C’est à quelques heures de Shanghai que se dessinent les aspirateurs Dreame qui équiperont bientôt des milliers de foyers européens. J'ai pu visiter les usines et les laboratoires où sont conçues les technologies qui équiperont les prochains modèles.

Dans les coulisses de Dreame, des robots testeurs d'aspirateurs ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Dans les coulisses de Dreame, des robots testeurs d'aspirateurs ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Dreame n'est plus un petit Poucet dans le domaine du nettoyage. En quelques années seulement, l’entreprise s'est imposée en Europe comme l'un des leaders de la discipline et des plus gros vendeurs du secteur. En France, ses robots aspirateurs sont désormais omniprésents dans les comparatifs et les rayons des grandes enseignes. Pourtant, les places sont chères sur un marché ultra-dynamique où de nombreuses marques inondent les rayons avec toujours plus de nouveaux aspirateurs robots et laveurs. Pas le choix, il faut innover pour marquer sa différence.

Je me suis donc envolé pour la région de Shanghai pour visiter les locaux de la marque afin de découvrir les dernières innovations et comment sont imaginées les technologies qui viendront équiper nos intérieurs dans les prochains mois.

Derrière les 9 000 unités quotidiennes, une précision étonnamment humaine

Pas le temps de flâner à Shanghai, direction Suzhou, charmante petite bourgade de « seulement » cinq millions d’habitants. Si la ville abrite un très joli jardin impérial et est connue pour ses canaux, c’est avant tout une immense cité industrielle, avec des immeubles construits ou en travaux à perte de vue. Parmi ces derniers, les différents locaux de Dreame, à savoir l'un de ses sièges, un gratte-ciel arborant fièrement son logo, impossible à rater lorsque l’on se balade en ville, mais aussi ses différents ateliers R&D et sites de production.

Une petite promenade sur le Bund de Shanghai avant de prendre la route ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Une petite promenade sur le Bund de Shanghai avant de prendre la route ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Premier arrêt sur le site de production des aspirateurs robots, où il nous a été interdit de prendre des photos et vidéos. Le bâtiment est flambant neuf, certaines parties ne sont pas encore terminées. La marque construit à toute vitesse pour assurer la conception de ses appareils déjà sortis comme les nouveaux aspirateurs qui viendront garnir son catalogue dans les prochains mois.

L'un des sites de production de la marque ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Après avoir traversé de nombreux couloirs, où s’affiche fièrement l’histoire de la marque, j’arrive sur la chaine de production, et là, petite surprise. Je m’attendais à visiter une ligne massivement robotisée, dans un fracas mécanique parfaitement huilé. Ça a été tout le contraire.

Une grande partie de la conception est réalisée à la main sur une longue ligne de production. Des dizaines de salariés s’affairent à installer dans le châssis le capteur LiDAR ou le circuit imprimé, à visser les différents parties mécaniques intégrées au corps de l’appareil. Le tout avec calme et méthode. Ce qui m’a frappé durant cette visite, c’est la maitrise du processus. On est loin d’un chaos organisé, mais dans une mécanique de précision. Chaque étape est méticuleusement décomposée pour garantir la qualité de fabrication.

Des robots, il y en a quand même pour la fabrication des moteurs et les contrôles divers et variés ©Dreame

Des machines, oui, il y en a, mais elles ne sont utilisées principalement pour les opérations de contrôle qualité. Une fois assemblés, les aspirateurs robots sont soumis à diverses opérations de test pour vérifier l’étanchéité des réservoirs, l’action des moteurs et la précision des capteurs. Chaque appareil est ainsi vérifié dans les moindres détails. Même sa protection dans l’emballage est contrôlée, avec une machine qui vient secouer le carton dans tous les sens pour vérifier que rien ne bouge à l’intérieur. C’est surprenant à voir, et finalement essentiel quand on pense que l’appareil va traverser la moitié du globe, et être manipulé sans ménagement.

Les équipes de Dreame m’ont indiqué pouvoir concevoir environ 9 000 aspirateurs robot par jour sur cette ligne. Cela parait peu sur le papier, mais cela n’a rien d’étonnant. La marque privilégie encore l’humain, au coeur du processus, pour assurer chacune des étapes de production.

Chambre sourde et appartements à chats : bienvenue dans la "salle des tortures"

Place aux centres de R&D de la marque, qui sont situés à quelques kilomètres de l’usine. Les distances sont en effet rapidement importantes dans une ville aussi vaste.

J’ai pu d’abord visiter l’endroit où sont testées les technologies dédiées aux aspirateurs robots. Impossible de distinguer ce qui se passe à l’intérieur tant le bâtiment est tout ce qu’il y a de plus banal. À l’entrée de cet atelier, les différentes certifications obtenues par Dreame au fil des années. La marque est très fière de nous les présenter, et revendique 8 000 brevets au total depuis sa création.

De nombreux brevets, fièrement affichés dès l'entrée ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Chacune des salles sent le joyeux bricolage, avec des kilomètres de câbles dans tous les coins, des ordinateurs partout et des instruments de mesure et des outils à chaque poste. Ici les ingénieurs, qui représentent 60 % des 18 000 employés de la marque, règnent en maitres sur plusieurs étages reliés par un ascenseur/ monte-charge qui tranche furieusement avec la modernité de l’usine de production.

On ne perd aucune pièce ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Parmi les espaces que j’ai pu visiter, cette pièce intégralement capitonnée. Un aspirateur est posé en son centre et un micro tourne tout autour de lui pour mesurer le bruit produit par l’appareil. Ou encore ces espaces ou sont jetés des objets de différentes formes et tailles (jouets, montres, smartphones, tout y passe) pour tester en conditions réelles le système de détection des objets et ajuster l’intelligence artificielle de chaque aspirateur robot. Je passe rapidement sur des salles plus classiques de tests de serpillières, même si retrouver des aspirateurs dans de petites cages à lapin et forcés de nettoyer le sol toute la journée a quelque chose d’intrigant.

Je reprends une dernière fois la route, cette fois pour un autre atelier identique dédié cette fois aux aspirateurs laveurs. On ne pense pas forcément à cela lorsque l’on lave son sol, mais Dreame torture littéralement ses différentes références pour en garantir la qualité et les machines aident les équipes à réaliser les tâches les plus ingrates. La preuve en est ce robot, avec dans chaque bras un aspirateur laveur et qui va durant plusieurs dizaines d’heures laver le sol d’avant en arrière pour tester la résistance des brosses et des moteurs. Une autre machine s’occupe de claquer l’aspirateur sur le sol à de nombreuses reprises, pour en éprouver la solidité.

Des machines vont tester les aspirateurs durant des jours ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

À cela s’ajoutent des employés de la marque qui, aux côtés des robots, vont également passer le balai comme je le ferai dans mon salon pour vérifier si l’appareil remplit sa tâche. Sur mon parcours, j’ai croisé des dizaines de personnes employées par Dreame pour vérifier l’humidité de la brosse, le ramassage des déchets ou la neutralisation des traces. Petite fantaisie : cette armoire contenant à peu près tous les produits possibles à déverser sur le sol, avec différentes sauces, peintures et autres colorants.

Le banc de test, pour salir les sols de toutes les façons ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Les marques chinoises peuvent être associées à un manque de soin. L’objectif de Dreame durant cette visite était visiblement de répondre aux critiques récurrentes sur la qualité en montrant que la marque déploie les grands moyens pour tester ses aspirateurs dans les moindres détails. Une démonstration convaincante, à défaut de pouvoir observer l’intégralité du processus industriel. Il ne s’agit pas de lancer des références à tout va, mais de proposer un produit fiable, rigoureusement contrôlé, quitte à en faire parfois trop.

Des employés testent à la main et sous toutes les coutures les aspirateurs laveurs ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Un exemple : Dreame a reconstitué ce qui pourrait être la pièce à vivre d’un petit appartement et habité par une petite dizaine de chats. Ces derniers font leur vie, perdent leurs poils et les aspirateurs laveurs devront pouvoir être efficaces dans ces environnements. C’est un peu absurde, j’en conviens, mais les équipes de Dreame souhaitent tester leurs appareils dans des conditions réelles.

« Silence, nous on bosse ! » ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Après le sol, le frigo : l'ambition démesurée du géant chinois

Outre cette place donnée à la réassurance, Dreame voulait montrer qu’il n’est plus l’acteur d’un seul marché. Une petite visite au traditionnel showroom m’a permis de constater la variété des produits développés. La marque chinoise se rêve en géant de l’électroménager, à la manière d’un Haier, d’un Samsung ou encore d’un Whripool.

Ceci est un lave-linge pour sous-vêtements. Pourquoi pas ? ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

La marque dispose de gammes de réfrigérateurs, de lave-linges, de lave-vaisselles et même de téléviseurs, des appareils qui seront disponibles dans les tout prochains jours en France. Le constructeur reste réaliste, et ne sortira que quelques références à des fins de test, afin de voir comment réagira le consommateur européen à cette arrivée.

Votre prochaine machine à laver sera-t-elle une Dreame ? La marque le croit dur comme fer ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le pari est industriel. Il est aussi culturel. Convaincre qu’un acteur chinois peut devenir une référence européenne de l’électroménager ne se fera pas uniquement à coups de brevets. La démonstration est convaincante. Il faudra désormais que les produits confirment cette exigence une fois entre les mains des utilisateurs. Dreame affiche des moyens importants et une organisation bien huilée. Reste à savoir si cela suffira à changer durablement le regard des consommateurs et à imposer la marque au-delà du simple aspirateur.

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