NVIDIA vient d’informer ses partenaires AIB d’une nouvelle hausse de prix sur ses kits GPU intégrant de la mémoire GDDR6 et GDDR7, la troisième en moins d’un an. En Chine, les rayons se vident et les tarifs s’envolent : la RTX 5070 Ti a pris 15 % en une semaine.

© NVIDIA
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Janvier, mai, juillet : trois épisodes inflationnistes en sept mois, et une escalade qui ne ressemble plus à un ajustement conjoncturel. Selon Wccftech, NVIDIA aurait notifié ses partenaires d’une hausse pouvant atteindre 20 à 30 % sur l’ensemble de ses cartes grand public, contre 10 à 15 % en janvier et une hausse limitée au haut de gamme en mai. Cette fois, c’est toute la gamme RTX 50 qui est concernée, du 5050 au 5090, et même certains modèles RTX 40 équipés de GDDR6. Les distributeurs chinois ont réagi immédiatement : retrait de stocks, fermetures de boutiques en ligne, messages d’alerte à la clientèle.

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Trois vagues en sept mois : ce que Samsung a déclenché chez NVIDIA

La mécanique est désormais bien rodée. Samsung aurait relevé ses prix DRAM d’environ 20 % pour le trimestre en cours, une pression que NVIDIA répercute sous forme de nouveaux tarifs sur les kits GPU qu’il fournit à ses AIB, c’est-à-dire les assembleurs comme ASUS, MSI ou Colorful. Ces kits intègrent désormais non seulement la puce graphique, mais aussi la mémoire vidéo. Résultat : les partenaires n’ont plus de marge de manœuvre pour absorber la hausse.

Les chiffres transmis par NVIDIA à ses partenaires sont précis : 600 yuans de plus par carte 8 Go (environ 90 dollars), 900 yuans pour les 12 Go, 1 200 yuans pour les 16 Go. Uniquement au titre des coûts mémoire, et avant toute majoration de distributeur. La tension sur l’approvisionnement en GPU NVIDIA n’est donc pas près de se résoudre : elle change simplement de forme, du problème de disponibilité au problème de tarif.

La puce GDDR7 3 Go : 50 % de mémoire en plus, trois fois le prix

C’est là que la situation bascule dans l’absurde. Une puce GDDR7 de 2 Go se négocie actuellement à 20 dollars. Son équivalente 3 Go, celle qui équipe notamment les RTX 5070, s’arrache entre 60 et 70 dollars, soit plus de trois fois le tarif pour 50 % de capacité supplémentaire. Pour une carte 12 Go assemblée avec quatre de ces puces, le coût mémoire seul dépasse 240 dollars, ce qui représente plus d’un tiers du prix de vente conseillé d’une RTX 5070 à sa sortie.

© Samsung

C’est précisément cette anomalie qui aurait conduit NVIDIA à repousser ses cartes RTX 50 Super, initialement attendues en fin d’année : les puces 3 Go coûtent trop cher pour tenir les marges à des prix grand public acceptables. En Chine, les effets se lisent déjà dans les catalogues officiels : MSI a relevé ses tarifs de 8 à 20 % par rapport à la semaine précédente, tandis que Colorful affiche des hausses de 40 à 59 % face aux MSRP d’origine. La RTX 5070 Ti Gaming Trio OC de MSI dépasse désormais de 76 % son prix conseillé de lancement. NVIDIA avait pourtant tenté de donner un peu d’air au marché avec le retour de la RTX 3060 pour les petits budgets. Avec des tarifs GDDR6 également en hausse, même cette bouée de secours risque d’être rattrapée.

Les marchés européen et américain n’ont pas encore subi de choc équivalent, les AIB disposant encore de stocks constitués à d’anciens tarifs. Mais la logique des marges minces ne leur laissera pas cette latitude indéfiniment. La question qui se pose maintenant est moins « si » les prix vont monter que « de combien » et « avant quel salon » : avec la Gamescom à l’horizon, les constructeurs auront du mal à annoncer de nouvelles références à des tarifs qui font encore sens.

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