Lors d'Amazon Accelerate, le géant du e-commerce a dévoilé la vidéo d'un drone en train d'effectuer une livraison de colis à Phoenix, tout en assurant que l'arrivée du service en Europe se rapproche de plus en plus.

Amazon a profité de sa conférence annuelle dédiée aux vendeurs, Accelerate, jeudi à Seattle, pour mettre en scène une livraison par drone en direct (ou presque) depuis Phoenix, dans l'Arizona. Le patron de Prime Air, David Carbon, a donné des informations sur les délais moyens du service, sur les projets d'expansion aux États-Unis puis en Europe, et les garanties de sécurité. Alors qu'Amazon écrit peut-être la prochaine page de l'histoire du e-commerce, la même semaine, plusieurs Américains ont fait état de la présence des aéronefs de l'entreprise, très utiles dans certaines zones, mais encore un poil bruyants.
Amazon fait tomber les records de livraison avec ses drones Prime Air
En début de keynote jeudi matin, une cliente de démonstration commande, depuis l'assistant d'achat Alexa for Shopping, une peluche de tricératops fabriquée par une petite marque vendue sur Amazon, pour les 5 ans de son neveu. En fin de conférence, 1 h 45 plus tard, un drone la dépose près de Phoenix, en Arizona, pendant que la salle suit l'atterrissage. « Nous mettons les produits entre les mains des clients plus vite que quiconque ne l'aurait cru possible », lance alors le bien nommé David Carbon, le vice-président et directeur général de Prime Air. Pour les vendeurs présents, c'est l'occasion de se rendre compte que livré aussi vite, le client « n'hésite pas » et « ne compare pas les prix ».
Les chiffres présentés sur scène vont dans ce sens. Depuis ses sites de livraison ultra-rapide, Amazon affiche 39 minutes en moyenne entre le clic et la livraison. Depuis ses centres de tri robotisés, la promesse est de deux heures, tenue en 79 minutes en moyenne. Le record s'établit à onze minutes ! Depuis la France, on ne s'en rend pas bien compte, mais, ce sont des centaines de milliers de colis qui ont déjà pris les airs, notamment à bord d'un drone électrique et autonome, capable d'emporter jusqu'à 2,3 kg.
Amazon voit encore plus grand et prévoit de desservir près de 500 villes et localités américaines d'ici la fin de l'année. Le Royaume-Uni reçoit déjà des livraisons quotidiennes, et l'Europe comme le Moyen-Orient sont annoncés pour 2027 et 2028, sans pays précisé toutefois.
Comme toujours, il y a l'emballement et le scepticisme
On le sait, et encore plus en Europe par les temps qui courent et au vu des alertes des autorités de pays du Vieux continent, le drone peut être un problème. « La vitesse ne compte que si elle est sûre », explique d'ailleurs David Carbon sur scène. Pour convaincre de l'intérêt des drones Amazon, il met en avant des processus issus de l'aéronautique, validés par les régulateurs, et des appareils capables de repérer seuls les autres aéronefs, les arbres et les bâtiments, puis de décider en plein vol.
Une livraison par drone aura forcément un intérêt, surtout dans certaines sphères, comme les secours, l'aide aux personnes isolées ou âgées. Mais aux États-Unis, on voit passer sur les réseaux sociaux ou dans les médias locaux des témoignages, depuis plusieurs jours, d'une ambiance moins festive autour des drones d'Amazon. Les aéronefs génèrent une certaine pollution sonore, pour les habitants voisins des sites Amazon d'où ils décollent.
Les riverains disposent de peu de recours. Aux États-Unis, seule l'Administration fédérale de l'aviation (FAA) régule l'espace aérien, et les villes ne peuvent imposer ni couloirs de vol, ni altitudes, ni limites de bruit. Or certains lieux, comme le nord du Texas, sont devenus les laboratoires de la livraison aérienne, où Wing (Alphabet/Google), Walmart et DoorDash testent aussi leurs drones. Comme souvent, avec tout ce qui est nouveau et technologique, il y a le pour, et il y a le contre. Un débat que l'Europe pourrait découvrir à son tour d'ici 2027.