Cliiink augure la collecte des ordures du futur

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Connecter les bornes de collecte de verre aux usagers avec une puce Bluetooth et attribuer des récompenses aux gestes citoyens, c'est l'idée de Terradona et de son application Cliiink.

Cliiink, c'est - à peu près - le bruit que fait une bouteille en verre que l'on jette dans un conteneur - quand elle ne se fracasse pas. C'est, un peu aussi, le son émis par une machine à sous. Alors c'est le nom qu'a choisi Mathieu Oliveri pour son service de récompense de tri sélectif : en échange du recyclage de verre, des points convertibles en bons de réduction. Pour cela, la société (Terradona) veut connecter les bornes de collecte.

Le principe est le suivant : l'usager installe l'application gratuite Cliiink sur son smartphone (Android et iOS), ou utilise un badge RFID sous forme de carte à puce. Il se présente devant le conteneur, y jette ses bouteilles et c'est tout. Son compte est alors crédité de points, égaux au poids du verre jeté. Une fois assez de points en poche, il peut les dépenser dans les magasins partenaires alentours, par exemple Comment ça marche ?

Équiper le parc existant

Là est le défi technologique de Terradona. La société équipe les bornes de collecte de détecteurs de déchets. « Si l'on s'essaye à déposer du papier dans le conteneur réservé pour le verre, il nous démasque illico. » Le cofondateur fait valoir que la technologie fait actuellement l'objet d'une demande de dépôt de brevet. En deux ans, elle aura coûté 1 million d'euros d'investissement - grâce au soutien, entre autres, de Bpifrance.


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Le dispositif prend place dans le trou des bornes où sont insérées les bouteilles - Crédit : Terradona.


Présente au salon Cartes Secure Connexion à Paris-Nord Villepinte du 17 au 19 novembre, Terradona veut prouver qu'elle peut répondre à l'enjeu écologique du tri sélectif, y apporter une dimension économique (en optimisant la collecte), grâce à l'Internet des objets, et sans modifier l'existant. « La France compte 300 000 bornes dont 50 % pour le verre, et la collecte des déchets est financée par les communautés de communes qui ne pourraient pas supporter le coût de nouveaux conteneurs », dit Mathieu Oliveri, directeur technique.

À deux semaines du top départ de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), la start-up aixoise est dans les starting-blocks pour se faire connaître auprès d'autres collectivités que celle de Marseille, où elle est en test sur une centaine de bornes - pour 50 000 habitants. C'est des collectivités dont Terradona a besoin pour se financer. La logique : 1 tonne de verre leur coûte 50 euros à traiter, contre 211 euros pour d'autres ordures. Le fait d'inciter au tri sélectif réduira la quantité de verre dans les ordures classiques, et abaissera la facture.

Modèle gagnant-gagnant ?

Au total, Mathieu Oliveri estime que les collectivités devront lui payer 1,5 euro annuel par habitant pour supporter son dispositif connecté, mais dans le même temps, économiseront 3 euros. Elles en sortiraient donc gagnantes. À un détail près : lorsque le potentiel de déport du verre vers les bons conteneurs sera au maximum, l'effet de comparaison cessera et les collectivités devront bien répercuter ce coût quelque part.

Le responsable technique répond que « depuis des années, le coût de traitement des ordures n'a cessé d'augmenter, et pour des effets qui ne sont pas significatifs, alors que là, ce sera vraiment mesurable ». À terme, il veut adapter sa technologie au papier, et pourquoi pas à d'autres matériaux, comme le plastique.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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