Avec le Gboard Kurukuru, Google fait défiler les touches jusqu’à vos doigts plutôt que de vous obliger à déplacer les mains sur le clavier. Le concept est volontairement absurde, mais le prototype et ses plans sont bien réels et posent, derrière la plaisanterie, quelques vraies questions d’ergonomie.
Une blague, mais pas complètement gratuite
Chaque bande transporte 29 touches et fait circuler majuscules et minuscules sous les doigts de l’utilisateur. L’idée, selon Google, est de limiter les déplacements et de permettre une frappe à une main, voire avec un seul doigt. L’autre peut alors rester sur la souris. Ou tenir une tasse de thé, détail que les concepteurs mettent eux-mêmes en avant.
Derrière la blague, il y a tout de même une vraie question ergonomique. En amenant les touches jusqu’au doigt, le dispositif réduit les déplacements de la main et pourrait, en théorie, convenir à certains usages à mobilité réduite. Google ne présente toutefois aucune évaluation d’accessibilité : devoir viser une touche en mouvement pourrait aussi créer une difficulté supplémentaire. Sans mesure de vitesse, de fatigue ou de confort, difficile de savoir si l’invention simplifie réellement la saisie ou déplace simplement le problème.
Google ne cherche d’ailleurs pas vraiment à nous vendre ce clavier. Le Kurukuru rejoint une série de projets DIY volontairement farfelus imaginés par ses équipes japonaises. Les plans sont proposés en open source et aucune commercialisation n’est prévue. Même la date n’est pas choisie au hasard : le 1er octobre, soit 10/1, renvoie au format classique du clavier à 101 touches.
- Format split modulable réellement exploitable
- Switches magnétiques à réglage très fin
- Rapid Trigger et Speed Tap pertinents en jeu
Depuis des années, la tech cherche à faire disparaître les touches
Le plus amusant est peut-être que l’industrie a déjà poursuivi des idées presque aussi étranges, mais avec beaucoup plus de sérieux.
Lenovo présentait ainsi en 2015 Smart Cast, un smartphone capable de projeter un clavier sur une table grâce à un laser, puis de suivre les mouvements des doigts avec un capteur infrarouge. Quelques années plus tard, le Tap Strap proposait carrément de porter son clavier sur la main : cinq anneaux détectaient différentes combinaisons de doigts pour transformer des tapotements en caractères.
Samsung s’est lui aussi essayé au clavier invisible avec SelfieType, présenté au CES 2020. La caméra frontale du smartphone suivait les mouvements des mains tandis qu’un algorithme les interprétait pour les convertir en frappes, sans qu’aucune touche physique soit nécessaire.
À chaque fois, la promesse est la même : supprimer le clavier traditionnel. Et à chaque fois, il faut apprendre de nouveaux gestes, de nouveaux repères ou une nouvelle façon de taper. Bref, difficile de remplacer le vénérable clavier, dont les grands principes accompagnent nos machines depuis plus de 150 ans.
Source : Google Japan