Après plus d'un an d'incertitude, Micromania a officiellement trouvé son nouveau propriétaire. L'enseigne française passe sous pavillon franco-québécois, et entame un nouveau chapitre de son histoire.

Ce jeudi 16 juillet 2026, Micromania a levé le voile sur l'identité de son repreneur, mettant ainsi fin à un feuilleton entamé en février 2025 par l'annonce de GameStop. Un consortium porté par l'entrepreneur canadien Stephan Tétrault, actionnaire majoritaire d'EB Games Canada, reprend les rênes de l'enseigne historique aux 300 magasins et plus de 6 millions de clients fidèles. Il a pour objectif de mettre en œuvre le savoir-faire qui lui a permis de redresser la filiale canadienne, sans dénaturer l'ADN qui a marqué des générations de joueurs français.
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Le rachat de Micromania enfin officiel
Même si le devenir de Micromania est un vieux serpent de mer, vous vous souvenez peut-être qu'en février 2025, Ryan Cohen, patron de GameStop, avait annoncé sur les réseaux sociaux la mise en vente de sa filiale française. Pendant plus d'un an, les 1 200 salariés des 300 boutiques Micromania ont vécu dans l'incertitude, sans savoir si l'enseigne allait suivre le sort de sa cousine allemande, purement et simplement fermée faute de repreneur.
Le suspense a pris fin avec la révélation d'un consortium franco-québécois réunissant Stephan Tétrault, figure du retail gaming outre-Atlantique via EB Games Canada et McFarlane Toys, référence mondiale des figurines de collection. À ses côtés, Jean-François Chenail apporte son expertise financière et logistique, tandis que Sandra et Stephen Callahan, à la tête de Cobico International et de sa marque Gipsy Toys, complètent ce quatuor aux profils plutôt complémentaires. C'est d'ailleurs cette dernière entreprise qui a fabriqué les mascottes Phryges des Jeux olympiques de Paris 2024, pour l'anecdote.
Stephan Tétrault se veut rassurant sur ses intention. Son ambition n'est pas de bouleverser l'enseigne, mais bien de « conserver la marque Micromania et lui redonner toute sa force ». Une promesse qui devrait parler à ceux qui ont grandi devant les vitrines de l'enseigne, créée en 1983, entre files d'attente pour la dernière console et razzias sur les jeux du moment, le dernier en date étant le très attendu GTA VI.
Vers une nouvelle ère pour Micromania et ses boutiques
Pour redresser Micromania, le nouveau propriétaire mise sur un stratagème qui lui a déjà permis de sauver EB Games Canada, racheté par le même groupe en 2025. Là-bas, le réseau était déficitaire depuis des années, mais voilà qu'il afficherait aujourd'hui 97 % de magasins rentables, portés par une envolée de 75 % des ventes de produits dérivés et de cartes à collectionner, selon les chiffres communiqués par le consortium. C'est d'autant plus « intéressant », si vous nous passez l'expression, que Sony vient d'annoncer la fin de la production de jeux PlayStation sur disque à partir de 2028, une échéance qui s'annonce délicate pour l'ensemble des enseignes de jeu vidéo physique. Mais la toute première décision des repreneurs canadiens n'avait, elle, rien de commercial. Il s'agissait de redonner à l'enseigne son ancien nom, EB Games, par conviction qu'une marque avec une histoire vaut mieux qu'un rebranding artificiel. Une leçon qu'ils appliquent aussi à Micromania, à une nuance près : cette fois, le nom ne bouge pas.
Sur le terrain, il sera question d' accélération sur les produits dérivés et cartes à collectionner, refonte de l'expérience magasin via les flagships, optimisation du parc de boutiques, marketing et retail media, formation des équipes, data, omnicanalité, et création d'une toute nouvelle division événementielle. Premier symbole concret de cette ambition, un magasin flagship ouvrira ses portes près de Paris dès octobre 2026, vitrine d'une nouvelle expérience client promise par la direction.
L'enseigne ne perd pas de temps, avec une présence à la Japan Expo le week-end dernier, le déploiement de distributeurs de cartes dans une trentaine de centres commerciaux, et un partenariat tout sauf anodin avec le club de foot du FC Chambly, lui aussi détenu par Stephan Tétrault et Jean-François Chenail, qui en National 1, donc au quatrième échelon. Dès le 18 juillet, au stade Walter Luzi, une bourse d'échange de stickers Panini de la Coupe du Monde FIFA 2026 y sera organisée. L'ensemble du Comité de Direction et des équipes sont « d'ores et déjà en ordre de marche », assure Philippe Renaudin, directeur marketing et communication de Micromania. La renaissance semble déjà bel et bien lancée. Les prochaines semaines seront tout de même scrutées de près, notamment pour vérifier que les emplois de l'entreprise seront bien préservés.