Spliiit publie une étude conduite d'octobre 2025 à mars 2026 sur les cinq grandes plateformes de streaming vidéo en France. Au total, 3,28 millions d'abonnés résilient chaque mois, volontairement. Le secteur a un problème de rétention, pas d'acquisition.

Sur les cinq plateformes de streaming vidéo analysées, le taux de churn volontaire moyen atteint 8,87 % par mois. Projeté sur douze mois, cela dépasse 39,4 millions de départs. Le churn, c'est le taux de résiliation volontaire : le pourcentage d'abonnés qui choisissent activement de quitter un service sur une période donnée, sans y être contraints par un problème technique ou une fin de période d'essai. Aucune des cinq plateformes analysées n'échappe à cette logique, quelle que soit sa taille ou la profondeur de son catalogue. Les abonnés s'inscrivent pour un titre précis, comme une série ou un film, puis repartent une fois leur objectif atteint. Selon Jonathan Lalinec, cofondateur de Spliiit, les utilisateurs ne se demandent plus s'ils vont résilier, mais quand.
Ce comportement porte un nom : le binge-and-churn. S'abonner, consommer en rafale, résilier. Sur le marché français, Spliiit l'observe désormais à grande échelle, sur six mois de données agrégées et anonymisées. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les grandes plateformes ne sont pas mieux protégées que les petites, au contraire.
Ces données confirment ce que nous observons au quotidien sur Spliiit : les utilisateurs ne se demandent plus s’ils vont résilier, mais quand. Le streaming est entré dans l’ère du zapping d’abonnements. Les plateformes doivent réinventer leur modèle de fidélisation — ou accepter de
— Jonathan Lalinec, cofondateur de Spliiit
tourner en rond.
Prime Video : le churn le plus sévère du marché français
Avec un taux de résiliation de 12,64 % par mois, Prime Video occupe la première place de ce classement que personne ne souhaite mener. Sur 9,5 millions d'abonnés estimés en France, cela représente 1,2 million de départs mensuels. Plus d'un abonné sur huit qui quitte le service vidéo d'Amazon chaque mois. Un chiffre d'autant plus parlant que la plateforme recrute massivement via son écosystème Prime, où livraison, musique et autres services retiennent des utilisateurs qui, sur le seul terrain du contenu vidéo, ne s'accrochent pas.

Pourquoi Netflix et Disney+ gardent leurs abonnés
La variable déterminante n'est pas le volume d'abonnés mais la valeur perçue au quotidien. Prime Video est la deuxième plus grande plateforme du classement en nombre d'abonnés, et pourtant elle affiche le pire taux. Amazon recrute via son écosystème, mais cet écosystème ne suffit pas à convaincre de rester pour le contenu vidéo seul. Les plateformes qui ne parviennent pas à construire cette valeur tournent en rond, à recruter des abonnés qu'elles perdent aussitôt, mois après mois.
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