La Russie a annoncé avoir émis un avis de recherche international contre Pavel Durov, le fondateur de Telegram. Le Service fédéral de sécurité (FSB) l'accuse de complicité de terrorisme, dans une enquête liée à un robot de rencontres que la messagerie n'aurait pas retiré de son application.

©Alex Photo Stock / Shutterstock
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Le FSB reproche à Telegram d'avoir laissé en ligne ce robot de rencontres, présenté par Moscou comme un outil de recrutement pour les services spéciaux ukrainiens. En février dernier, le FSB avait déjà ouvert une enquête contre Pavel Durov, alors liée à l'attentat du Crocus City Hall et aux meurtres de Daria Douguina et du général Igor Kirillov. Cette procédure russe s'ajoute à celle que Pavel Durov affronte par ailleurs en France depuis son arrestation en 2024.

Leo Match Bot, la pièce centrale de l'accusation du FSB

Selon l'AFP, le communiqué diffusé par les services russes explique que l'enquête criminelle porte sur l'utilisation d'un robot de rencontres nommé Leo Match Bot. Ce dernier est interdit en Russie mais Telegram ne l'aurait pas supprimé. Ce bot sur Telegram aurait multiplié les prises de contact.

Selon les accusations des autorités russes, des agents des services spéciaux ukrainiens auraient manipulé ce bot afin de se faire passer pour de jeunes filles avant d'entrer en contact avec de jeunes Russes. Une fois la relation établie, ces agents auraient exercé une pression psychologique pour pousser leurs interlocuteurs à s'en prendre à des policiers ou à incendier des infrastructures.

Le FSB affirme que 46 citoyens russes âgés de 12 à 22 ans, tous utilisateurs de ce service, ont été arrêtés depuis juillet 2025 dans plusieurs régions du pays. Ils sont poursuivis pour agression de membres des forces de l'ordre et pour des actes de sabotage visant des infrastructures énergétiques et de transport.

En Russie, l'accès aux messageries s'est durci. L'usage des apps Telegram et WhatsApp est restreint depuis plusieurs mois. Moscou soupçonne les deux applications de servir les intérêts des services ukrainiens.

Pavel Durov reste par ailleurs visé par une procédure distincte en France. Nous rapportions son arrestation, fin août 2024, à la descente de son jet privé au Bourget. L'entrepreneur avait ensuite été mis en examen pour plusieurs infractions liées à la criminalité organisée. La justice française lui reproche de ne pas avoir agi contre la diffusion de contenus criminels sur sa messagerie. L'homme reste soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire sans autorisation des autorités.