NLCabs veut laisser davantage d’argent aux chauffeurs en réduisant la part prélevée sur chaque course. Une riposte aux grandes plateformes que le développement assisté par IA pourrait rendre plus facile à reproduire.

Les chauffeurs d’Amsterdam veulent reprendre le contrôle du compteur. Depuis juin, deux d’entre eux, Mostapha Ahidar et Ivo van Leeuwen, proposent NLCabs, une application de réservation de taxis née du ras-le-bol des commissions d’Uber et Bolt. Le service revendique environ 3 000 chauffeurs inscrits et dépasse les 38 000 téléchargements, selon le média NOS.
Une commission réduite, mais déjà sous pression
Les fondateurs dénoncent des prélèvements atteignant parfois 50% du prix d’une course. Uber conteste cette présentation et affirme que sa part reste relativement stable. NLCabs retient actuellement 3%, mais ses créateurs envisagent déjà de passer à 4 ou 5% pour équilibrer les comptes, rapporte le site néerlandais Bright.
Pour les passagers, l’application reprend les fonctions habituelles : prix fixe affiché avant la réservation, paiement intégré et suivi du chauffeur en direct. Une commission plus faible ne garantit toutefois pas une course moins chère. Pour l’heure, les courses restent concentrées à Amsterdam, même si NLCabs ambitionne de s’étendre dans tout le pays.
Le vibe coding pourrait multiplier ces initiatives
Aucune des sources consultées ne confirme que NLCabs a été créée par IA. L’essor du vibe coding pourrait néanmoins faciliter ce type de riposte. Le principe consiste à décrire l’application souhaitée à une IA qui en génère une partie du code comme le permettent des outils tels que Replit. En rendant le prototypage plus accessible, ces solutions pourraient aider davantage de collectifs à lancer leurs propres services. Il faudra toujours financer leur maintenance, sécuriser les paiements et assurer l’assistance aux clients.
Le mouvement dépasse déjà les Pays-Bas. À Bruxelles, URide s’appuie sur la coopérative de chauffeurs UNIT. En France, la coopérative de VTC Maze propose elle aussi une application, notamment pour les déplacements professionnels. Le modèle d’une plateforme détenue ou gouvernée par ses chauffeurs existe donc déjà chez nous.
Mais dans l'Hexagone, l’exploitant d’une application mettant en relation des passagers et des chauffeurs professionnels est considéré comme une centrale de réservation : il doit déclarer son activité, justifier d’une assurance de responsabilité civile professionnelle et renouveler cette déclaration chaque année.
S’il devient de plus en plus simple de créer une application, concurrencer Uber ou Bolt reste une autre paire de manches. Pour assurer suffisamment de courses à des milliers de chauffeurs, le bouche-à-oreille risque de ne pas suffire.