DeepSeek vient de boucler une levée de fonds record de 7,4 milliards de dollars. Alors que les sanctions américaines sur les entreprises chinoises perdurent, le secteur des nouvelles technologies chinois attire des capitaux à un rythme élevé. Alors, merci Washington ?

DeepSeek a réalisé la première levée de fonds de son histoire, avec succès. ©mundissima / Shutterstock
DeepSeek a réalisé la première levée de fonds de son histoire, avec succès. ©mundissima / Shutterstock

DeepSeek n'avait jamais levé un seul dollar auprès d'investisseurs extérieurs depuis sa création. Pendant trois ans, l'entreprise d'intelligence artificielle chinoise avait fonctionné exclusivement grâce à la fortune personnelle de son fondateur, Liang Wenfeng, selon les dires du PDG. Mais la société a annoncé une levée de fonds de 7,4 milliards de dollars, la plus importante jamais réalisée par une startup chinoise, pour une valorisation dépassant les 50 milliards de dollars.

Les restrictions américaines comme coup de boost

Le paradoxe est bien là. Les États-Unis ont multiplié les restrictions à l'exportation de semi-conducteurs et tenté de limiter l'accès des entreprises chinoises à certaines technologies, comme c'est déjà le cas pour Huawei. Les USA voulaient ralentir le développement de l'IA en Chine, or, c'est précisément dans ce contexte que DeepSeek a décidé de constituer la réserve de capitaux la plus importante de sa jeune histoire.

L'IA chinoise DeepSeel s'améliore nettement, et convainc des investisseurs locaux. ©Alexandre Boero / Clubic
L'IA chinoise DeepSeel s'améliore nettement, et convainc des investisseurs locaux. ©Alexandre Boero / Clubic

Ce n'est pas un cas isolé. La pression extérieure semble fonctionner comme une incitation à investir davantage, plutôt que comme un frein. Pékin traite désormais des entreprises comme DeepSeek comme des projets d'intérêt national. Ainsi, les investisseurs continuent d'y placer des sommes de plus en plus importantes.

Une nouvelle "licorne" tous les cinq jours

Au-delà de DeepSeek, c'est l'ensemble de l'écosystème chinois de la tech qui connaît une réelle dynamique. Selon l'édition 2026 du Hurun Global Unicorn Index, la Chine compte désormais 381 licornes, ces startups valorisées à plus d'un milliard de dollars, contre moins de 40 en France.

C'est 38 de plus qu'il y a un an, soit un rythme d'une nouvelle licorne tous les cinq jours environ, deux fois plus rapide que l'année précédente. ByteDance figure par ailleurs parmi les trois premières startups chinoises mondiales.

Les robots humanoïdes sont aussi dans le coup

Le secteur de la robotique humanoïde est l'un des derniers terrains où cet afflux de capitaux se manifeste concrètement. Deux fabricants chinois ont franchi le statut de "licorne" cette semaine, pour une valorisation combinée supérieure à 2,9 milliards de dollars, selon Bloomberg.

AI² Robotics a levé près de cinq milliards de yuans, soit environ 736 millions de dollars. X Square Robot, soutenu notamment par Alibaba, ByteDance et Meituan, a pour sa part bouclé deux levées de fonds et dépasse désormais aussi les 20 milliards de yuans de valorisation, soit presque 3 milliards de dollars. Au total, le secteur aurait déjà attiré au moins 46 milliards de yuans depuis le début de l'année, un montant supérieur à l'ensemble des investissements enregistrés sur toute l'année précédente.

Source : TheNextWeb
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