Londres : des poubelles connectées récoltaient des données à l'insu des passants

13 août 2013 à 13h24
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Une dizaine de poubelles connectées installées à Londres ont généré un scandale ces derniers jours dans la capitale anglaise. La raison : sous prétexte de diffuser de la publicité et des informations contextuelles en se connectant à Internet, elles collectaient des informations sur les smartphones des passants. Elles ont depuis été désactivées.

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Des poubelles dotées d'écrans, capables de diffuser des publicités et des informations contextualisées comme la météo ou le trafic du métro, ont beaucoup fait parler d'elles ces derniers jours. Installées depuis les jeux olympiques de Londres en 2012, ces poubelles connectées, dotées d'un système Wi-Fi, ont récemment révélé leur capacité à enregistrer les adresses MAC des appareils passant dans leur champ d'action. Ces identifiants, propres à chaque terminaux, permettent dans ce contexte d'avoir des informations sur les habitudes des passants : il est notamment possible de savoir dans quels quartiers ils circulent en recoupant les données des poubelles, de mesurer la fréquence de leurs passages à proximité de l'une d'entre elles, voire même d'avoir une idée de leur vitesse.

Condition sine qua non de cette collecte discrète : que les smartphones, tablettes et autres ordinateurs portables disposent d'un mode Wi-Fi actif. Le site Quartz, qui a été le premier a mettre en lumière cette démarche, explique qu'en une journée en juillet, les 10 poubelles connectées présentes à Londres ont enregistré plus de 100 000 adresses MAC.

Une situation inacceptable pour la ville de Londres, qui a affirmé lundi via un communiqué avoir pris des mesures immédiates pour que cette situation soit stoppée. « Nous avons demandé à l'entreprise concernée de cesser immédiatement cette collecte de données, et nous avons également saisi l' Information Commissioner's Office », l'équivalent britannique de la CNIL.

« Indépendamment de ce qui est techniquement possible, ces démarches, qui prennent place dans la rue, doivent être encadrées avec soin et avec le soutien d'un public informé » ajoute le communiqué, qui estime que l'initiative de la firme Renew, à l'origine de ces poubelles connectées, a été « précipitée » et va demander « beaucoup de réflexion ».

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Les poubelles pointées du doigt étaient principalement actives dans la rue marchande de Cheapside.

Sur le site de Renew, le PDG de l'entreprise a confirmé lundi que les poubelles ne collectaient plus d'informations sur les passants. La collecte des adresses MAC est minimisée, et n'aurait été effectuée que via un nombre réduit de poubelles, dans le but de connaître le degré de fréquentation des endroits où elles sont situées. « Le processus est comparable à celui d'un site Web. Vous pouvez dire combien de visiteurs vous avez eu et combien parmi eux reviennent, mais vous ne pouvez pas les identifier. »

Pour l'heure, les poubelles connectées de Renew, qui sont également conçues pour résister à l'explosion d'une bombe, ne font donc plus que récolter les déchets des passants.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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