Trois propriétaires de pick-up R1T et de SUV R1S de première génération ont déposé, le 18 juin dernier, une action collective contre Rivian devant un tribunal fédéral de Californie. Ils reprochent au constructeur américain d’avoir commercialisé ces véhicules entre 2018 et 2023 en promettant une conduite autonome de niveau 3, alors que le matériel embarqué n’en a jamais été capable.

De 2018 à 2023, Rivian a vendu ses pick-up R1T et SUV R1S en promettant à leurs acheteurs une conduite mains libres et yeux fermés, dite de niveau 3 selon la classification de la SAE, la Society of Automotive Engineers. À ce niveau, le véhicule prend en charge lui-même l’accélération, le freinage et la direction sur autoroute ou à basse vitesse, sans que le conducteur surveille la route en permanence.
Les trois plaignants, résidant en Californie, au Michigan et au Wisconsin, affirment que Rivian savait que ses véhicules de première génération n’atteindraient jamais ce seuil. Le fondateur et P.-D. G de l’entreprise, RJ Scaringe, aurait mentionné ces capacités lors de présentations publiques répétées, notamment à la conférence TechCrunch Disrupt en 2022.
Rivian a produit ses premiers R1 sans le matériel requis pour la conduite autonome de niveau 3
Les plaignants se fondent notamment sur les déclarations faites par Rivian lors de son premier Autonomy & AI Day, le 11 décembre 2025 à Palo Alto. À cette occasion, le constructeur a assuré que ses véhicules de première génération ne disposaient pas du matériel nécessaire à une conduite autonome conditionnelle. Ces véhicules ne comptaient qu’un processeur Mobileye EyeQ4, insuffisant pour les fonctions avancées.
Les R1T et R1S de deuxième génération, commercialisés à partir de 2024, disposent en revanche de deux puces NVIDIA Orin et de 11 caméras haute résolution. En fin 2025, Rivian leur a déployé la fonction Universal Hands-Free, active sur 5,6 millions de kilomètres de routes aux États-Unis et au Canada.
Les propriétaires de la première génération n’y ont pas accès, et l’abonnement Autonomy+, facturé 2 500 dollars, soit environ 2 270 euros en achat unique, ou 49,99 dollars, soit 45,40 euros par mois, est réservé aux véhicules de deuxième génération et aux futurs R2.

Trois acheteurs réclament réparation pour des véhicules facturés entre 73 000 et 88 000 euros
Les trois plaignants ont chacun acheté leur véhicule en 2022 ou 2023, pour des prix compris entre 81 000 et 97 000 dollars, soit environ 73 500 et 88 000 euros. L’un d’eux, Michael J. Fritz, résident de San Diego, a assisté à un événement organisé par Rivian en janvier 2023. Un représentant commercial lui a déclaré lors de cet événement que les capacités de conduite autonome du constructeur étaient « au moins équivalentes, sinon supérieures » à celles du Full Self-Driving de Tesla. Il a ensuite acheté un R1S 2023 à 97 000 dollars, soit environ 88 000 euros, et règle depuis un abonnement Connect+ à 14,99 dollars mensuels, soit environ 13,60 euros. Les cabinets Coleman Law et Tycko & Zavareei, qui représentent les plaignants, ont demandé un procès devant jury pour fraude, présentation négligente de faux renseignements et enrichissement sans cause. La plainte porte sur tous les acheteurs et locataires de R1T et R1S des années modèles 2022 à 2024 équipés du système Driver+.
En décembre 2025, un juge administratif californien avait déjà condamné Tesla pour les termes « Autopilot » et « Full Self-Driving », jugés trompeurs pour les consommateurs. Tesla a depuis retiré le mot « Autopilot » de ses pages de vente en Californie.
Source : Engadget