GeForce GTX 880M : la puce mobile de NVIDIA en test

Par
Le 27 mars 2014
 0
Concernant les fonctionnalités apportées sur cette nouvelle génération de puces GTX, passons rapidement sur les ShadowPlay et GameStream, jusqu'alors réservées aux ordinateurs fixes. Le premier permet pour rappel d'enregistrer en vidéo avec un moindre impact CPU ou de diffuser sur Twitch.tv ses parties, tandis que le second déporte le jeu exécuté sur un ordinateur vers la console portable de NVIDIA, la Shield. Là n'est pas le gros du travail du constructeur sur les GTX 800M, à notre sens.

01f4000007248964-photo-battery-boost.jpg

La principale innovation, réservée aux puces mobiles, se nomme Battery Boost. Résumons l'idée : la technologie de NVIDIA est censée augmenter l'autonomie en jeu en ajustant les fréquences de la mémoire et des cœurs CUDA du GPU, ainsi que celles du processeur. Vous choisissez un framerate cible constant (30 fps par exemple), et l'algorithme concocté par NVIDIA ajuste ces paramètres automatiquement.

01f4000007248182-photo-battery-boost.jpg


En visant au plus juste, le caméléon a ainsi pour objectif de réduire la consommation du GPU et du CPU, augmentant de fait l'autonomie des ordinateurs portables équipés d'une GeForce GTX 800M. D'après ses dires, leur durée de vie pourrait être doublée.

Battery Boost requiert le logiciel GeForce Experience. C'est en effet dans cette interface que vous trouverez le fameux réglage du framerate qui devrait vous permettre de gagner de précieuses minutes. Vous choisissez un nombre de fps cible, puis vous lancez votre jeu. Pour le moment, ce paramètre est appliqué à l'ensemble de vos jeux, mais NVIDIA proposera rapidement des profils spécifiques.

01f4000007248962-photo-battery-boost.jpg

Notez enfin que cette technologie est compatible avec les GPU Boost 2.0 et Optimus de NVIDIA. Voilà les informations fournies par le constructeur concernant son Battery Boost, puisque ce dernier préfère ne pas entrer dans le détail.

Nous avons évidemment posé quelques questions supplémentaires à NVIDIA, auxquelles le caméléon n'a pas souhaité répondre. Il nous est ainsi impossible de dire si Battery Boost est une solution uniquement logicielle ou si elle comporte une partie hardware. Et le fait que cette technologie ne soit disponible que sur les GTX 800M ne constitue pas franchement un indice.

NVIDIA ne précise pas non plus comment sa technologie agit sur le processeur, ni avec quels processeurs (Intel ? AMD ?) elle est compatible. Concernant la puce graphique, sur laquelle le caméléon a probablement plus de latitude, impossible de savoir non plus s'il est prévu une fréquence maximale pour les cœurs CUDA ou la mémoire.

Enfin, et même si NVIDIA ne l'évoque pas, on peut aussi se demander si le constructeur n'est pas en mesure de couper certains SMX pour diminuer la consommation.

Battery Boost en pratique


Une fonction automatique dont NVIDIA ne souhaite pas livrer les détails : voilà de quoi attiser notre curiosité. Pour tenter d'en savoir plus sur cette technologie, nous avons effectué quelques tests. Afin, d'une part, de comprendre, du moins en partie, son fonctionnement, mais également d'en mesurer l'apport.

Nous avons donc utilisé un utilitaire (HWInfo) capable d'enregistrer, notamment, les fréquences de la mémoire et des cœurs d'exécution de la puce graphique, ainsi que celles des cœurs du processeur.

Ces tests ont été réalisés avec et sans Battery Boost, sur deux jeux : Dirt Showdown et Bioshock Infinite, deux titres qui ont l'avantage de disposer d'un outil de mesure intégré capable de fournir des scènes reproductibles.

Faites chauffer le CPU !

Nous vous faisons grâce de l'analyse des 28 fichiers qui nous ont permis de tirer nos conclusions et préférons ce petit résumé en 3 graphiques qui représentent, de gauche à droite, la fréquence des cœurs CUDA, celle de la mémoire qui leur est associée et enfin celle du processeur Intel. Ces graphiques correspondent à nos tests sous Dirt : Showdown, en 1080p et avec un niveau de détails intermédiaire. Sachez que nous avons également utilisé un niveau de détails très bas, et refait ces deux tests en 1366x768. La même procédure a été suivie sous Bioshock Infinite. Voici nos trois conditions de test :
  • avec le portable branché au secteur ;
  • sur batterie, sans Battery Boost ;
  • sur batterie toujours, mais en activant la nouvelle technologie NVIDIA avec une valeur cible à 30 fps.
00c8000007253212-photo-gpu.jpg
00c8000007253214-photo-m-moire.jpg
00c8000007253210-photo-cpu.jpg

Lorsqu'on regarde les valeurs prises par la fréquence des cœurs CUDA, on remarque que si la valeur de 954 MHz est effectivement atteinte de façon constante en charge, ce n'est que plus rarement le cas lorsque le ROG 750 est sur batterie. Et lorsque Battery Boost est activé, la fréquence plafonne à 770 MHz, alors qu'elle est également capable de descendre plus bas dans les tours.

Ces nivellements sont encore plus visibles sur la fréquence de la mémoire du GPU : sur ce test, elle est stabilisée à 400 MHz lorsque Battery Boost est actif, alors qu'elle évolue entre 200 et 1 000 MHz sans la fonction de NVIDIA et reste fixée à 1 250 MHz lorsque le portable est sous tension.

Sur le graphique représentant la fréquence du processeur Intel enfin, on observe une nouvelle fois une valeur fixe (à 3,2 GHz) lorsque le ROG 750 est en charge. En revanche, les observations s'inversent par rapport aux deux autres graphiques : ici, lorsque Battery Boost est activé, les fréquences prennent les valeurs plus élevées que lorsque la technologie de NVIDIA ne fonctionne pas.

D'après cette étude, il semblerait donc que l'algorithme concocté par NVIDIA impose un seuil aux fréquences de son GPU (cœurs CUDA et mémoire) et utilise de façon plus intensive le processeur. Le caméléon compterait-il sur le bon rapport performances / watts des processeurs de génération Haswell pour réduire la consommation en jeu ?

Un algorithme parfois inadapté

Ces indicateurs de performances que sont les fréquences de fonctionnement se reflètent naturellement dans le nombre d'images par seconde. Voici quelques-unes des mesures que vous avons prises sur nos deux titres :

1080p, détails sur moyen Dirt : Showdown Bioshock Infinite
Sur secteur 115 fps 127 fps
Sur batterie, sans Battery Boost 48 fps 40 fps
Sur batterie, Battery Boost à 30 fps 37 fps 30 fps
Sur batterie, Battery Boost à 45 fps 55 fps 40 fps

Ces quelques valeurs sont riches d'enseignements :
  • on remarque tout d'abord, comme nous l'avions évoqué plus haut, que l'on perd une bonne part des performances de la machine lorsqu'on la déconnecte du secteur ;
  • on apprend également que Battery Boost ne vise pas forcément juste à chaque fois : pour 30 et 45 fps demandés, on obtient 37 et 55 images par seconde sous Dirt : Showdown ;
  • toujours sur ce titre, notez à ce propos que le résultat avec la cible 45 fps est supérieur à celui obtenu sans la technologie de NVIDIA (48 contre 55 fps) ;
  • c'est loin d'être le cas sous Bioshock Infinite, pour lequel la cible à 45 fps ne donne que 40 fps réels.
Expliquons tout d'abord la perte de performances que l'on observe lorsque l'on déconnecte la prise secteur. Elle est due à un abaissement automatique des fréquences, déterminée par le constructeur du portable (Asus dans notre cas) et inscrite dans le BIOS. Contacté par nos soins, Asus nous a précisé que ce mécanisme était un garde-fou prévu pour éviter une décharge trop rapide des batteries, qui endommagerait ces dernières en quelques cycles.

La différence de résultats entre nos deux titres, ensuite, trouve son explication dans le fonctionnement de leurs moteurs graphiques respectifs. En effet, Dirt : Showdown est particulièrement sensible aux fréquences du CPU. Lorsque Battery Boost pousse les fréquences de ce dernier, le nombre de fps s'en ressent fortement. Tant et si bien que même en sous-cadençant la puce graphique, on obtient un nombre de fps supérieur à celui demandé, et même supérieur à celui observé sans la technologie NVIDIA.

Bioshock utilise davantage le GPU que Dirt Showdown et ne souffre pas de cette anomalie. Battery Boost est donc plus adapté aux moteurs qui ne sont pas limités par le CPU, comme Bioshock Infinite.

Notez par ailleurs que le fait d'activer la technologie NVIDIA n'affecte en aucun cas la qualité de l'image, comme le montrent ces captures d'écrans.

00c8000007253220-photo-sans-bb.jpg
00c8000007253218-photo-avec-bb-45-fps.jpg
00c8000007253216-photo-avec-bb-25-fps.jpg

Captures d'écrans sans Battery Boost, avec une cible à 45 fps et une cible à 25 fps


Quelle efficacité en termes d'autonomie ?

Si cette étude est riche en enseignements, elle n'apporte pas la réponse à la problématique posée par NVIDIA : son Battery Boost augmente-t-il l'autonomie de notre portable gamer ? Pour le savoir, nous avons chargé notre ROG 750 à 100%, ce dernier étant en mode avion, avec une luminosité moyenne. Nous avons alors joué à Battlefield 4 en 1080p, avec un niveau de détails faible, durant 45 minutes et avons relevé la charge de la batterie.

benchmark : 344-3834

Résultat : Battery Boost permet bien de gagner quelques pourcents, mais la différence reste faible (10% de gain). Ceci étant, ce résultat vaut pour ce jeu, dans cette définition et ce niveau de détails, et sur ce portable. Rien ne dit qu'il en soit de même dans d'autres conditions.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

Les dernières actualités Cartes graphiques NVIDIA

scroll top