"Merci, j'essaie de commencer" dirait OSS 117 quand on lui tend une cigarette. C'est exactement ce que font des chercheurs, prétendant dur comme fer que l'intelligence artificielle leur permettra de guérir de tous leurs maux liés à des années de tabagisme.

On pourrait se demander quelle mouche les a piqués, mais aussi comprendre leur point de vue purement expérimental. L'idée n'en reste pas moins très douteuse, mais aussi coûteuse, tant sur le plan financier que sur le plan physique. Selon Shyam Sankar, directeur technique de Palantir, certains chercheurs en intelligence artificielle auraient commencé à fumer pour démontrer leur foi dans la capacité de cette technologie à guérir le cancer à l'avenir. Un pari risqué et … vraiment utile ?
Jouer sa santé comme une partie de poker
Shyam Sankar a présenté cette "expérience" lors d'une apparition sur le plateau de CBS Face the Nation dimanche.
Il a expliqué que cette pratique fonctionnerait comme un signal adressé à leurs pairs, illustrant l'ampleur de leur conviction envers l'IA. "Je crois tellement en l'IA pour guérir le cancer. Je montre ainsi que j'ai mis tous mes jetons sur la table," a-t-il déclaré, avant d'évoquer une "psychose de masse" autour de ce sujet.
Le responsable a également comparé cette foi à une forme de religiosité, en référence à la notion philosophique d'un vide spirituel que les travailleurs de la Silicon Valley comblent avec l'intelligence artificielle.
Des questions d'ordre sanitaire
Si cette affirmation s'avère fondée, elle soulève des questions d'ordre sanitaire. En effet, même si l'IA parvenait à contribuer au développement de traitements anticancéreux efficaces, le tabagisme reste responsable de plusieurs formes de cancer et de nombreux autres problèmes de santé à terme. S'ajoutent à cela les délais nécessaires pour tester ces traitements et les autres risques pour la santé liés à cette consommation.
Sankar pointe également une tendance plus large : plusieurs articles récents mentionnent une réapparition du tabagisme dans certains milieux des nouvelles technologies, ce qui pourrait partiellement valider ses observations.
Il en reste que même si l'intelligence artificielle était capable de guérir l'immense majorité des maladies, et tous les cancers, passer par cette étape reste tout de même une contrainte et un parcours parfois de plusieurs mois ou années pour s'en sortir.
Une croyance aveugle en l'IA qui en fait dérailler certains
Croire aveuglément que l'on peut se mettre à fumer pendant 40 ans, avoir un cancer et en guérir via les technologies de détection et de soin par IA reste un pari très risqué. Déjà, faut-il avoir le budget pour une telle expérience, fumer suffisamment d'années, puis avoir son cancer tant attendu, et évidemment ne pas faire de crise cardiaque ou ne pas avoir d'accident de voiture avant.
Dans 20, 30 ou 40 ans, les technologies d'intelligence artificielle auront largement évolué et sans aucun doute dans le bon sens en termes de santé. Mais s'il n'y avait pas suffisamment de maladies à traiter en ce moment, est-ce vraiment utile d'en rajouter volontairement ?