Wired : l'histoire cachée de l'iPhone d'Apple

01 juin 2018 à 15h36
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L'iPhone d'Apple, tout le monde - ou presque - est au courant de son existence. En l'espace de seulement un an, la firme à la pomme a en effet révolutionné le marché mondial de la téléphonie mobile, imposant pour la première fois sa stratégie (partage de revenus) aux opérateurs mobiles.

Entre sa présentation en janvier dernier au Macworld 2007 et sa sortie le 29 juin 2007 aux Etats-Unis, les négociations entre opérateurs, les tensions au moment de la conception du terminal ou de son système d'exploitation interne ont été résumées par Fred Vogelstein dans un article publié dans le magazine Wired. L'occasion de voir que Steve Jobs, le patron d'Apple, a du revoir plusieurs fois sa copie avant de lancer et de dévoiler son iPhone, d'abord à la presse et ensuite auprès du monde entier.

C'est en 2002 qu'Apple a pensé à créer ce qui est aujourd'hui l'iPhone, alors même que ses premiers baladeurs iPod venaient d'être mis sur le marché, partant du constat que les américains avaient dans leurs poches des terminaux de plus en plus nombreux, des mobiles aux appareils photo en passant par des baladeurs numériques. Mais pour cela, il fallait concevoir un tout nouveau système d'exploitation. Celui présent dans les iPod n'était pas assez perfectionné et même une version épurée de OS X ne ferait pas l'affaire, faute d'une puce mobile assez puissante pour l'exploiter correctement. En analysant ce qui se faisait chez la concurrence, notamment au niveau des mobiles Linux, Steve Jobs ne voulait de plus utiliser aucun autre programme... que le sien. Il a donc fallu re développer quelques années plus tard (début 2006) une bonne partie de Mac OS X pour qu'il soit adapté à un téléphone. Et de plus, Apple aurait du faire face à une concurrence rude en 2003, le public n'ayant d'yeux que pour les Smartphones Palm Tréo 600 et terminaux de Blackberry. Mais cela confortait Apple dans la volonté de créer un mobile en marque propre.

ROKR : un premier mobile musical raté avec Motorola

Pour y parvenir, et voyant le marché des mobiles 3G et prochainement WiFi se développer à une vitesse folle, Apple a voulu premièrement s'allier à un constructeur de mobile, Motorola, pour développer le ROKR, le premier mobile compatible iTunes. Alors même qu'à l'été 2004 Apple annonçait publiquement n'avoir aucune intention de développer un mobile Apple, la firme à la pomme travaillait déjà avec Ed Zander, le CEO de Motorola. L'idée était d'utiliser le succès commercial du RAZR de Motorola pour lancer son successeur dédié à l'écoute de musiques numériques, fort de l'image d'Apple dans ce domaine. Mais force était de constater en fin d'année 2004 avec un premier prototype du terminal que ce mobile possédait un handicap de poids, il était affreux !

Steve Jobs a quand même dévoilé officiellement ce terminal en septembre 2005, le décrivant comme un « iPod dans un téléphone mobile ». Les consommateurs n'ont pas du tout adhéré au produit, notamment à cause de nombreuses limitations techniques, ne pouvant gérer que 100 musiques au maximum, même si sa carte mémoire pouvait en gérer plusieurs milliers ! Steve Jobs alors commencé à mûrir son idée de créer un téléphone mobile Apple sans Motorola mais toujours avec l'aide d'un opérateur, en l'occurence Cingular. Rappelons d'ailleurs que AT&T à acquis l'opérateur Cingular en décembre 2006 avec toujours à sa tête l'actuel CEO de la société. Steve Jobs avait raison d'être confiant. Ses équipes techniques ont passé près d'un an à concevoir un Tablet PC à écran tactile et ce dernier devait avoir une interface similaire sur un téléphone. Enfin, grâce aux puces ARM11, les puces et Processeurs mobiles sont devenus de plus en plus puissants, permettant de gérer des fonctionnalités de plus en plus complexes, d'autant plus que les connexions sans fils se démocratisaient toujours peu à peu.

L'iPhone d'Apple a failli être un désastre !

L'histoire a commencé en 2005 quand Steve Jobs a demandé à 200 de ses meilleurs ingénieurs de créer l'iPhone. Près d'un an et demi plus tard, à l'automne 2006, ce dernier a réuni quelques uns des acteurs du projet pour constater non sans une certaine amertume que le prototype d'iPhone présenté alors... était un désastre. Doté de nombreux problèmes, il fonctionnait très mal, perdant de nombreux appels entrants, avec une batterie qui cessait de charger sans être pleine ou avec des données et applications qui devenaient corrompues et inutilisables. Bref, même un an après le début de la conception du terminal, il était loin d'être prêt ! « Nous n'avons pour le moment pas de produit », aurait même ajouté, Steve Jobs, enragé et assez colérique, à une douzaine des salariés présents dans les bureaux d'Apple, jetant un froid dans la salle de conférence.

Et l'enjeu était sérieux. Apple devait présenter officiellement son iPhone au MacWorld dans quelques mois seulement. Depuis le retour de Steve Jobs au sein du comité de direction d'Apple, celui-ci utilisait cet évènement chaque année pour présenter ses produits les plus impressionnants, et les amateurs de la marque et analystes attendaient beaucoup de son édition 2007. Surtout depuis qu'Apple avait annoncé devoir retarder la sortie de son nouveau système d'exploitation, Mac OS X Leopard. Si l'iPhone n'était pas prêt à temps, l'action d'Apple pourrait alors dégringoler en l'espace de quelques heures...

Et qu'aurait pensé l'opérateur AT&T ? Après une année et demi de négociations secrètes, Steve Jobs venait de négocier les derniers termes du contrat visant à sa commercialisation en exclusivité auprès de cet opérateur sur le sol américain. En échange de cette exclusivité de cinq ans, l'opérateur devait partager avec Apple près de 10% de ses revenus générés avec le terminal et une petite partie sur les titres acquis depuis l'iTunes Store. Pour sa part AT&T s'était engagé à un investissement de plusieurs millions de dollars pour développer une nouvelle technologie, la messagerie visuelle vocale. Cela représentait finalement près de 10 dollars de bénéfices par mois et par client d'un iPhone AT&T pour Apple. Maintenant qu'Apple avait révolutionné le marché de la téléphone mobile, il fallait... tenir les délais de sa mise en vente.

Pour les ingénieurs qui développaient alors l'iPhone, les trois mois suivants ont été décisifs dans leur carrière pour arriver à développer un terminal fonctionnel dans les temps. Ces derniers ont du travailler d'arrache-pied, enchaînant les nuits blanches, pour y parvenir. Un chef de produit avait même claqué un jour la porte de son bureau si fort qu'il y est resté... bloqué. Il a fallu plus d'une heure à ses collègues pour le libérer, montrant la dose de stress assez importante de toute l'équipe.

En fin d'année 2006, soit quelques semaines seulement avant le début du MacWorld 2007, Steve Jobs a enfin pu tester un nouveau prototype de l'iPhone et a pu le montrer à Stan Sigman, le CEO d'AT&T, dans une suite située à l'hotel Four Seasons de Las Vegas. Il a tout de suite été impressionné par son écran, son navigateur web et son interface graphique. Ce dernier était tout bonnement bluffé par l'iPhone, le qualifiant de « meilleur terminal qu'il a jamais vu ».

iPhone : un succès qui ne se dément pas

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Qu'il s'en est passé du temps entre le développement dans le plus grand secret du P2, diminutif de « Purple 2 » et nom de code de l'iPhone (P1 désignait un iPod Phone), et sa présentation officielle en janvier 2007 aux Etats-Unis ! Même quand les équipes d'Apple devaient rencontrer leurs homologues de Cingular, il arrivait par exemple qu'ils utilisent un prête-nom pour ne pas être repérés par la concurrence. D'ailleurs lors de sa présentation au MacWorld, seule une trentaine de salariés qui ont travaillé sur le projet l'on déjà vu.

Aujourd'hui, les analystes estiment qu'Apple aurait dépensé près de 150 millions de dollars pour concevoir l'iPhone. Et cet investissement devrait être rentabilisé rapidement avec 80 dollars net de revenus pour chaque iPhone à 399 dollars commercialisé, auquel il faut ajouter 240 dollars par an pour chaque abonné associé (pendant 2 ans) auprès de l'opérateur AT&T. En plus de révolutionner le marché de la téléphonie mobile, il en a également changé les usages, les opérateurs mobiles qui le commercialise ayant remarqué une hausse très importante du trafic DATA. AT&T aurait par exemple constaté depuis la sortie de l'iPhone un triplement du nombre de connexions DATA dans certaines villes américaines dont notamment New York et San Francisco.
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