NVIDIA a pointé son viseur vers l’Allemagne : le géant des puces s’intéresse aux centrales nucléaires à l’arrêt du pays pour les transformer en data centers dédiés à l’intelligence artificielle (IA).

La centrale nucléaire d'Isar en Basse-Bavière. ©Inha Khrushchova / Shutterstock
La centrale nucléaire d'Isar en Basse-Bavière. ©Inha Khrushchova / Shutterstock

Ce n’est plus un secret pour personne, l’essor de l’IA offre un second souffle à l’énergie nucléaire. Aux États-Unis, les géants du cloud jettent leur dévolu sur l’atome, capable de leur fournir une électricité continue sans émettre de C02. Mais visiblement, NVIDIA se tourne vers les centrales avec une toute autre idée en tête.

Convertir les centrales en data centers

Ce mercredi 21 octobre, le groupe allemand PreussenElektra, filiale du fournisseur d’énergie E.ON, a confirmé travailler avec NVIDIA sur une étude de faisabilité, rapporte Bloomberg. Objectif : déterminer si certains de ses anciens sites nucléaires peuvent accueillir ce que le fabricant de puces appelle des « usines d’IA ». Comprenez, évidemment, des centres de données. 

Car PreussenElektra est aujourd’hui chargée de démanteler huit centrales dans le pays. Et ce sont probablement ces installations qui vont être examinées. Ainsi, les deux partenaires vont vérifier si les raccordements au réseau électrique, les terrains et les infrastructures industrielles répondent aux exigences très strictes des data centers.

Guido Knott, président du directoire de PreussenElektra, évoque une « réutilisation responsable » des sites, qui apporterait aussi de nouvelles perspectives économiques aux régions concernées.

L’Allemagne, terrain idéal

L’Allemagne est un terrain de jeu idéal pour ce type de projet : le pays a arrêté ses derniers réacteurs civils en avril 2023 suite à une décision prise sous Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima. Depuis, une trentaine de centrales sont en cours de démantèlement.

Ces terrains ont de quoi séduire. Car pour bâtir un data center de zéro, il faut une zone bien placée, des autorisations en zone industrielle, un raccordement au réseau à haute tension et de l’eau pour refroidir les serveurs. De quoi permettre à NVIDIA de réduire les coûts et gagner du temps.

À noter qu’ici, aucune électricité nucléaire n’est en jeu : seuls les sites et leurs infrastructures intéressent. De même, le projet n’en est qu’à ses débuts : aucun plan de développement ni d’accord n’a été signé. Il est avant tout question d’une première phase exploratoire. 

En parallèle, les fournisseurs RWE et Uniper ont pour leur part repéré d’anciennes centrales à charbon qui pourraient être vendues à des fins similaires. Preuve que ce type d’initiatives commence à prendre de l’ampleur.

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