Live Japon: la survie du Japon, selon M. Son

le 19 juillet 2014
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"Le Japon n'est pas en train de couler, il peut être repêché". Même si sa main-d'oeuvre baisse, même si la dénatalité sévit irrémédiablement depuis des années, il peut être sauvé, grâce... aux technologies: telle est en substance la thèse du patron du groupe de télécommunications SoftBank, Masayoshi Son, qui a encore fait des siennes cette semaine. On vous en parle très souvent ici parce qu'il est en train de prendre un poids considérable dans le milieu des affaires, et pas seulement dans sa patrie.

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Cette semaine, était organisé à Tokyo le SoftBank World, un événement avec des grands noms des technologies de l'information, dont le PDG du gigantesque site de commerce chinois Alibaba, de la société de services cloud-computing WMware, un responsable de la cartographie de Google ou encore le créateur de la bague-télécommande Ring qu'on vous a déjà présentée dans cette chronique.

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Comme à chaque fois cependant, la vedette fut M. Son lui-même qui s'est illustré par un discours d'une heure sur la perdition annoncée du Japon contre laquelle il prétend offrir des solutions. Ecoutons:
«  Le Japon où je suis né, où j'ai grandi est un pays fantastique. Mais beaucoup de Japonais, particulièrement dans le monde des affaires, ont perdu confiance  », s'est attristé le milliardaire d'origine coréenne.
«  Pendant 20-30 ans le Japon s'est enfoncé, il est passé de la deuxième à la troisième place dans le classement des puissances économiques mondiales et va se faire dépasser par d'autres nations  », a rappelé M. Son avant de jurer ses grands dieux qu'il ne faut pas baisser les bras.

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«  La population du Japon et sa main-d'oeuvre baissent. Le Japon va-t-il continuer de sombrer comme cela ? Non, il y a des solutions  », martèle M. Son, un patron qui ose tenter des coups et prendre d'importants risques financiers.
«  Je pense que le Japon doit et va absolument se redresser. Pour cela il faut sauver la capacité productive et la main-d'oeuvre, car c'est par la multiplication de ces deux éléments que se trouve la compétitivité  ».
«  La clef, c'est le big bang de l'information. Les connexions au sein des puces d'ordinateurs attendront 30 milliards en 2018, le même nom que dans le cerveau, c'est significatif. Dans le même temps, les capacités-mémoires explosent, de même que la rapidité des réseaux. SoftBank en mesure chaque jour les effets. Nous avons réussi à atteindre un débit de 1 Go dans le lieu le plus difficile de Tokyo et du monde qu'est le carrefour de Shibuya  ». 

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«  Ce qu'il faut cromprendre, c'est que dans ce contexte, la façon de travailler change radicalement. Chez SoftBank 100% des salariés ont un smartphone, une tablette et un accès à un service cloud, 100%, tous  !  ».
«  Combien parmi vous peuvent en dire autant ? 1%, 2%, 5%, dans le meilleur des cas. C'est mauvais, il faut que ça change. C'est la clef fondamentale du changement qui s'impose dans la façon de travailler à même de doper la compétitivité. Regardez dans l'histoire du Japon ? C'est l'adoption rapide des techniques de pointe qui a permi de gaggner  », a-t-il dit en citant, comme il aime le faire, l'exemple de samouraïs.
«  Entre 2009 et 2014, SoftBank est parvenu à plus que doubler la productivité de chacun de ses salariés  ».

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«  Hélas, actuellement la réalité, c'est que 70% des entreprises n'ont pas distribué de smartphones ni tablettes à leurs salariés et ne leur donnent pas un accès à des services mutualisés en nuage  ».
«  Softbank a conclu un accord avec VWmare qui sert 500.000 entreprises dans le monde, dont les 100 plus grosses du monde selon le classement Fortune. Il vaut mieux utiliser ce type de société spécialisée à la pointe que de s'escrimer à investir dans des équipements qui risquent d'être rapidement dépassés. Il faut utiliser les smartphones, tablettes et les services cloud à 100%.Nous sommes dans le monde des données massives (big data). Dans 6 ans, 50 milliards d'objets accèderont à internet. C'est vers cela que l'on se dirige  ».

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«  Chez SoftBank, nous utilisons les données massives pour être capables de savoir où et quand les besoins de connexions existent et pour y répondre. Nous savons exactement quel terminal se connecte à notre réseau ou s'il n'y parvient pas, tel jour à telle heure à la sortie ouest de la gare de Shinjuku, avec un Galaxy, avec un iPhone, nous savons tous grâce aux big data  ».
«  Ce sont les technologies de pointe qui élèvent la productvité, mais peut-on élever la main-d'oeuvre qui chute ? Oui, le progrès technique peut résoudre ce problème. On ne fait plus assez d'enfants, mais c'est la technique qui peut tout changer. Comment résoudre ce difficile problème. ? Je vais donner une solution. Dans la 1ère partie de ce que j'ai dit, 99% d'entre vous ont pensé "en effet, bon sang, mais c'est bien sûr”. Dans ce que je vais dire maintenant, au contraire, 99% trouveront cela idiot, 1% y croira. Mais même si 80% ou 99% vont rire, et que seulement 1% y croyait je serais heureux, ce serait un succès. Allez, j'ose ! Je le dis ! Pour relever la compétitivité du Japon, la solution, ce sont les robots  ».
«  Le Japon n'a plus beaucoup de travailleurs, et ils sont chers: il est évident dans ces conditions que l'on perd la bataille mondiale. Las, face à ce problème, beaucoup ici ont renoncé, donc si ça continue comme ça, c'est foutu. Le Japon est un grand pays de la manufacture, mais il est handicapé par une main-d'oeuvre onéreuse, d'où une désindustrialisation.  Le salaire mensuel moyen des ouvriers d'usines au Japon est de 250 000 yens (1 800 euros), contre 70 000 yens en Chine. C'est trop cher et dissuasif pour beaucoup d'entreprises  »

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Et voici la démontsration chiffrée:
«  Si le Japon employait 30 millions de robots en remplacement de personnes dans des entreprises manufacturières, cela équivaudrait à 100 millions de personnes: pourquoi, parce que l'homme peut oeuvrer 8 heures d'affilée seulement, mais le robot, lui,   trime 24H/24, dimanches et jours fériés  ».
«  Bref, si la main-d'oeuvre manufacturière nippone était enrichie de 30 millions de robots, elle équivaudrait à 100 millions de personnes et serait donc la première au monde, devant celle des Etats-Unis (70 millions). Mieux, elle serait la moins chère du monde, Chine et Inde battues à plates coutures. Et voilà comment on peut résoudre le problème du Japon  ».
«  Les bras manipulateurs, domaine dans lequel le Japon est premier, avec des groupes comme Fanuc, par exemple, cela ne suffit pas: il faut des robots dotés d'une intelligence artificielle connectés en réseau et capables d'apprendre en groupe  ».

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Et de ressortir le robot Pepper des coulisses dans lesquelles il ne reste jamais longtemps tellement M. Son est content de le montrer.
«  Les robots sont capables d'apprendre par l'échange de connaissances en réseau, et ce même si au départ ils peuvent donner l'impression d'être des jouets. Vient le moment où nous allons cohabiter et travailler avec des robots. Pour les enfants, parler avec un robot, utiliser une tablette, sera une attitude évidente, quasi innée  ».
Conclusion, «  le Japon peut montrer au reste du monde qu'il peut repartir, émerger sur la scène internationale. Le pays n'est pas en voie de couler  ».
Pour finir la semaine, M. Son a aussi annoncé qu'il débauchait de chez Google le patron des partenariats et de plusieurs autres choses, Nikesh Arora, pour en faire son bras-droit. "Comme nous entrons dans une nouvelle phase de notre expansion, Nikesh Arora est selon moi la meilleure personne pour nous y aider. Comme vice-président, il travaillera en étroite collaboration avec moi pour la définition, la mise en oeuvre et la gestion de notre stratégie de croissance mondiale", a déclaré Masayoshi Son.

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"En outre, en tant que PDG de SoftBank Internet and Media (une nouvelle filiale aux Etats-Unis), il sera directement responsable de la supervision de notre activité relative à internet, aux télécommunications, aux médias et aux investissements mondiaux, domaines que nous avons développés au cours des dernières années", a poursuivi le dirigeant.
"Nous avons l'intention de nommer Nikesh Akora au conseil d'administration du groupe SoftBank lors de notre prochaine assemblée générale d'actionnaires", a-t-il encore précisé.
"Merci à tous +googlers+ pour votre soutien et votre amour durant dix ans. Vous allez me manquer. Rendez-vous pour la prochaine aventure", a pour sa part écrit M. Arora sur son compte Twitter au moment de l'annonce (en pleine nuit à Tokyo).
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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