En fonction des revendeurs, mais surtout selon les références, les stocks de cartes graphiques NVIDIA sont variables et… ce n'est pas près de s'arranger.

NVIDIA a tout simplement confirmé des « ventes contraires à l'offre » de ses cartes graphiques GeForce, dont l'approvisionnement devrait rester difficile pendant encore un trimestre et sans doute bien davantage.
Un chiffre d'affaires et des bénéfices records
Il y a quelques jours à peine, NVIDIA a publié les résultats financiers de son dernier trimestre fiscal – Q4 FY 2026 comme on dit dans le jargon – et il est très, mais alors très difficile de plaindre Jensen Huang.
Le fondateur et P.-D.G. du groupe a effectivement pu afficher un large sourire. En effet, la société déclarait un chiffre d'affaires de 68,1 milliards de dollars, soit une hausse de 73 % par rapport à la même période l'année précédente. À peine plus faible, la hausse du bénéfice net est encore de 63 %, à 43 milliards de dollars, et c'est au-dessus de toutes les prédictions.
« L'adoption des agents par les entreprises connaît une croissance fulgurante. Nos clients se précipitent pour investir dans le calcul IA », indique Jensen Huang. « La demande de tokens dans le monde est devenue exponentielle. Je pense qu'on le voit tous : même nos GPU vieux de six ans, dans le cloud, sont saturés et les prix augmentent », a-t-il poursuivi.

Une croissance insolente dont la base intelligence artificielle ne fait pas que des heureux : elle implique assez logiquement une redirection des produits NVIDIA vers ces marchés, au détriment des autres activités du groupe. De fait, les cartes graphiques GeForce RTX série 50 parfois difficiles à trouver ne devraient pas voir leur situation s'améliorer dans les prochaines semaines.
Écrasante division data center
L'information ne vient pas de Jensen Huang lui-même, mais elle n'en est pas moins officielle. À l'occasion de la conférence téléphonique organisée autour des résultats du groupe, c'est Colette Kress qui a expliqué la situation.
La directrice financière du groupe a effectivement pris la parole pour évoquer, en une phrase lourde de conséquences, des « contraintes d'approvisionnement [qui] devraient constituer le principal obstacle au secteur du jeu vidéo au premier trimestre et au-delà ». Un message qui explique que le souci de NVIDIA n'est pas lié à un quelconque ralentissement de la demande.
La firme de Jensen Huang n'est simplement pas en mesure de fournir et cela se ressent sur l'offre en boutiques : il y a quelques semaines, nous avions évoqué le changement de stratégie du groupe qui privilégie maintenant les cartes dotées de petites quantités de mémoire vidéo. On parle de la RTX 5050 à la RTX 5070 en mettant de côté la RTX 5060 Ti version 16 Go.
Bien sûr, la question du prix de la VRAM n'est pas étrangère à ces difficultés que rencontre NVIDIA. Il ne faut toutefois pas être grand clerc pour comprendre que l'intérêt du groupe ne se situe plus dans le gaming. Nos confrères d'App Economy Insights ont élaboré deux infographies qui viennent parfaitement illustrer la situation que connaît aujourd'hui NVIDIA.
Une situation que beaucoup de concurrentes envient, mais qui fait donc la part belle à l'intelligence artificielle et à la demande liée aux centres de données. Les revenus générés par la section gaming sont loin d'être anodins, mais stables sur les dernières années, ils ne représentent plus grand-chose dans le bilan général du groupe NVIDIA : 3,7 milliards de dollars de revenus contre 62,3 milliards pour la division data center. Le choix est vite fait.
Source : App Economy Insights, VideoCardz