Des policiers syndiqués chez Alliance ont appris par courrier qu’un intrus avait consulté une partie de leurs données personnelles. Le syndicat ne leur dit ni combien d’adhérents sont concernés, ni depuis quand.

Le syndicat ne précise pas quelles données ont été consultées, alors que son bulletin d’adhésion demande aux policiers leur matricule et leur service d’affectation - ©HJBC / Shutterstock
Le syndicat ne précise pas quelles données ont été consultées, alors que son bulletin d’adhésion demande aux policiers leur matricule et leur service d’affectation - ©HJBC / Shutterstock

Comme si le contexte n'était pas assez tendu. Le message porte un titre sobre, « Information relative à la protection de vos données ». Dans ce courrier adressé à ses membres, que s'est procuré FrenchBreaches, Alliance Police Nationale, l’un des principaux syndicats de policiers en France, reconnaît un « accès non autorisé à certaines données personnelles ». Ses responsables indiquent avoir lancé des investigations avec des spécialistes afin de remonter à l’origine de l’intrusion et renforcer leurs protections. Ils demandent aussi aux adhérents de se méfier des messages et des appels qui réclament des informations personnelles ou bancaires. Le syndicat ne précise pas quelles données ont été consultées, alors que son bulletin d’adhésion demande aux policiers leur matricule et leur service d’affectation.

Matricule et service d’affectation, des données confiées au syndicat

Pour adhérer, un policier remplit un formulaire où il inscrit son identité, sa date de naissance, son adresse personnelle et ses coordonnées, d’après le bulletin d’adhésion 2026 consulté par Cybeattaque.org. Il indique aussi son matricule, son grade, sa ville et son service d’affectation, et précise s’il est officier de police judiciaire ou s’il travaille de nuit. Rien ne permet toutefois d’affirmer que ces informations professionnelles font partie du lot consulté.

Avec une simple liste de noms, un pirate apprendrait quels policiers adhèrent à Alliance, et l’appartenance syndicale est une donnée sensible pour la CNIL. Après son piratage de février, la CFDT avait écrit à ses adhérents en leur énumérant les données dérobées, dont leurs coordonnées et leur syndicat d’affiliation, alors qu’Alliance n’a cité aucune catégorie.

Beaucoup de policiers ont vu leurs informations circuler ces derniers mois. Après le piratage du ministère de l’Intérieur en décembre, le nom et la résidence administrative d’agents ont été consultés en mars sur la plateforme de formation e-campus. Si le fichier d’Alliance contient des adresses personnelles, un escroc pourrait les croiser avec ces fuites pour se faire passer de façon très crédible pour le syndicat ou l’administration. Des militants hostiles pourraient aussi exploiter ces adresses afin de harceler des agents à leur domicile. Quelques jours avant ce courrier, le groupe Dark Storm avait dit avoir saturé le site d’Alliance par une attaque par déni de service, mais aucun lien avec l’intrusion n’est établi.

Si vous êtes adhérent, raccrochez quand votre interlocuteur cite votre grade ou votre affectation pour obtenir vos coordonnées bancaires, et vérifiez auprès du syndicat par un numéro que vous connaissez. Le bureau national d’Alliance a promis de tenir ses adhérents informés, sans dire si la CNIL a reçu une notification.

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