La Russie voulait son propre Starlink pour s’affranchir des réseaux étrangers. Problème, sur les 32 satellites lancés à ce jour, aucun n’a atteint l’orbite visée…

Vue d'artiste d'une constellation de satellites. ©Elliptic Studio / Shutterstock
Vue d'artiste d'une constellation de satellites. ©Elliptic Studio / Shutterstock

La dépendance aux réseaux satellites étrangers pèse sur Moscou depuis février dernier. SpaceX avait alors coupé l’accès à Starlink pour les terminaux non enregistrés en Ukraine, mettant fin à un usage militaire russe jusque-là toléré. Pour ne plus dépendre de personne, la Russie mise sur Rassvet, un projet porté par l’entreprise aérospatiale locale Bureau 1440. 

Objectif : propulser environ 300 satellites en orbite d’ici à la fin 2026, puis 924 à l’horizon 2035, pour couvrir aussi bien les besoins civils que militaires. 

Les satellites n’arrivent pas à atteindre l’orbite prévue

Et les premiers lancements ont eu lieu en mars puis en juillet. Au total, 32 satellites Rassvet gravitent aujourd’hui autour de la Terre. Chacun d’entre eux devait atteindre jusqu’à 800 kilomètres d’altitude grâce à ses propres moteurs à plasma : c’est à cette hauteur que la constellation est censée fonctionner à plein régime.

Mais aucun n’y est parvenu, puisque la plupart plafonnent autour des 500 kilomètres. Plusieurs semblent même perdre de l’altitude, révèle Ars Technica dans une enquête. Alors qu’un satellite est carrément retombé dans l’atmosphère en juin, d’autres n’ont jamais entamé de manœuvre après leur mise en orbite.

Une fusée russe Soyouz. ©Vera Larina / Shutterstock
Une fusée russe Soyouz. ©Vera Larina / Shutterstock

L’Ukraine freine les efforts de la Russie

De même, les satellites stabilisés à 500 kilomètres ne survolent l’Ukraine que deux fois par jour, avec des fenêtres de connexion limitées à 90 minutes. Une portée réduite, mais qui pourrait tout de même servir à l’armée russe : selon l’Institute for the Study of War, cette couverture partielle pourrait suffire à faciliter des frappes russes plus précises via drones ou systèmes téléguidés.

À noter que les tout premiers Starlink ont eux aussi connu un taux d’échec avoisinant les 13 %, avant que SpaceX ne rôde sa technologie au fil des lancements suivants. Mais les signaux sont moins favorables pour Rassvet.

Car le secteur spatial russe souffre d’un sous-financement chronique, et l’Ukraine ne compte pas lui faciliter la tâche. Une usine fabriquant les fusées Soyouz utilisées pour la constellation a récemment été frappée, tandis que des drones ont visé le cosmodrome de Plessetsk, d’où partent ces lancements. De quoi retarder encore un projet qui peine définitivement à décoller.

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