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Arnaud Montebourg attaque le site Booking.com en justice

01 juin 2018 à 15h36
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Les portails de réservation de chambre d'hôtel sont dans le collimateur de Bercy. Après Expedia, Arnaud Montebourg attaque Booking.com dans une volonté de rééquilibrer les rapports avec les hôteliers.

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Booking.com interdit aux hôteliers de proposer à ses clients des tarifs plus attractifs que ceux qu'il affiche sur son site. C'est l'une des clauses qui a conduit Arnaud Montebourg à assigner la plateforme de réservation devant le Tribunal de commerce de Paris. « Les hôteliers perdent une opportunité de concurrencer Booking et de reprendre le contrôle de la relation avec le client, estime ainsi le ministre de l'Economie, ce qui nuit à la fois à la compétitivité du secteur hôtelier et aux consommateurs. »

Pour le ministre, la situation « nuit à la fois à la compétitivité du secteur hôtelier, qui est privé d'une possibilité de s'affranchir des commissions versées à Booking, et aux consommateurs, qui ne peuvent pas faire jouer la concurrence entre les différents canaux de distribution et obtenir de meilleurs tarifs ». Au centre des débats, on retrouve la fameuse clause dite de « la parité tarifaire » - qui comporte une faille.

La parité tarifaire peut être évitée

D'après l'article 2.2.1 des conditions générales d'utilisation de Booking.com, « la parité tarifaire ne s'applique pas », par exemple, lorsque « les clients ont effectué eux-mêmes leur inscription pour devenir membres». En d'autres termes, lorsque un client est déjà présent dans la base de l'hôtel parce qu'il a une carte de fidélité, l'établissement peut pratiquer des tarifs inférieurs. L'intérêt : capter un client sans intermédiaire onéreux.

Parmi les autres astuces permettant d'esquiver cette clause, les professionnels du secteur recommandent entre autres de modifier le nom de la chambre afin d'éviter les comparaisons entre le site de l'hôtel et la plateforme, d'appliquer des conditions d'annulation différentes selon le canal ou bien, mais cela commence à confiner au système D, de dupliquer le nom de domaine du site de l'hôtel. Mais quel risque encourent-ils ?

Dans une liste présentant les « 11 idées reçues sur Booking.com » diffuséé largement en octobre 2013 afin de redorer son blason dans l'opinion, le site de réservation explique que la parité tarifaire « garantit au consommateur un accès direct au meilleur prix, quels que soient les canaux de distribution (...) mais ne justifie pas des ruptures de contrat ». La plateforme ne prévoirait pas de sanction en cas de non-respect, se limitant seulement à « entrer en dialogue avec le partenaire » lorsque des écarts de prix sont détectés.


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Tensions sur fond de commission

En novembre 2013, le gouvernement attaquait déjà Expedia, « dont les contrats comportaient des clauses entravant significativement la liberté commerciale et tarifaire des hôtels » suite à une enquête de la répression des fraudes (DGCCRF). Quelques temps avant, la principale organisation patronale de l'hôtellerie, l'Umih, dénonçait dans une pétition les commissions « excessives » réclamées par les sites de réservation.

Pour les opérations effectuées via Booking.com, Expedia, Hotels.com ou Voyages-SNCF, les hôteliers doivent s'acquitter d'une commission estimée en moyenne à 7% par l'Umih, mais pouvant atteindre 30% du prix de la chambre. Selon Rémi Ohayon dans son ouvrage « Addi(c)tion - le hold-up des intermédiaires en ligne » publié en 2013, et cité par Challenges, 63% des hôteliers reversent entre 15 et 35% de commission.

Suite à ces accusations affectant tout un secteur, Booking.com commandait une étude en décembre démontrant que plus de la moitié des réservations de chambre en ligne en France étaient à 51% toujours l'apanage des sites des hôtels eux-mêmes, 41% étant effectivement effectuées via les agences globales.
Si le rapport de force paraît être à l'avantage des sites hôteliers, leur présence a fondu en trois ans : selon Médiamétrie en 2010, 69,5% des réservations étaient réalisées directement sur le site de l'hôtel.

Au-delà des commissions et de la clause de parité, d'autres éléments mettent en rogne les hôteliers, comme la parité de disponibilité des chambres, l'achat du nom commercial ou encore la « pollution » des résultats naturels dans le moteur de recherche. Très souvent lorsqu'un internaute recherche une chambre sur Internet, les premiers résultats renvoient vers des sites tels que Booking.com. Selon le e-tourisme.info, c'est « à tel point que souvent le client à l'impression de réserver sur le site officiel de l'hôtel ».

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