Avis Final Cut Pro X : Que vaut l'outil d'édition vidéo Made in Apple ?

Stéphane Paput
Spécialiste Drones
08 novembre 2020 à 12h24
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Depuis son lancement dans les années 90 par Apple, Final Cut Pro X n’a cessé de gagner en popularité. Malgré un tournant difficile et controversé en 2011, qui marqua un changement drastique d’interface et de fonctionnalités, et lui donna le nom que l’on connait aujourd’hui, il devint le logiciel de référence chez les utilisateurs Mac.

Disponible en effet que sur macOS, FCPX est un programme d’édition vidéo et audio dit non-linéaire et non-destructif, visant la majorité des besoins des enthousiastes, des semi-pro, et des professionnels. Conçu pour la création intuitive, il est reconnu pour son design made in Apple, qui tend à vouloir supprimer la notion de piste.

Fonctionnalités

Le Montage

L’interface principale de montage de Final Cut Pro X se distingue par une inhabituelle timeline sans piste numérotée. Sa particularité réside dans son Magnétisme, permettant de glisser-déposer et déplacer les clips à volonté, sans nuire à l’intégrité des clips voisins. Vous pouvez ajouter et superposer un nombre sans limite d’éléments, les grouper et les arranger en groupe. Tous les clips ou groupes de clips peuvent-être assignés à des Roles pour les catégoriser et les repérer à l’aide d’un code couleur une fois sur la timeline.

Sont présents tous les outils nécessaires au découpage, au rognage et à l’arrangement des clips, dont une Lame et des marqueurs d’entrée et de sortie. La sélection d’une partie d’un clip peut se faire directement sur le
petit aperçu depuis le panneau Source, ou depuis un écran dédié. A l’évidence, vous trouvez la fonction Annuler/Rétablir mais pas d’historique des actions précédentes. L’édition des médias reste toutefois non-destructive.

Les Effets

Afin d’agrémenter votre création, le programme offre accès à de nombreux effets, filtres et transitions, identifiables depuis une barre de recherche par nom pour plus de rapidité. On nommera notamment l’excellent ‘Flow Transition’ créant une transition en fondu enchainé, l’atténuation d’une coupure entre deux clips, qui est aussi efficace sur la piste audio que sur la piste vidéo. Un autre permet également de faire du remapping temporel, créant des effets de vitesse variable tout au long d’un clip.

L’incrustation chromatique, l’utilisation de fonds verts, est très performante sous FCPX, avec beaucoup d’ajustements possibles, comme l’échantillonnage de couleurs, les réglages de bords et de force, et surtout le contrôle de la plage de couleur à sélectionner. Pour des besoins plus avancés, il faudra cependant passer sous Motion, le logiciel spécialisé en effets et animations de chez Apple.

Le Texte

La Création de titres est très développée, avec un grand choix de modèles et quelques fonctions 3D, ce qui inclut des textures et des ombres. Vous y trouvez une bonne sélection d’animations automatiques, ou personnalisables, sur 3 axes de rotation, et selon des images clés.

Vous avez entre autres la possibilité d’appliquer des Thèmes utilisant des styles prédéfinis de transitions et de textes. Par ailleurs, vous accédez à une gestion complète des sous-titres.

L’Audio

Grâce aux fonctionnalités Audio, vous appliquez plusieurs types de corrections ou d’ajustements, automatiques ou manuels, sur par exemple les bruits parasites, le bourdonnement et les pics sonores. Un EQ est intégré à chaque clip depuis le panneau d’inspection. A l’instar des vidéos, vous pouvez aussi assigner des rôles aux clips audio et des images clés.

Vous profitez également d’une importante bibliothèque d’effets sonores, comme les effets Radio ou Télévisions. En général, l’Audio convient pour traiter des projets standards, mais pour des projets complexes ou pour de grosses corrections, il vaudra peut-être mieux opter pour Apple Logic
Pro X.

Les Couleurs

Depuis un panneau dédié, vous bénéficiez d’outils puissants et ingénieux de correction des couleurs, de la saturation et de l’exposition. Ces trois paramètres sont eux-mêmes munis d’une balance automatique et d’une
pipette. Trois roues colorimétriques viennent agir sur les ombres, les tons moyens et les hautes lumières et une roue Maitre vient faire tirer vers les couleurs de son choix. Chacune d’elles inclut un curseur de luminosité et de saturation. Alternativement, et pour plus de simplicité, il est possible d’utiliser soit un tableau de couleurs, soit une courbe des couleurs permettant l’ajustement par points.

Le logiciel possède également plusieurs instruments de contrôle, comme un vecteurscope, et des oscilloscopes. Une fois vos ajustements terminés,
on peut enregistrer son propre LUT, un profil de corrections de couleurs, et en appliquer ensuite plusieurs, et selon des images clés. Agréablement, l’étalonnage est facilité grâce à la fonction Match Color qui transfère un profil de couleurs et d’exposition d’un clip à un autre.

Spécialités

Final Cut Pro X offre un panel complet de fonctions et d’effets nécessaires à l’édition de vidéos 360°, et ce sur des résolutions jusqu’à 8k. Ce qui comprend notamment la stabilisation, l’ajustement de la perspective de capture, 360° Patch qui dissimule la caméra dans le rendu final, et aussi le placement de titres à tout endroit du champ de vision.

La gestion du Multi-cam est assez facile d’utilisation, avec un maximum de 64 caméras. Plusieurs méthodes de synchronisation existent, et peuvent s’additionner, par les marqueurs temporels ou par l’analyse des pics sonores sur les pistes audios. Il est possible de mélanger les formats des clips, comme la résolution et les codecs. Les outils de montages, comme le découpage ou le rognage, sont intégrés à l’écran de travail depuis le Angle Viewer. Vous pouvez éditer en temps réel la sélection d’angles, et combiner leurs différentes pistes audios.

Dernièrement ajoutée, la fonction Smart Conform utilise une intelligence artificielle pour analyser le contenu de vos clips ou de vos vidéos. Vous pouvez effectuer un rognage automatique selon les réglages de résolutions et de formats disponibles, à la verticale ou carré, afin que votre vidéo soit adaptée au mobile pour les réseaux sociaux. Contrairement à ce qui est marketé au-dessus, la fonction ne suit cependant pas un sujet en mouvement, ce qui nécessite donc une correction par l’utilisateur.

Interface

En faisant une brève recherche, on constate qu’assez peu de crash
sont mentionnés par la communauté, et que FCPX reste un logiciel très stable dans l’ensemble. Pour pallier à toute éventualité, une fonction intéressante existe permettant de faire des sauvegardes automatiques de votre travail avec un historique des versions.

L’Agencement

L’interface s’organise autour de trois panneaux principaux, source/aperçu/timeline, plus un panneau d’inspection et un audiomètre. L’agencement des panneaux de travail se fait selon des profils spécifiques de disposition, ou est personnalisable, mais uniquement au niveau de leur taille et de leur affichage. Les panneaux ne sont pas détachables et ne se repositionnent pas.

Les Contrôles

Beaucoup de fonctions de bases s’utilisent simplement en glisser-déposer, et par raccourcis clavier. Ceux-ci sont eux-mêmes personnalisables, comme une transition définie par défaut, assignée à un
raccourci. Les boutons affichent leurs actions en surbrillance en les survolant.

Le programme est compatible avec la Touch Bar. Celle-ci change d’apparence en fonction de la tâche en cours, avec de multiples formats et d’instruments affichés, dont certains ne sont pas visibles d’ordinaire. Pour les initiés, cela peut constituer un bon complément.

L’Aperçue

Dès l’import, l’écran donne un aperçu de bonne taille en cliquant sur un fichier. Autre fonctionnalité unique, Audition superpose plusieurs clips sur la timeline et ouvre un écran de prévisualisation, ce qui facilite le choix du meilleur clip pour le rendu final. Pour un projet multicam, une vue d’ensemble des angles s’ouvre sur une grille 4x4. De manière générale, les retours utilisateurs mentionnent assez peu de ralentissements de l’aperçu, sauf en cas de projets très complexes.

L’UX

À la façon Apple, le design épuré de FCPX est très proche de celui d’iMovie, ce qui rend plus instantanée sa découverte pour les initiés. Même sans cela, l’ergonomie a été réfléchie pour faciliter l’apprentissage des débutants rendant une certaine simplicité d’utilisation.

Tout au long du processus de travail, on garde la même cohérence visuelle grâce à la conservation des tailles de panneaux de travail. Les outils de montage de base sont aisément assimilables, notamment grâce à la timeline magnétique qui est parfaitement lisible et offre une excellente vue d’ensemble. Coté performances, le temps de réponse aux commandes est globalement satisfaisant. 

Accessibilité

Les Tutoriels

Le logiciel ne contient pas de tutoriel intégré, mais plutôt un guide
d’utilisateur
, majoritairement textuel, accessible depuis le menu et qui inclut la liste des raccourcis clavier. Les communautés autour de FCPX sont toutefois très actives, que ce soit sur le site de support Apple ou sur les forums dédiés.

Le Support

Apple fournit un support technique relativement modeste.
Celui-ci se limite à la page de résolution des problèmes et une page d’assistance qui renvoie principalement vers la communauté, ou vers le guide d’utilisateur. L’achat de la licence intègre cependant toutes nouvelles mises à jour de fonctionnalités, de correctifs ou même des
éventuelles prochaines versions.

La Compatibilité

FCPX est distribué uniquement sous MacOs, et demande une configuration minimum sous High Sierra, avec 4go de RAM et une carte graphique intégrée. Néanmoins, comptez 8go de RAM, et une carte graphique dédiée avec 1go de VRAM, pour pouvoir éditer en 4k et en VR sans contrainte. Par ailleurs, vous pouvez utiliser un double écran, et un casque VR (uniquement un HTC Vive à ce jour) pour vos aperçus.

L’Intégration

À l’heure actuelle, il n’y a pas vraiment de possibilité de travail collaboratif, mais FCPX supporte le stockage en réseau Apple Xsan, avec une gestion des droits d’accès. De très nombreux plugins tiers peuvent être ajoutés, dont Color Finale et, ou encore Primatte Keyer, qui s’intègrent à la perfection et peuvent bien compléter vos besoins.

L’Import

À l’import, une fonction permet d’analyser les médias pour l’étalonnage des couleurs, la correction de l’audio et de la stabilisation, et de les catégoriser automatiquement selon ces critères, ainsi que la présence de
personnes. Il est dommage de ne pas avoir de barre de recherche. Une capture de la vidéo peut se faire depuis des caméras au format DV.

Les projets démarrés sous iMovie sous IOS peuvent être importés. Beaucoup de formats sont compatibles, comme le HDR (en REC.2020) avec adaptation de la plage des couleurs, le HEVC (H.265), de plus en plus répandu notamment pour la vidéo 4K, et les CEA-608 et iTT pour la synchronisation de sous-titres. L’import et l’export via fichier XML est possible pour le changement de logiciel comme par exemple vers Da Vinci Resolve.

La Bibliothèque garde l’organisation des éléments en mémoire. Celle-ci fonctionne aussi sur un système de backup des fichiers similaire à celui d’Adobe Lightroom, avec la possibilité de créer des fichiers proxy en plus basse résolution, et d’appliquer des tags de mots-clés.

Prix

Apple distribue la licence de Final Cut Pro X à l’unité, au prix de 329,99€, mises à jour incluses, et ce pour 6 utilisateurs. L’absence d’abonnement est un modèle économique de moins en moins vu et est plutôt bien
accueilli par les utilisateurs. Pour des fonctions plus complètes, vous devrez opter pour les ‘extensions’ Motion et Compressor, affichées tous les deux à 54,99€.

Pour les indécis, vous pouvez tester la version d’essai dont la durée généreuse est actuellement de 90 jours. Si vous êtes étudiants, vous accédez à l’offre groupée Education, comprenant Final Cut Pro X, Logic Pro X, Motion 5, Compressor 4 et MainStage 3, le tout pour un tarif très intéressant de 229€.

Conclusion

Conçu pour fluidifier l’enchainement des taches, Final Cut Pro X sait répondre intelligemment aux besoins standards, conséquents ou complexes des utilisateurs avancés ou professionnels. Souffrant de quelques limitations qui peuvent être contournées, il vous faudra bien définir vos besoins avant d’investir.

Depuis une interface simple et intuitive, une fois qu’on l’a assimilée, FCPX propose une plateforme de travail puissante et développée, s’intégrant dans un environnement suffisamment ouvert, mais pourtant pas encore au point niveau collaboration.

Vendu avec une licence à vie, le prix devient très attractif et l’investissement se rentabilise rapidement, surtout pour les étudiants.

Final Cut Pro X

9

Les plus

  • Design Made in Apple
  • Les performances de traitement
  • Les fonctions d’organisation
  • Paiement en une fois

Les moins

  • Timeline déroutante
  • Extensions payantes (Motion, Compressor,…)
  • Travail collaboratif limité
  • Support limité
Modifié le 16/11/2020 à 09h56
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