STMicroelectronics frappe fort en dévoilant, lundi, son premier module LiDAR 3D entièrement intégré, compact capable de cartographier l'espace en trois dimensions à 100 images par seconde avec une résolution de 2 268 zones. Une nouvelle prouesse de la société franco-italienne.

Le module VL53L9 de STMicroelectronics vient de sortir, et il est bluffant. © STMicroelectronics / Clubic
Le module VL53L9 de STMicroelectronics vient de sortir, et il est bluffant. © STMicroelectronics / Clubic

Annoncé ce lundi 22 juin 2026, le VL53L9 est le premier module LiDAR 3D dToF totalement intégré de STMicroelectronics. Taillé en seulement 12,8 mm de longueur, il embarque un laser double, du traitement embarqué des données et une gestion de l'alimentation, sans aucune calibration. Avec une résolution impressionnante, 100 images par seconde et une portée de 9 mètres, ce capteur compact a de grandes chances de s'imposer sur le marché de l'edge AI, qui consiste à utiliser l'IA en combinaison avec le calcul en périphérie pour permettre la collecte de données sur place ou à proximité, pratique par exemple pour une tâche algorithmique de reconnaissance.

Un nouveau module LiDAR 3D aux performances sans précédent, signé STMicroelectronics

Nous avons d'un côté le nom technique du nouveau petit bijou d'ingénierie de STMicroelectronics, le « VL53L9 ». Et de l'autre, il y a la technique. Concrètement, le module LiDAR découpe son champ de vision (54° en largeur, 42° en hauteur) en 2 268 zones de mesure indépendantes, disposées sur une grille de 54 × 42 points. Chacune de ces zones calcule une distance en temps réel, comme autant de petits radars travaillant en parallèle. Il en résulte une cartographie 3D particulièrement fine, capable de distinguer de petits objets et leurs contours avec une netteté remarquable.

Sa cadence de 100 images par seconde et sa portée allant de 5 centimètres à 9 mètres, avec une précision de mesure de distance jusqu'à 1 % au passage, en font une nouvelle référence sur le marché du Time-of-Flight, en français des capteurs de temps de vol. Autre atout de taille, le VL53L9 capture simultanément des images infrarouges 2D et des cartes de profondeur 3D, ce qui simplifie considérablement le post-traitement pour les systèmes edge AI qui tournent sur de simples microcontrôleurs. Pour y parvenir, ST s'appuie sur sa technologie propriétaire BSI SPAD (CMOS BackSide Illumination) combinée à des optiques à métasurfaces.

Côté format, il n'y a rien à dire, c'est… compact, avec 12,8 × 6,1 × 4,6 mm, soudable directement sur circuit imprimé, compatible avec une large gamme de vitres de protection et sans calibration préalable. Il accepte une double alimentation (1,2 V et 3,3 V) et transmet ses données via MIPI, un standard d'interface électronique entre une caméra et un microprocesseur, ou I3C, qui utilise une interface à deux fils pour communiquer avec plusieurs périphériques sur un seul bus. Le module est certifié laser classe 1 (il est donc inoffensif pour les yeux) et est taillé aussi bien pour le grand public que pour l'industrie.

Ici, on voit des exemples de sortie de capteur. © STMicroelectronics
Ici, on voit des exemples de sortie de capteur. © STMicroelectronics

Robotique, santé, bâtiments intelligents, le module VL53L9 voit très large

En robotique, le VL53L9 adopte une approche assez intéressante, on vous explique. Plutôt que de balayer la scène point par point comme un pinceau lumineux, une technique classique mais lente, il illumine l'ensemble du champ de vision d'un seul coup, à l'aide d'une double source infrarouge diffuse. Cela signifie que les objets en mouvement sont capturés sans flou ni zones manquantes. Le module prend également en charge le SLAM, la techno qui permet à un robot de construire une carte de son environnement tout en se repérant dedans en temps réel, ce qui est une capacité clé pour la navigation autonome. Côté usines, cette précision de mesure sert aussi à évaluer le volume de matières dans des cuves ou des bacs, optimisant ainsi la gestion des stocks.

Dans les bâtiments intelligents, le capteur joue les sentinelles discrètes, car il détecte la présence humaine et assure le comptage des personnes sans capturer d'images identifiables, ce qui est un vrai plus pour la préservation de la vie privée. En santé, les cas d'usage ciblent la détection de chutes et la surveillance des personnes âgées, des applications où la fiabilité du capteur peut, très concrètement, faire la différence.

La réalité augmentée et la réalité virtuelle ont aussi beaucoup à gagner avec le VL53L9. Sa haute résolution lui permet de reconnaître des gestes à la volée, de suivre les mouvements du corps et même de modéliser en temps réel la position de chaque doigt, ce que les spécialistes appellent « le squelette des doigts ». Voilà qui ouvre la voie à des interactions bien plus naturelles et précises avec des environnements virtuels, sans manette ni contact physique. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Yole Group, un cabinet de référence en analyse des marchés technologiques, identifie les modules dToF haute résolution comme l'une des technologies centrales de la prochaine vague de détection 3D, une adoption qui dépasse largement le seul marché des smartphones. Notons que le VL53L9 entrera très vite en production de masse, dès le début du mois de juillet.