. Enfin, il convient de revenir sur quelques critères déterminants quant au choix d'un émulateur plutôt qu'un autre.

L'émulation sur smartphones et tablettes : quelques généralités

Dressons tout d'abord un rapide état des lieux de l'émulation de manière générale, puis plus spécifiquement sur plateforme mobile. Qu'en dit la loi ? Quelle est la position des différents systèmes d'exploitation concernés et quelle est l'offre proposée par les store respectifs ? Quels enjeux technologiques soulève l'émulation mobile ?

Légal ou pas ?

À l'instar de n'importe quelle autre « œuvre de l'esprit », les jeux vidéo sont soumis au droit d'auteur. Dès lors, toute reproduction non autorisée est interdite et assimilée à de la contrefaçon ; qu'il s'agisse de copie de jeux physiques ou des fameuses ROM (Read Only Memory, soit « mémoire morte ») utilisées par les émulateurs.

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Cependant, une exception au droit d'auteur autorise l'usage de ces ROM : la copie privée. Si vous êtes le propriétaire de l'exemplaire d'un jeu, vous pouvez légalement disposer d'une copie dans un strict cadre privé.

La légitimité de l'émulation repose donc entièrement sur cette ambiguïté. L'occasion pour beaucoup de prolonger la durée de vie de certaines consoles, devenues obsolètes de par leurs composants ou leurs connectiques. À noter que ce postulat juridique s'applique de la même façon aux BIOS (Basic Input/Output System), ces programmes propres à certaines machines, permettant le démarrage de l'ensemble des périphériques basiques nécessaires.

Ainsi, pour profiter d'un jeu Dreamcast sur Android grâce à Reicast, il vous sera indispensable de télécharger les BIOS dc_boot.bin et dc_flash.bin. Vous devrez donc légalement posséder la console.

Apple et l'émulation

S'il est aisé de trouver des émulateurs sur Mac OS X, la tâche se révèle bien plus délicate sur iOS. L'émulation a pourtant tenté quelques percées sur l'App Store, en vain. Même l'émulateur NES/Super NES caché dans le gestionnaire de fichiers Floppy Cloud s'est rapidement fait bannir de la fameuse plateforme de téléchargement.

Chaque nouvelle mise à jour d'iOS bloque les dernières failles trouvées par les développeurs pour pouvoir s'adonner à l'émulation sans avoir à jailbreaker leur appareil. Car en effet, la seule solution sur iOS nécessite de débrider les protections de son iPhone ou de son iPad, et de se rendre sur des plateformes de téléchargement parallèles. Si la manœuvre demeure stricto sensu légale, elle vous ôte toute garantie aux yeux d'Apple. C'est pourquoi des programmes tels que PPSSPP, un émulateur de la première console portable de Sony, sont disponibles sur iOS, bien qu'introuvables sur l'App Store.

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PPSSPP, un exemple d'application développée pour iOS mais introuvable sur l'App Store.

Android et Windows Phone

C'est sur Android que l'émulation pour plateformes mobiles est la plus développée. Le Play Store présente une très large variété d'applications gratuites ou payantes, dédiées à la plupart des consoles.

Si Windows Phone comprend également des émulateurs sur son store, il demeure à la traîne en termes de contenu, aussi bien quantitativement que qualitativement. Nombreuses sont les applications difficilement jouables ou phagocytées par la publicité. Heureusement, de plus en plus de titres de qualité se distinguent et laissent présager d'un catalogue d'applications de meilleure facture.

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L'excellent EmiGens Plus sur Windows Phone

C'est notamment le cas d'EmiGens Plus, un émulateur Sega Master System, Game Gear, Mega Drive et Sega CD, entièrement gratuit et sans publicité. Si ses options ne sont pas très nombreuses, l'application fait ce qu'on attend d'elle et a le mérite d'être facile à prendre en main.

Les programmes sur Windows Phone peuvent sembler limités par leur mode d'importation des jeux : si sur Android les ROM peuvent être importées directement ou par le biais de fichiers ZIP, sur Windows Phone il faut récupérer les jeux depuis le cloud , en l'occurrence depuis son compte Microsoft OneDrive (ex SkyDrive).

La guerre des clones

Sur Android, de nombreuses applications sont sensiblement les mêmes. Ceci s'explique notamment par la mise à disposition de projets open-source, repris à la chaîne par des éditeurs indolents, y voyant surtout une bonne occasion de gagner de l'argent. C'est le cas de Mupen64Plus, un émulateur de Nintendo 64 sur lequel s'appuient la plupart des applications développées pour Android. Dès lors, seul le modèle économique du programme distingue un clone d'un autre. Le mieux est encore de se tourner vers le modèle publicitaire le moins intrusif.

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Comme de nombreuses applications, MegaN64 reprend les traits du projet Mupen64Plus.

Certaines de ces applications parviennent cependant à sortir du lot. C'est le cas de MegaN64, qui en plus d'être gratuit et sans publicité, se révèle être l'un des programmes les plus stables développés à partir de Mupen64Plus.
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Cette nécessité de trier l'offre est encore plus flagrante en ce qui concerne l'émulation de la Nintendo DS. Si l'on dénombre près d'une vingtaine d'émulateurs présents sur le Play Store, la quasi-totalité affiche la même interface et se révèle injouable, en proie à des ralentissements et des bugs.

Seul DraStic DS Emulator sort son épingle du jeu : bien qu'il soit loin d'être irréprochable techniquement, il se distingue par son moteur de jeu de qualité et son interface singulière.

Une affaire d'éditeurs

Il n'est pas rare de voir les éditeurs décliner leur programme pour plusieurs consoles. Malheureusement, ces émulateurs sont un peu trop vite calqués, ne prenant pas forcément en compte les particularités de chaque machine. Ce qui renforce cette dimension impersonnelle de l'offre mobile actuelle.

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On retrouve les mêmes menus sur ...

Il s'agit alors de vous tourner, non plus vers une application en particulier, mais vers un éditeur qui propose, quelle que soit la console émulée, une interface et une jouabilité qui vous correspondent. Si vous êtes par exemple habitués à l'émulateur de Super Nintendo , à ses options nombreuses et à sa navigation parfois hasardeuse, vous ne serez pas dépaysés en vous tournant vers MD.emu ou GBA.emu, des émulateurs Sega et Game Boy Advance disponibles auprès du même éditeur. On y retrouve la même jouabilité et les mêmes menus ; quant aux paramètres, ils sont sensiblement équivalents.

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...que sur MD.emu.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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