Après presque 8 ans de voyage à travers le Système solaire, la sonde BepiColombo touche enfin au but. Ce jeudi 3 septembre, ses deux orbiteurs scientifiques se détachent de leur module de transfert, une manœuvre décisive avant la capture par la gravité de Mercure.

Lancée en octobre 2018 et portée conjointement par l’Agence spatiale européenne (ESA) et son homologue japonaise (JAXA), la sonde BepiColombo a emprunté une trajectoire longue et sinueuse pour rejoindre Mercure, la planète la plus proche du Soleil.
Une route nécessaire, qui comprend le survol de la Terre, de Vénus et de Mercure à 6 reprises depuis 2021, pour freiner suffisamment et se laisser capturer par son attraction, plutôt que de la dépasser. Aujourd’hui, c’est une étape on ne peut plus cruciale de sa mission qui se joue.
Manœuvre à haut risque
Car la manœuvre est on ne peut plus périlleuse. Les deux orbiteurs scientifiques de BepiColombo, le Mercury Planetary Orbiter (MPO) piloté par l’ESA, et le Mercury Magnetospheric Orbiter (Mio), sous la responsabilité de la JAXA, se détachent du module de propulsion qui les a portés jusqu’ici. Une fois désolidarisés, les deux engins devront voler de leurs propres ailes pour la première fois depuis leur lancement.
Une fois la séparation actée, les équipes au sol devront rétablir le contact avec les orbiteurs désormais livrés à eux-mêmes. Selon l’ESA, les premiers signaux ne sont pas attendus avant 15h53, heure de Paris. Il faut ainsi s’assurer que tout s’est déroulé comme prévu, avant de lancer les vérifications de routine sur l’état des deux appareils.
Cette étape conditionne toute la suite du programme. Sans elle, impossible d’envisager la capture par la gravité de Mercure, prévue le 21 novembre. Viendront ensuite le largage de Mio sur son orbite définitive début décembre, puis celui de MPO en mars 2027. Le moindre raté aujourd’hui pourrait compromettre des années de préparation.

Percer les secrets de Mercure
Cette mission doit nous permettre de percer les secrets de Mercure. Seules deux sondes l’ont approchée avant BepiColombo : Mariner 10 dans les années 1970, puis MESSENGER entre 2011 et 2015. La planète la plus proche du Soleil demeure ainsi la moins explorée de tout le Système solaire interne, qui inclut Mercure, Vénus, la Terre et Mars.
Une fois en orbite, les deux engins se répartiront le travail : MPO cartographiera la surface et l’exosphère de Mercure, tandis que Mio se concentrera sur l’étude de sa magnétosphère. Ensemble, ils devront identifier la composition, l’état de son noyau, ainsi que la provenance de son champ magnétique rarissime. Des découvertes qui pourraient bien réécrire une partie de ce que l’on croit savoir sur la formation des planètes rocheuses.
Participer à la discussion
Partagez votre avis avec la communauté Clubic.