Pierre BELLANGER, Orbus : "Skyblog est un modèle de netamorphose"

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Le 06 décembre 2006
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Fondateur de Skyrock, Pierre BELLANGER revient sur le succès de Skyblog, son modèle économique, et ses développements dans la musique en ligne

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Pierre Bellanger
Fondateur de Skyrock, Pierre BELLANGER revient sur le succès de Skyblog, son modèle économique, et ses développements dans la musique en ligne

JB - Pierre Bellanger bonjour. En quelques années, votre groupe a réussi à créer la première plate-forme française de blogs. Comment expliquez-vous ce succès? La promotion croisée à l'antenne ou la simple duplication de la recette communautaire de votre radio sur le net ?

PB - L'ADN de Skyrock c'est la liberté d'expression, c'est la parole à tous. Avec Difool, avec le rap et aujourd'hui avec l'Internet, c'est toujours cette émancipation de l'expression de la nouvelle génération qui nous anime.

JB - Selon Forrester, la France ne compte qu'un million de bloggeurs actifs or votre plate-forme SkyBlog revendique à elle seule plus 6 millions de comptes. Comment expliquez-vous cet écart ? De quelles statistiques disposez-vous sur votre audience et son comportement ?

PB - La réalité aujourd'hui c'est 6 230 000 skyblogs actifs (au 6 décembre), c'est-à-dire consultés ou modifiés dans la dernière période de 90 jours. Certains internautes disposent de plusieurs skyblogs, certains skyblogs sont des œuvres collectives. Par ailleurs, un quart des skyblogs est extra-français. Les diverses études ne peuvent procéder que par estimations et ordres de grandeur, d'où les écarts.

JB - Malgré sa puissance en terme d'audience, SkyBlog semble vivre de manière autonome sur la toile. Le PageRank de votre site ne dépasse pas 6, vos blogs les plus populaires culminent à 3 ou 4 et n'apparaissent pas dans Google ou Technorati. Allez-vous travailler sur "l'ouverture" des Skyblogs au reste de la blogosphère, peut-être en ajoutant des flux RSS ou en améliorant pings et référencement ?

PB - La croissance très rapide de notre plateforme, 2.6 millions de visiteurs uniques chaque jour et 3.5 milliards de pages vues en octobre (nous sommes le 29ème site mondial en pages vues), nous a conduit à privilégier l'expérience utilisateur afin de maintenir et d'accroître notre qualité de service. L'aboutissement de l'effort en cours nous permettra de mieux travailler l'année prochaine les flux RSS, les permalinks et le référencement.

JB - Vous avez lancé récemment les Skyblogs Music. Est-ce une manière d'éclipser MySpace au moment de son lancement en France ou un retour aux sources pour votre groupe et l'occasion de multiplier les synergies avec vos radios ?

PB - Notre centre de gravité n'est pas la concurrence mais les demandes de notre communauté. La musique fait partie de l'expression et de l'identité, elle devait donc trouver sa place sur les skyblogs. Pour résoudre la problématique des droits, nous avons ouvert la plateforme à l'expression directe des artistes et c'est un franc succès avec, d'ores et déjà, plus de 30 000 morceaux en ligne dont certains ont été écoutés plusieurs centaines de milliers de fois. Il est clair que l'équation : première radio des 13-24, premier site des 13-24, premier diffuseur de nouveautés francophones et moteur culturel de la révolution rap-rnb est exceptionnelle. Cela ouvre un champ des possibles inimaginable il y a encore 5 ans.

JB - Pour la monétisation de Skyblog, vous utilisez des bannières, des liens sponsorisés mais également des blogs publi-rédactionnels. Quels sont les formats les plus appréciés des annonceurs ? Pourriez-vous également rémunérer les skybloggeurs les plus actifs ou au moins les laisser afficher leurs propres bannières ?

PB - Le format publicitaire le plus apprécié pour la diffusion est le pavé. Pour entrer dans la conversation électronique, les skyblogs officiels (le terme de publi-rédactionnel appartient à la presse écrite et ne correspond pas du tout à notre modèle) sont un moyen clair et pratique, de plus en plus employé par nos annonceurs notamment en complément d'une campagne de diffusion traditionnelle radio et web. L'essentiel des skyblogs a pour motivation une expression gratuite ce qui garantit une vraie liberté de ton et une crédibilité sans contraintes. Cependant, certains pourraient souhaiter développer une activité lucrative autour de leur audience, nous réfléchissons à des initiatives en ce sens.

JB - Avant votre rachat par Axa Private Equity, beaucoup d'analystes imaginaient la vente de Skyblog à un leader comme MySpace. Quelle est votre ambition pour Orbus ? Poursuivre votre expansion dans l'internet en capitalisant sur les contenus autoproduits par les internautes ou rester un groupe audiovisuel "plurimedia" ?

PB - L'alliance avec Axa Private Equity, qui m'accompagne désormais, est bien plus qu'une relation financière. Axa Private Equity, par ses investissements dans les sociétés de nouvelles technologies comme Iliad/Free, 90, TEN et d'autres, dispose d'une véritable expertise en la matière, et de ce fait, est un partenaire de croissance et de développement. Nous pensons qu'une demi-douzaine de réseaux sociaux vont s'affirmer au niveau mondial et nous serons l'un d'entre eux, leader sur la nouvelle génération. Ce développement international se fera soit organiquement, soit par de nouvelles alliances. Nous avons, en France, créé une radio-communauté radio-web-mobile qui est un modèle de netamorphose, c'est-à-dire de mutation d'un média analogique en une plateforme interactive. A l'étranger, en zone d'expression francophone, notre service a démontré sa capacité à fédérer et à réussir indépendamment de tout soutien média comme en Belgique, au Maroc ou au Canada. Nous ouvrons nos versions anglaise, allemande et espagnole en 2007.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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