Le célèbre comparateur allemand utilisé chaque mois par des dizaines de millions de spectateurs, JustWatch, lance dès le mois prochain en France JustWatch TV, une nouvelle offre de streaming gratuite, financée par la publicité. Avec de vraies ambitions.

Le service de streaming JustWatch TV arrive en France avec un certain savoir-faire, une connaissance des grand et petit écrans, et surtout une solide popularité. Le groupe berlinois qui est derrière lui est en effet surtout connu pour son moteur de recherche, qui indique où regarder un film ou une série. Il a profité, mardi, du nouveau marché du Festival de Toronto pour officialiser son entrée dans l'arène du streaming. Paramount, New Regency, Fremantle, Bleecker Street ou encore Vortex Media comptent parmi les premiers partenaires de la bibliothèque, pensée à partir de dix ans de données sur ce que cherchent vraiment les utilisateurs. Un pari calculé, donc, plutôt qu'un saut dans le vide.
JustWatch lance sa propre plateforme de streaming gratuite en France et dans onze autres pays
Jusqu'à maintenant, JustWatch se contentait d'orienter les spectateurs vers Netflix, Disney+ ou Canal+, sans héberger le moindre contenu. Avec JustWatch TV, l'entreprise change de dimension et devient elle-même diffuseur. « Depuis plus d'une décennie, notre mission est de mettre les fans en relation avec leurs films et séries préférés, en particulier les titres difficiles à trouver ou qui étaient auparavant indisponibles », rappelle le fondateur et PDG du groupe, David Croyé. On comprend qu'il s'agit d'une suite logique pour l'entreprise, plutôt qu'un simple coup marketing.
Dans le détail, la plateforme proposera trois façons de regarder les contenus. Il y a aura un catalogue gratuit financé par la publicité, des locations à l'unité pour les nouveautés, et une formule payante sans coupure publicitaire. Le tout sera intégré directement dans l'application et le site JustWatch existants, sans nécessiter la création d'un nouveau compte. Le lancement est prévu dès le mois d'octobre donc, en France nous le disions, mais aussi dans onze autres pays, des États-Unis à l'Australie.
Pour garnir son catalogue, JustWatch TV s'appuie déjà sur des studios et distributeurs reconnus comme Paramount, New Regency, Fremantle, Bleecker Street ou Vortex Media. D'autres accords sont à venir, apprend-on. Il y a donc une bonne base de départ, surtout quand on sait que le guide JustWatch référence, chaque mois, plus de 500 000 films et séries répartis sur plus de 1 500 services à travers 140 marchés dans le monde. Le groupe dispose d'ailleurs d'une troisième corde à son arc, JustWatch Media, qui exploite ces mêmes données d'audience pour vendre des campagnes publicitaires ciblées aux studios et plateformes, un savoir-faire qui pourrait bien nourrir, en coulisses, les recommandations de la nouvelle plateforme.
Un pari face à la fragmentation du streaming
Même si JustWatch ne manque pas de qualités, se lancer maintenant sur un marché en grande partie saturé, où jongler entre les abonnements est devenu un sport à part entière pour les spectateurs, constitue un pari. « JustWatch TV est conçu pour répondre de plein fouet à cette demande, en proposant une solution simple à une époque marquée par la fragmentation », essaie d'expliquer Quentin Carbonell, vice-président senior, acquisitions de contenus mondiaux et stratégie chez JustWatch, qui promet un mélange de « succès cinématographiques et télévisés » et de « perles rares », à regarder gratuitement, à louer, ou à redécouvrir ensuite sur d'autres plateformes.
L'atout de JustWatch, c'est bien la donnée, symbolisée par dix ans d'historique sur ce que ses utilisateurs recherchent sans le trouver nulle part. Sur le papier, cette connaissance fine des attentes du public doit permettre à JustWatch TV d'éviter l'écueil classique des plateformes gratuites, c'est-à-dire un catalogue qui ressemble à un simple empilement de vieux films oubliés.
Depuis sa création en 2014, JustWatch est devenu un groupe international de plus de 200 salariés, avec un siège à Berlin et des bureaux à Paris, Londres, Los Angeles, Madrid, Rome, Munich, Dubaï et Sydney. Une affaire rondement menée. Mais les spectateurs, déjà abonnés à plusieurs plateformes payantes, prendront-ils le temps d'ouvrir une application supplémentaire, même gratuite, dès le mois prochain ?