Le marché du téléviseur n’a plus grand-chose à voir avec celui des années 2010. Les ventes ralentissent, les cycles de renouvellement s’allongent et les grandes ruptures technologiques, celles qui incitaient les foyers à changer massivement d’équipement, semblent désormais derrière nous. Le téléviseur reste central dans les foyers français, mais il se remplace moins souvent, dans un marché devenu plus mature, plus concurrentiel et plus difficile à faire progresser.

Le RGB MiniLED d'Hisense exposé à l'occasion du CES 2026. © Matthieu Legouge
Le RGB MiniLED d'Hisense exposé à l'occasion du CES 2026. © Matthieu Legouge

Pour comprendre comment Hisense entend poursuivre sa croissance dans ce contexte, Clubic s’est entretenu avec Rémi Journé, directeur général d’Hisense France. L’occasion d’évoquer le marché TV français, la montée en puissance des très grandes diagonales, le RGB MiniLED, le vidéoprojecteur laser, mais aussi la Coupe du Monde 2026, dont la marque est partenaire officiel et qu’elle voit comme un levier majeur pour accélérer.

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La fin d'un cycle ?

C’est dans un contexte délicat qu’Hisense entend poursuivre sa croissance. La marque chinoise, qui revendique déjà un téléviseur vendu sur dix en France, veut profiter d’un alignement favorable entre innovation produit et événement sportif mondial. Très grandes diagonales, RGB MiniLED, vidéoprojecteurs laser, partenariat avec Devialet, activation commerciale autour de la Coupe du Monde 2026 : Hisense ne veut plus seulement apparaître comme une alternative bien placée sur le rapport qualité-prix, mais comme un acteur capable de peser durablement sur le haut du marché.

Avant même d’entrer dans le détail de cette stratégie, Rémi Journé commence par poser le décor. Le directeur général d’Hisense France reconnaît sans détour la difficulté du moment : « On est sur un marché de renouvellement qui est structurellement négatif. »

Rémi Journé, directeur général d'Hisense France. © Hisense

Selon lui, le marché français devrait tourner autour de 3,4 à 3,5 millions de téléviseurs vendus cette année, loin des sommets du début des années 2010, lorsque le passage aux écrans plats et à la TNT avait provoqué des pics historiques de renouvellement. Le constat est clair : les consommateurs changent moins souvent de téléviseur, et les fabricants doivent désormais trouver d’autres leviers pour stimuler les ventes.

Pour Hisense, la période des grandes ruptures technologiques est passée. Rémi Journé distingue clairement les évolutions actuelles des transformations majeures qu’ont été l’abandon du tube cathodique ou le passage à la télévision numérique : « Aujourd’hui, on est davantage dans des évolutions technologiques. »

« En matière de prix, on ne peut pas faire plus bas qu’aujourd’hui. »

Dans ce contexte, la bataille du prix ne peut plus suffire. Le dirigeant estime même que le téléviseur est devenu un produit presque anormalement accessible au regard de sa complexité technologique : « En matière de prix, on ne peut pas faire plus bas qu’aujourd’hui. [...] Il y a plus de composants électroniques dans une télé que dans un smartphone, et ça vaut (en moyenne) entre deux et quatre fois moins cher. Cherchez l’erreur. »

Pour continuer à croître, Hisense veut donc pousser autre chose : l’immersion, la montée en gamme et l’expérience.

Hisense veut recréer l’envie d’acheter un téléviseur

La stratégie de la marque repose désormais sur plusieurs piliers très identifiables que sont les grandes diagonales, les technologies d’affichage premium, le son et l’expérience collective autour du divertissement.

Les très grandes diagonales occupent une place centrale dans la stratégie d'Hisense. La marque pousse notamment ses formats de 75, 85 et surtout 100 pouces (254 cm), un segment sur lequel le constructeur revendique déjà une position de leader mondial selon Rémi Journé.

« Je pense que les Français n’ont pas en tête qu’aujourd’hui une télé 100 pouces peut rentrer dans leur salon et vaut le prix d’un 55 pouces il y a dix ans. »

Le constructeur estime que ce phénomène ne fait que commencer. Derrière cette démocratisation des diagonales XXL se cache une idée simple : convaincre les consommateurs qu'il est possible de vivre une expérience plus spectaculaire, proche du cinéma à domicile, en optant pour une diagonale généreuse.

Cette logique s’étend d'ailleurs aussi aux vidéoprojecteurs laser, un marché sur lequel Hisense investit depuis plus d’une décennie : « Les consommateurs connaissent encore assez peu tous les bénéfices du laser. [...] Je pense que ça peut basculer très vite. »

Le constructeur considère toujours le Laser TV comme une véritable rupture technologique, capable de transformer le salon en espace home cinéma avec des diagonales allant jusqu’à 300 pouces.

La Coupe du Monde comme déclencheur de renouvellement

Le véritable accélérateur attendu par Hisense reste la Coupe du Monde 2026. Plus qu’un simple partenariat marketing, la marque voit l’événement comme un levier direct de renouvellement du parc TV français.

« Quand les consommateurs s’équipent pour le foot, ils vont chercher le téléviseur principal du salon, donc les meilleures technologies. Et la Coupe du Monde nous donne une aura qui va nous permettre de pousser ces nouvelles technologies. »

Le football occupe d’ailleurs une place très particulière dans la stratégie d’Hisense. Sponsor officiel de la compétition pour la troisième fois consécutive, le constructeur compte exploiter massivement l’événement, aussi bien en magasin que dans sa communication et bien sûr au plus près des téléspectateurs au bord du terrain et dans les stades.

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Rémi Journé insiste d'ailleurs sur un phénomène important : contrairement à d’autres grands événements sportifs, le football reste le seul capable de provoquer un véritable pic de ventes sur le marché TV. Hisense s’appuie notamment sur une étude CSA réalisée pour la marque, selon laquelle 24 % des Français envisagent d’acheter un téléviseur ou un vidéoprojecteur avant la Coupe du Monde 2026, tandis que 10 % déclarent vouloir réellement passer à l’achat.

Cette étude montre d'autres chiffres intéressants, notamment que 62 % des Français comptent suivre la compétition ; 76 % prévoient de regarder les matchs à plusieurs ; 82 % considèrent qu’un grand écran permet de ressentir davantage d’émotions pendant un match. À la vue de ces chiffres, on comprend bien qu'être sponsor officiel en tant que fabricant TV peut donner un véritable coup de pouce à la marque.

Pour Hisense, cette dimension collective est essentielle. Le constructeur veut précisément associer ses produits à cette expérience immersive et conviviale du sport. Comme l'explique Rémi Journé avec humour : « Regarder un match de foot sur un 32 pouces avec 10 personnes dans la pièce, ça ne le fait pas. Le regarder sur un 100 pouces, tout le monde veut s’équiper après. »

La marque prévoit ainsi une activation commerciale massive autour de la compétition : plus de 1000 points de vente habillés aux couleurs de la FIFA, campagnes promotionnelles, jeux concours ou encore opérations "jusqu’à 100 % remboursé". Hisense sera également visible directement pendant les matchs, notamment autour des panneaux LED et de la VAR.

Le RGB MiniLED , symbole du changement de dimension d’Hisense ?

Longtemps perçu comme un constructeur misant avant tout sur un rapport qualité-prix agressif, Hisense cherche désormais à modifier son image. Pour Rémi Journé, cette évolution passe autant par la notoriété acquise ces dernières années que par la capacité de la marque à prendre l’initiative sur le plan technologique.

Le dirigeant reconnaît d’ailleurs qu’Hisense a longtemps été davantage un "suiveur" sur le marché TV, capable de proposer des produits compétitifs, mais rarement d’imposer une nouvelle direction technologique au secteur.

« Avant, Hisense était suiveur. [...] On avait d’excellentes télés, de grandes largeurs de gamme, mais on était suiveur. [...] Et là, le vrai changement s’est opéré il y a maintenant un an et demi. »

Pour le constructeur, ce tournant porte aujourd’hui un nom : RGB MiniLED. Cette technologie, qui repose sur l’utilisation directe des trois couleurs primaires au niveau du rétroéclairage, doit permettre à Hisense de rivaliser plus frontalement avec l’OLED sur le haut de gamme, en témoigne le lancement de l'Hisense UR9S, le modèle RGB premium au catalogue d'Hisense pour 2026.

« Comme c’est une nouvelle techno, je pense qu’effectivement elle va prendre sa place tout naturellement. [...] Grâce au fait qu’on ait les trois couleurs primaires, rouge, vert, bleu, à la base, qu’on retire tous les filtres, notamment les Quantum Dots, on va avoir des couleurs beaucoup plus naturelles et beaucoup plus réelles. »

L’objectif affiché n’est donc pas seulement d’augmenter la luminosité, mais de proposer un rendu plus fidèle, qui s'approche de plus en plus de ce que l'oeil humain peut capter, à la fois mieux adapté aux contenus sportifs comme au cinéma. Rémi Journé insiste notamment sur cette idée de naturel à l’image, un argument qui résonne particulièrement à l’approche de la Coupe du Monde.

« Pour moi, la vraie révolution, c’est quand on va s’approcher de ce que voit l’œil naturellement, c’est-à-dire les couleurs de la nature. Quand je regarde un match de foot, je n’ai pas envie que le terrain soit fluorescent. »

Hisense met également en avant une couverture pouvant atteindre 100 % du BT.2020, une réduction de la lumière bleue nocive, ainsi qu’une consommation énergétique réduite par rapport à un MiniLED classique ou à l’OLED. Mais derrière les arguments techniques, le MiniLED RGB représente surtout une manière pour Hisense de revendiquer un nouveau statut.

« Vous verrez de plus en plus Hisense en avance de phase sur les technologies. »

Ce changement de posture est essentiel pour la marque. Hisense ne veut plus uniquement être associée à des téléviseurs accessibles ou bien placés en prix, mais aussi à des produits capables de rivaliser technologiquement avec les références du marché. Le partenariat signé avec Devialet participe à cette même logique : renforcer l’expérience globale, en associant l’image, le son, les très grandes diagonales et la montée en gamme.

Hisense veut désormais viser le podium

Cette offensive produit et marketing s’inscrit dans une ambition plus large. Hisense n’avance plus seulement comme un challenger opportuniste, capable de proposer des téléviseurs bien placés en prix. La marque veut désormais s’installer durablement parmi les acteurs qui comptent sur le marché français. Rémi Journé le formule clairement :

« Aujourd’hui, on vend une télé sur dix en France. [...] notre ambition est très claire, nous visons le podium. »

Pour y parvenir, Hisense entend capitaliser sur ce qui a déjà fait sa progression ces dernières années : une gamme très large, un positionnement agressif sur les grandes diagonales, mais aussi une capacité industrielle et technologique que la marque met de plus en plus en avant. Le dirigeant rappelle notamment que le groupe consacre environ 5 % de son chiffre d’affaires mondial à la R&D, un argument central pour expliquer sa montée en puissance.

Dans ce contexte, la Coupe du Monde 2026 apparaît comme bien plus qu’une campagne de visibilité. Elle doit permettre à Hisense de gagner en notoriété auprès du grand public, tout en installant ses nouvelles technologies dans l’esprit des consommateurs : « La marque, c’est bien, mais à un moment donné, il faut que la promesse techno derrière la marque tienne la route. »

Cette phrase résume finalement assez bien le pari d’Hisense. Le constructeur sait qu’il lui reste encore du chemin pour rivaliser en notoriété avec Samsung, LG ou Sony. Mais il estime aussi que le marché entre dans une nouvelle phase, plus favorable aux acteurs capables d’investir massivement dans la technologie, les très grandes tailles et les usages liés au sport, au cinéma ou au jeu vidéo. Rémi Journé pousse même plus loin l’analyse :

« Je pense qu’aujourd’hui, il est évident que le sens de l’histoire est aux marques chinoises. »

Reste à transformer cette dynamique en parts de marché durables. La Coupe du Monde peut offrir une exposition exceptionnelle, les grandes diagonales peuvent recréer du désir, et le RGB MiniLED peut donner à Hisense un argument technologique fort face à l’OLED. Mais la marque devra encore convaincre au-delà du seul rapport qualité-prix, dans un marché où la confiance, l’image de marque et la qualité perçue restent déterminantes.

C’est sans doute là que se joue la prochaine étape pour Hisense en France : ne plus être seulement l’alternative qui monte, mais devenir une marque que l’on choisit d’abord pour sa technologie, son expérience et son ambition.

Dans un marché mature, où les consommateurs remplacent moins souvent leurs équipements, le véritable défi sera surtout de convaincre que le téléviseur peut encore faire rêver.

C’est précisément ce qu’Hisense tente aujourd’hui de provoquer : transformer un produit devenu banal dans de nombreux foyers en une expérience plus qu'un objet. Et à écouter Rémi Journé, la marque chinoise estime avoir trouvé le bon moment pour accélérer.

« À nous de susciter l’envie de changer son équipement. »

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