Proton ajoute Apertus 1.5 à son assistant Lumo. Ce modèle ouvert, conçu par l'ETH Zurich, l'EPFL et le CSCS, va désormais profiter des retours envoyés par les utilisateurs qui notent ses réponses.

Un modèle universitaire ne bénéficie pas des mêmes retombées qu'un modèle grand public utilisé par des millions de personnes chaque jour. Le partenariat annoncé entre les deux parties cherche justement à combler ce manque, sur la base du volontariat.
Comment vos retours sur Apertus atterrissent chez les chercheurs suisses
Apertus est un modèle entièrement ouvert. Ses poids sont publics. Il s'agit des valeurs numériques obtenues après l'entraînement, celles qui permettent de transformer une question en réponse. Ses données d'entraînement et ses méthodes le sont tout autant. Ses concepteurs affirment l'avoir entraîné uniquement sur des contenus accessibles publiquement. Ils disent aussi avoir respecté les demandes de retrait des ayants droit et filtré les informations personnelles. À son lancement en septembre 2025, nous présentions un modèle de 70 milliards de paramètres. Il était déjà entraîné sur plus de 1 000 langues et diffusé sous licence Apache 2.0.
Dans Lumo, Apertus 1.5 n'est pas activé par défaut. Il faut le sélectionner dans le menu déroulant des modèles, et on peut revenir à un autre modèle à tout moment. Les conversations restent protégées par le chiffrement zero-access, que seul l'appareil de l'utilisateur peut déchiffrer. Si aucune note n'est donnée, rien n'est transmis. En revanche, un pouce baissé sur une réponse envoie la question et la réponse concernées, de façon anonyme, aux chercheurs d'Apertus. Proton évoque plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs de Lumo désormais en mesure de participer à cet effort, sur la base du volontariat.
Ce retour contient donc le texte que vous avez tapé. Mieux vaut éviter de noter négativement un échange contenant des informations personnelles si vous ne voulez pas qu'elles soient lues par d'autres personnes. Apertus convient surtout aux tâches courantes. Pour le raisonnement complexe, mieux vaut se tourner vers les autres modèles de Lumo. Qwen et GLM équipaient déjà la version 2.0 testée par nos soins. Du côté des chercheurs, Imanol Schlag, de l'ETH AI Center, y voit l'ingrédient qui manquait à un modèle entièrement ouvert et développé sur fonds publics.
Apertus n'est pas réservé à Proton. Euria, l'assistant d'Infomaniak que nous avons pris en main , le propose déjà sous l'étiquette "modèle suisse en développement", aux côtés de deux profils basés sur Qwen 3.5. La protection change cependant d'un service à l'autre. Euria mise sur un mode éphémère, quand Lumo chiffre les conversations sauvegardées. Pour Eamonn Maguire, directeur de l'IA chez Proton, une IA européenne ne suffit pas en soi. Elle doit rester compétitive pour être réellement utilisée.