Ça chauffe du côté de Telegram en Russie. Son fondateurs Pavel Durov y est accusé, dans sa gestion de l'application, de soutenir le terrorisme.

© Thrive Studios / Shutterstock.com
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La Russie entame en 2026 une nouvelle vague de répression numérique qui s'attaque, comme souvent, à ce qui reste d'accesibilité aux services américains. Mais la nouveauté, c'est que Moscou tape aussi très durement sur Telegram, application fondée par un citoyen du pays, sans lien de subordination connu avec les États-Unis, et qui est extrêmement populaire en Russie. Et après les restrictions appliquées à l'application, la température monte encore, avec cette fois une attaque directe comme Pavel Durov.

Pavel Durov, objet d'une enquête russe pour soutien au terrorisme

Alors que les choses se sont calmées en France pour Pavel Durov, elles vont mal dans son pays natal. On apprend en effet grâce aux deux médias d'État russes Rossiïskaïa Gazeta et Komsomolskaïa Pravda, dont Le Monde se fait l'écho, qu'une enquête a été ouverte par le FSB ce mardi 24 février contre Pavel Durov.

« Les actions du dirigeant ‌de Telegram, P. Durov, font l'objet d'une enquête dans le cadre d'une affaire pénale pour crime au titre de la partie 1.1 de l'article 205.1 du code pénal russe » ont-ils expliqué, assurant s'appuyer sur des documents du FSB. « La partie 1.1 de l'article 205.1 » fait ici référence au activités en soutien du terrorisme.

Selon les médias sus-cités, Telegram est mis en cause comme ayant facilité l'attentat du Crocus City Hall (commis en banlieue de Moscou le 22 mars 2024 par l'État Islamique, et qui a fait au moins 150 morts). Les meurtres de Daria Douguina et du général Igor Kirillov sont aussi évoqués.

© Nugastaia / Shutterstock.com
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Tous les moyens sont-ils bon pour faire tomber Telegram en Russie ?

Selon un média russe installé à l'étranger, et cité par Le Monde, ces articles auraient pu être directement écrits par le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov - qui écrit occasionnellement dans le Rossiïskaïa Gazeta. Celui-ci s'était déjà plaint auparavant de ne pas obtenir la coopération pleine et entière de Pavel Durov.

Et cette enquête arrive pile au moment où Moscou veut définitivement orienter la population vers son application maison non-cryptée Max. Or, si le blocage de WhatsApp peut aisément se justifier auprès des citoyens russes, c'est beaucoup plus compliqué pour Telegram, qui est massivement utilisé par les soldats sur le front, les blogueurs de guerre, les journalistes et même les officiels, que ce soit le Kremlin, les ministères ou les gouverneurs. On estime par ailleurs que, sur la tranche d'âge 12-24 ans, huit Russes sur dix consultent Telegram au quotidien. Au-delà, Telegram est aussi très utilisé par les entreprises en Russie pour les relations avec les clients.

Il semble donc que Moscou soit face à un écueil numérique dont le gouvernement ne peut se débarrasser en un clic. Les enquêtes lancées auraient-elles plutôt pour intérêt de mettre la pression sur Pavel Durov, afin de le rendre plus accomodant ? Ce qui ne serait pas sans nous rappeler ce qui s'est passé avec la France, où son arrestation avait permis d'obtenir une amélioration de la modération sur la plateforme. Alors, aurions-nous créé un précédent aujourd'hui copié par la Russie ?

Source : Le Monde

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07 février 2025 à 17h46
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