STMicroelectronics lance deux capteurs d'image à très faible consommation, qui permettent d'offrir une vision permanente toujours active sans sacrifier l'autonomie de la batterie, l'un des grands défis des wearables et de la réalité augmentée.

Les capteurs VD55G4 et VD65G4 de STMicroelectronics © STMicroelectronics
Les capteurs VD55G4 et VD65G4 de STMicroelectronics © STMicroelectronics

Imaginez une paire de lunettes connectées ou un casque AR capable de « voir » en permanence, sans vider sa batterie en quelques heures. Annoncés ce mardi 28 avril 2026, les capteurs d'image VD55G4 et VD65G4 du Franco-Italien STMicroelectronics (ST) marquent une nouvelle étape dans la vision embarquée miniaturisée. Ils sont d'ailleurs disponibles dès maintenant pour les premiers concepteurs. Leur force, c'est une consommation divisée par dix par rapport aux capteurs à obturation globale conventionnels, sans compromis sur la qualité d'image, avec une résolution de 800 x 700 et 10 images par seconde.

Les VD55G4 et VD65G4 de STMicroelectronics, deux capteurs d'image qui visent tous les objets connectés intelligents

STMicroelectronics, qui a réussi un solide début d'année, étoffe sa gamme BrightSense avec deux nouvelles références : le VD55G4 (noir et blanc), et le VD65G4 (couleur RGB). Tous deux embarquent une technologie dite à obturation globale, qui capture chaque pixel simultanément, contrairement aux capteurs classiques qui balaient l'image ligne par ligne. Ce système garantit des images nettes, même sur des sujets en mouvement. En étant compacts et légers, ils sont pensés pour tourner en continu sur de petites batteries ou de l'énergie solaire récupérée.

Alors à qui s'adressent ces capteurs ? En fait, à tous les objets du quotidien qui doivent tenir dans une poche, sur un nez ou autour d'un poignet, tout en restant discrets et « intelligents ». Vous l'avez compris, on parle ici de montres connectées, de casques AR/VR, d'appareils médicaux portables et d'équipements domotiques. Tous ces produits ont en commun une contrainte de taille, un budget énergétique serré et un besoin croissant de vision embarquée pour faire tourner des algorithmes d'IA directement à bord, sans passer par le cloud.

Alexandre Balmefrezol, le vice-président exécutif et directeur général du sous-groupe Imaging chez ST, estime qu'« avec les VD55G4 et VD65G4, nous apportons cette fonctionnalité à des produits plus petits et plus légers, qui doivent fonctionner longtemps sur une très petite batterie. » Jusqu'ici, embarquer de la vision permanente dans un appareil impliquait souvent une grosse batterie, voire une prise secteur. Ces nouveaux capteurs veulent rendre cette contrainte obsolète.

Dix fois moins d'énergie, la promesse technique derrière les nouveaux capteurs BrightSense

Ce qui est intéressant aussi, dans ce que nous dit STMicroelectronics, c'est que par rapport à des capteurs à obturation globale classiques, les VD55G4 et VD65G4 peuvent consommer jusqu'à dix fois moins d'énergie. Tout ça est possible grâce à leur architecture qui surveille la scène en continu. En gros, ils observent la scène en permanence, mais n'alertent le processeur de l'appareil que lorsqu'un mouvement ou un changement est détecté. Tant que rien ne se passe, le système reste en veille profonde. C'est ce qu'on appelle un fonctionnement « piloté par événement », et c'est précisément ce qui permet d'économiser autant d'énergie.

Concrètement, l'appareil n'a plus besoin d'analyser en permanence un flux d'images, une tâche bien trop gourmande en énergie. Il observe en silence, et ne se met vraiment au travail que lorsque la scène change. Pour un casque AR porté toute une journée ou un capteur de présence qui fonctionne à l'énergie solaire, la différence est immédiate. La batterie tient bien plus longtemps, sans que l'appareil perde une miette de ce qui se passe devant lui.

Pour que les ingénieurs puissent intégrer ces capteurs à leurs produits, STMicroelectronics fournit tout le nécessaire, avec des cartes de développement compatibles avec les plateformes STM32 et Raspberry Pi, des modules caméra prêts à brancher, et des outils de test et kit logiciel dédié. L'ensemble sera bientôt accessible au public. Et côté fabrication, ces capteurs sortent de l'usine ST de Crolles, en France, et reposent sur une architecture dite « 3D empilée ». Ils sont fabriqués sur des plaquettes 300 mm avec une architecture 3D empilée à 65 nm et 40 nm, pour maximiser les performances dans un espace réduit au minimum.