Alors que le Tour de France bat son plein, des cybercriminels créent de fausses boutiques en ligne pour piéger les fans de vélo, et voler leurs données bancaires. Check Point Research dit avoir détecté 63 domaines frauduleux liés à la Grande boucle.

 Le Tour de France attire aussi les arnaqueurs, et ça devient sérieux. © Adam McCullough / Shutterstock
Le Tour de France attire aussi les arnaqueurs, et ça devient sérieux. © Adam McCullough / Shutterstock

Pendant ce Tour de France, beaucoup sont estomaqués par les performances du maillot jaune Tadej Pogacar, pendant que d'autres sont en admiration devant « l'élu », le jeune français Paul Seixas, quatrième du classement général, peut-être le successeur de l'illustre Bernard Hinault, c'est tout le mal qu'on lui souhaite. Pour les amoureux de la Petite reine qui n'ont pas la chance d'être au bord des routes et de récupérer les fameux goodies de la caravane publicitaire, il y a la boutique en ligne du Tour. Sauf que voilà, les escrocs ont compris comment en tirer profit. Entre janvier et juin 2026, les chercheurs de Check Point Research ont repéré 63 nouveaux noms de domaine évoquant la Grande boucle, dont certains hébergent déjà de véritables boutiques de contrefaçon.

Avant et pendant le Tour de France, les cybercriminels multiplient les attaques

Pendant les trois semaines de course, l'appétit des fans du Tour ne faiblit jamais. Les tenues d'équipe, les produits dérivés avec le légendaire bob Cochonou, les billets ou paris sportifs… Tout s'arrache. Les cybercriminels le savent et inondent le web de contrefaçons soignées, capables de se glisser dans les résultats de recherche, les fils Instagram ou même les publicités sponsorisées les plus crédibles. Parmi les domaines repérés par les chercheurs, figurent notamment tourdefrancelife[.]com et tourdefrance[.]pro, tous deux enregistrés en février 2026, ou encore tourettedefrance[.]com, apparu en mars.

Rien qu'au moins de juin, les organisations françaises suivies par CheckPoint ont subi en moyenne 1 333 cyberattaques par semaine, soit 21 % de plus qu'en mai et 14 % de plus qu'en juin 2025. Une envolée assez nette dans les secteurs liés aux achats grand public, friands de bonnes affaires estivales.

Le secteur des biens de consommation encaisse le plus fort de la vague évidemment. En France, les attaques hebdomadaires y sont passées de 751 en janvier à 1 332 en juin, une hausse de 77 %, largement supérieure à la moyenne de 12 % observée en Europe du Sud sur la même période. Chose à savoir, la majorité de ces nouveaux noms de domaine ne sont pas encore classés comme dangereux, mais certains apparaissent par vagues coordonnées, un indice qui trahit une préparation méthodique en amont de la course.

tourdefranceevent[.]shop, une boutique en ligne de contrefaçon reprenant le logo et l'identité visuelle du Tour de France, avec des maillots d'équipes affichés à prix cassés (jusqu'à -70 %) pour inciter à l'achat impulsif. © Check Point Research
tourdefranceevent[.]shop, une boutique en ligne de contrefaçon reprenant le logo et l'identité visuelle du Tour de France, avec des maillots d'équipes affichés à prix cassés (jusqu'à -70 %) pour inciter à l'achat impulsif. © Check Point Research

À quoi ressemble un piège numérique déguisé en maillot jaune

Check Point Research nous donne l'exemple de tourdefranceevent[.]shop, un site enregistré en juin 2026 et déjà repéré comme malveillant par plusieurs outils de veille. Sans aucun lien avec la boutique officielle, il déploie la panoplie classique du faux commerce convaincant, avec les prix cassés, de faux labels de confiance, les pop-up conçus pour presser à l'achat, et les icônes de réseaux sociaux qui ne renvoient jamais vers les véritables comptes du Tour de France.

tourdefranceevent[.]shop, un faux badge de confiance affichant des certifications ("Certified Secure", "100% Issue-Free", "Verified Business", "Data Protection") censées rassurer l'acheteur, alors qu'aucune n'est authentique. © Check Point Research

Adrien Merveille, directeur technique chez Check Point Software, explique que les cybercriminels exploitent sans vergogne la ferveur des supporters. Ces faux sites imitent à la perfection l'identité visuelle de la course et promettent des réductions alléchantes, mais un mot d'ordre reste valable pour les acheteurs : la méfiance demeure le meilleur réflexe.

Pour ne pas se faire piéger, c'est un petit peu toujours les mêmes réflexes. Il faut vérifier l'URL exacte plutôt que de cliquer sans réfléchir, s'assurer de l'existence de coordonnées réelles (adresse, téléphone, e-mail), lire des avis clients variés plutôt qu'une pluie suspecte de cinq étoiles, et se méfier des prix trop beaux pour être vrais. Une extension de sécurité dans le navigateur ou un antivirus à jour peuvent aussi repérer une page dangereuse avant que la carte bancaire ne soit sollicitée. La France n'est pas la seule concernée, et tout marché où l'enthousiasme grimpe pour le vélo peut devenir une cible, dès lors que les internautes traquent une offre de dernière minute, un produit en édition limitée, un pari sportif ou un service de voyage lié à la course. La course connaîtra son vainqueur dimanche sur les Champs-Élysées ; autant ne pas être, soi-même, le grand perdant de l'histoire.