Ils avaient donné une claque aux applis météo, puis Apple les a digérés. Aujourd’hui, ils reviennent avec une promesse qui gratte là où ça fait mal : l’incertitude, celle que la plupart des apps cachent.

© Acme Weather
© Acme Weather

Dark Sky n'est pas qu'une page tournée. Rachetée par Apple en mars 2020, cette application avait bâti sa réputation sur une précision rare, notamment pour anticiper les averses à l'échelle d'un quartier. Ses fondateurs, Adam Grossman, Josh Reyes et Dan Abrutyn, ont depuis contribué chez Apple au développement de WeatherKit, le kit météorologique mis à disposition des développeurs tiers. Ils annoncent aujourd'hui leur départ et le lancement d'Acme Weather.

Acme Weather affiche ce que les autres applications météo cachent

Bientôt disponible sur iOS, avec une version Android annoncée, l'application est proposée à 25 dollars par an après deux semaines d'essai gratuit. L'équipe, sans investisseur externe, a construit sa propre infrastructure de données météorologiques. Elle croise plusieurs modèles de prévision numérique, des données satellite, des relevés de stations au sol et des données radar, ce qui lui permet de produire ses propres cartes sans dépendre d'un fournisseur tiers.

La fonctionnalité phare repose sur un principe simple : afficher l'incertitude. La plupart des applications météo ne montrent qu'une seule courbe, la plus probable selon elles. Acme Weather y superpose des lignes grises représentant les scénarios alternatifs. Si tous les modèles s'accordent, la prévision est solide. S'ils divergent, l'utilisateur le voit directement sur le graphique, sans chercher un indice de confiance enfoui dans un sous-menu. Adam Grossman le formule sans détour dans son billet de lancement : le problème de la majorité des applications, c'est qu'elles donnent une estimation unique, sans jamais indiquer le niveau de certitude qui l'accompagne.

Prévisions précises/volatiles © Acme Weather
Prévisions précises/volatiles © Acme Weather

L'application intègre aussi une section baptisée « Acme Labs » pour tester des alertes moins conventionnelles, comme des notifications pour les arcs-en-ciel ou les couchers de soleil remarquables. Les utilisateurs peuvent personnaliser leurs alertes selon leurs priorités : vent, indice UV, ou risque de pluie dans les 24 heures. Une fonctionnalité de signalement participatif permet en plus de remonter les conditions en temps réel depuis son propre emplacement.

Community reports © Acme Weather

Pourquoi d'anciens d'Apple relancent une application météo indépendante

Le retour de l'équipe de Dark Sky ne s'explique pas uniquement par l'envie d'entreprendre. Grossman l'a dit clairement à TechCrunch : chez Apple, tester des idées atypiques devient presque impossible quand un milliard d'utilisateurs dépendent du produit. Les cycles de développement s'allongent, les validations s'accumulent. Une structure à taille humaine redevient alors la seule façon d'expérimenter ce qui ne passerait jamais un comité produit.

Ce lancement arrive dans un secteur en pleine reconfiguration. D'un côté, Google tente d'intégrer l'intelligence artificielle dans ses prévisions via son modèle WeatherNext 2, capable de générer des centaines de scénarios météo en quelques secondes. De l'autre, la même entreprise supprime progressivement son application météo autonome sur Android pour tout rediriger vers son moteur de recherche.

Face à ces manœuvres de grands groupes, Acme Weather joue une carte différente : pas d'intelligence artificielle générative au premier plan, pas d'intégration forcée dans un écosystème propriétaire, juste une lecture plus honnête de l'incertitude. La question reste entière : est-ce suffisant pour convaincre dans un marché où Google et Apple distribuent leur météo gratuitement ?

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