Disponible en France depuis le 1er septembre 2026, TokDrive met en relation des particuliers pour l'essai d'une voiture d'occasion avant achat. L'application, déjà présente sur l'App Store et Google Play, promet au moins 30 minutes au volant pour ses utilisateurs.

Plus de cinq millions de voitures d'occasion changent de mains chaque année en France, un marché où l'essai avant achat reste pourtant souvent expéditif, quand il n'est pas carrément refusé. Acheter une occasion sans l'avoir vraiment conduite, c'est un peu parier plusieurs milliers d'euros à l'aveugle. Julien et Maëva Bauer ont donc lancé il y a quelques jours, une application lyonnaise, baptisée TokDrive, qui organise des essais d'au moins 30 minutes, avec propriétaire à bord et une grille tarifaire indexée sur la valeur du véhicule. Un modèle économique et des mesures de sécurité viennent encadrer ce nouveau service, encore jeune sur les boutiques d'applications. On vous explique.
Essayer une voiture d'occasion avant de l'acheter, l'appli TokDrive le rend enfin possible
Lorsqu'on veut acheter une voiture d'occasion, il peut être légèrement frustra de n'avoir pas pu rouler avec un minimum avant d'en prendre possession. « Tout le monde a déjà acheté un produit important sans pouvoir l'essayer correctement », relève Julien Bauer. Chez un particulier, l'essai se résume parfois à quelques minutes de prise en main, et parfois même, il n'y en a même pas, puisque nombre de vendeurs le refusent purement et simplement. En concession, on tourne 15 à 20 minutes autour du pâté de maisons, avec un commercial à bord. Parfois, comme on l'a récemment avec cette affaire portée devant le tribunal judiciaire d'Angoulême, on signe en croisant les doigts.
TokDrive propose une autre voie. En passant par l'application, l'acheteur repère un modèle près de chez lui, propose jusqu'à trois créneaux, et roule au moins 30 minutes sur environ 15 kilomètres, avec le propriétaire obligatoirement à bord, du début à la fin. Chaque essai débute et se termine par quelques photos de l'état du véhicule, avec un code de fin à quatre chiffres à fournir. Précisons qu'il n'y a pas d'obligation d'achat à l'arrivée. On peut tout aussi bien s'arrêter là si la magie n'opère pas, sans avoir à se justifier.

Le même principe vaut aussi pour les curieux qui veulent simplement prendre le volant d'un modèle qui les fait rêver, sans intention d'achat. Derrière cette application, on retrouve donc Julien et Maëva Bauer, salariés à temps plein qui la développent sur leur temps libre. Monsieur pilote la technique, le produit et l'expérience utilisateur, sans être développeur de formation même si l'appli tourne en React Native, pendant que Madame gère le juridique, le financier et les opérations.
Tarifs et sécurité : ce que prévoit TokDrive
Se pose évidemment la question du modèle économique de TokDrive. Comment gagne-t-elle de l'argent, même chose pour les propriétaires de véhicules qui s'y inscrivent ? En fait, le modèle économique de TokDrive est relativement simple, puisqu'il repose sur une grille de prix simple, indexée sur la valeur du véhicule. Pour une voiture estimée jusqu'à 10 000 euros, l'essai coûte 15 euros à l'acheteur. Au-delà, on ajoute 15 euros par tranche supplémentaire de 10 000 euros, sans plafond. Sur cette somme, le propriétaire touche 10 euros par tranche. Donc pour une voiture à 25 000 euros par exemple, l'acheteur paie 45 euros, dont 30 euros reviennent au propriétaire. Les 15 euros restants constituent la commission de TokDrive, qui se rémunère ainsi essai par essai, plutôt que par abonnement.
Concrètement, réserver un essai ne coûte rien à l'utilisateur sur le moment. Stripe, la plateforme qui gère les paiements pour TokDrive, se contente de vérifier que votre carte est valide et d'en bloquer le montant, un peu comme une caution d'hôtel. L'argent n'est réellement débité qu'au moment où l'acheteur et le propriétaire signent ensemble, sur leur téléphone, la décharge d'essai, un document juridiquement valable partout en Europe grâce au standard eIDAS. Si le propriétaire refuse ou qu'il ne répond pas, ou si le rendez-vous tombe à l'eau, la somme bloquée est simplement libérée, sans mauvaise surprise. Pour le propriétaire, le versement n'est pas non plus immédiat. Il doit patienter 48 heures après l'essai, le temps pour TokDrive de traiter un éventuel litige avant de lui reverser sa part.
Quoi qu'il en soit, pour rassurer tout le monde, TokDrive impose une vérification d'identité avant le premier essai. Le propriétaire, comme le conducteur qui veut essayer son véhicule, fournissent une pièce d'identité et un selfie via Stripe Identity, un service qui compare les deux pour confirmer que chacun est bien celui qu'il prétend être. Le jour J, c'est le propriétaire qui garde la main : il choisit qui monte dans sa voiture, vérifie le permis avant de tendre les clés, et reste à bord pendant tout le trajet plutôt que de laisser l'acheteur seul au volant. Attention cependant à ne pas confondre deux assurances : celle que TokDrive a souscrite couvre son propre rôle d'intermédiaire, pas un accident survenu pendant l'essai. En cas de pépin sur la route, c'est l'assurance auto classique du propriétaire qui doit intervenir, une couverture que l'entreprise recommande elle-même de vérifier au préalable plutôt que de la considérer comme acquise. Quant aux données personnelles récoltées pour ces vérifications, elles restent encadrées par le RGPD.
Une appli encore jeune, et les premiers bugs corrigés
TokDrive est disponible depuis le 1er septembre sur l'App Store et Google Play, ainsi que sur Clubic. Une première mise à jour, sortie moins d'une semaine après le lancement, a déjà corrigé plusieurs bugs d'envoi de photos et ajouté des statistiques de vues, de favoris et de demandes reçues pour les propriétaires. Autrement dit, l'appli est encore en plein rodage.
Détail assez amusant aperçu sur les boutiques lors de notre petit tour du propriétaire, l'application est classée 12 ans et plus sur Google Play, contre 18 ans et plus sur l'App Store, où Apple exige même une validation de l'âge.
Dans tous les cas, TokDrive ne se compare ni à Getaround ni à Turo, qui louent des voitures pour rouler, pas pour se décider à l'acheter. Ici, l'objectif reste l'essai avant achat, ou le plaisir de conduire un modèle convoité, jamais l'usage prolongé. Les cocréateurs de l'application disent vouloir d'abord réussir leur lancement français, ville par ville, avant d'envisager une extension géographique ou de nouveaux usages.
- Essais entre particuliers encadrés
- Vérification d’identité intégrée
- Constat photo avant et après
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