Bealder veut répandre la géolocalisation des clients en magasin

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Le 09 septembre 2014
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Les e-commerçants suivent déjà l'activité de leurs visiteurs, pourquoi pas les boutiques en dur ? C'est la promesse de Bealder, une jeune start-up lyonnaise qui compte sur le Bluetooth Low Energy.

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Avec ses petites balises émettant un signal Bluetooth Low Energy placées en magasin, Bealder ambitionne de répliquer dans l'Hexagone le succès de l'américain Estimote. Le principe est simple : permettre aux marchands de géolocaliser leurs clients (ceux équipés d'un smartphone compatible) pour leur proposer des promotions, une offre de fidélité, du conseil client. Mais aussi de mieux cerner leur comportement.

Julien Edouard, le co-fondateur, nous explique l'intérêt de sa solution : « Aujourd'hui les marchands en dur ne connaissent pas leurs prospects, et pas tous leurs clients. Ce que nous proposons c'est de savoir où ils se déplacent dans leur enseigne, afin de mesurer leur intérêt pour certaines catégories de produits. Ensuite, nous leur offrons un service SaaS d'analyse de leur trafic. Ils peuvent quantifier leurs visiteurs uniques, dresser des zones froides et chaudes et s'adapter... C'est en fait ce que font déjà les e-commerçants. »

Pour installer ce dispositif, le commerçant n'a qu'à disposer les balises dans les zones souhaitées. Leur mission sera de détecter la présence des consommateurs lorsqu'ils pénètrent dans lesdites zones. Côté logiciel, Bealder s'occupe d'intégrer le SDK de leur solution à l'application de la boutique. « Il existe déjà beaucoup d'applis et il est difficile de se faire connaître et accepter du public, alors nous préférons intégrer notre outil aux solutions existantes », justifie le co-fondateur, en charge du développement technique.

Des promos dans les notifications push


Pour le visiteur, il devra avoir activé le Bluetooth pour que le dispositif fonctionne, et avoir l'application de l'enseigne installée sur son smartphone. Si elle n'est pas lancée, une notification push pourra être envoyée lorsque sa présence est détectée. Celle-ci peut par exemple contenir une promotion pour un produit vendu dans le rayon concerné, et inviter la personne à lancer l'application. « Charge à l'enseigne de choisir la fréquence des messages, mais il est évident qu'elle doit être mesurée pour ne pas agacer », explique-t-on.

Une étude de fin 2013 menée en France par le Syndicat national de la communication directe (SNCD) assure que six consommateurs sur dix acceptent d'être géolocalisés à des fins de marketing, et que la moitié d'entre eux tolèrent les notifications push - contre 76% aux Etats-Unis, d'après une autre étude menée par Forrester. Ces chiffres rassurent les fondateurs de Bealder sur la propension de leur solution à toucher le public.


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Interface du logiciel Bealder.


Au-delà du suivi statistique pur, ce dispositif promet de consacrer la relation client. Comment ? « Lorsqu'on remarque la persistance d'une personne dans un rayon, on suppose qu'elle a besoin d'un service. A cela, deux scénarios sont possibles : on lui suggère un conseil client via un push, ou l'on informe un vendeur sur sa montre connectée qu'une personne a besoin d'aide, afin qu'il vienne à sa rencontre », décrit Julien Edouard.

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Des usages restent à inventer


A la manière de Foursquare, ou de l'américain ShopKick (classé quatrième de sa catégorie sur l'App Store), Bealder proposera également une offre de fidélité. Plus un client est détecté dans une enseigne et plus il collecte de points de fidélité, lui ouvrant le droit à d'éventuelles promotions, ceci dans « une pure logique de gamification ».

Pour aller plus loin, les points de vente peuvent connecter leur base de données Bealder à leur base de clients existante (CRM). La start-up explique qu'il est possible d'établir des ponts entre les visiteurs et les clients, afin d'affiner les campagnes marketing. A la manière de Fidzup, qui propose le même genre de dispositif en France, mais en utilisant des ultrasons au lieu du BLE, il est aussi envisageable de recibler des personnes ayant manifesté un intérêt pour une catégorie, mais n'ayant rien acheté.

Si le type de rayon est déjà un bon indicateur pour les responsables marketing, le produit lui-même serait encore plus précieux pour mener des campagnes ultra-précises. « Descendre à ce niveau de profondeur est plus complexe car cela demande que nous équipions tous les articles de puces NFC, que les clients aient un mobile compatible (ce qui n'est pas le cas des iPhone), et qu'ils scannent les produits », indique Bealder.

La start-up a déjà séduit Darty, qui devrait équiper ses magasins. Pour l'instant, « les enseignes françaises se montrent intéressées mais n'osent pas forcément faire le pas, elles attendent des retours d'expérience », nous dit le co-fondateur. Signe encourageant : un grand groupe serait intéressé pour entrer au capital.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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