Bouygues Telecom a détaillé sur VivaTech son service de sous-titres traduits par intelligence artificielle sur le décodeur b.tv, et confirmé l'arrivée prochaine du groupe Canal+ dans ce dispositif encore en phase de test.

C'est une vraie première pour un opérateur télécom en France, Bouygues Telecom intègre directement dans son décodeur b.tv un service de traduction de sous-titres automatique. Propulsé par l'intelligence artificielle, la solution fonctionne après avoir été téléchargée directement sur le matériel que l'abonné a chez lui. Tout se fait donc en local, avec cinq langues proposées. À VivaTech, nous avons pu prendre en main le service, dont les tests viennent de démarrer.

Cinq langues déjà disponibles chez Bouygues Telecom pour les sous-titres traduits par IA

La traduction automatique des sous-titres par intelligence artificielle, ça devient concret. Le décodeur b.tv de Bouygues Telecom, que nous avions découvert au début de l'année, embarque une puce NPU dédiée à l'intelligence artificielle. Elle était déjà utilisée pour améliorer la résolution et les couleurs des images. Voilà que Bouygues Telecom y ajoute un troisième service, avec la traduction automatique des sous-titres en direct. Le tout loge dans le même menu « b.tv IA », accessible depuis les réglages (« Paramètres ») habituels du décodeur.

L'anglais, l'arabe, le mandarin, l'espagnol et le portugais sont les cinq premières langues testées, calées sur les profils linguistiques les plus fréquents en France, où 10 à 15 millions d'habitants n'ont pas le français pour langue maternelle. Les malentendants, les expatriés ou les apprenants sont autant de cibles potentielles du service, avec un panel de langues qui pourrait encore s'élargir selon la demande, nous confirme-t-on.

Ce qui est pertinent, c'est que tout se joue en local, sans passer par le cloud. « Aujourd'hui, il n'y a rien qui transite par le cloud », précise Frédéric Penault, chef de produit TV chez Bouygues Telecom, rencontré à VivaTech. Seul le téléchargement initial des modèles, pour le moment développés avec la société sud-coréenne Enerzai, qui pèsent environ un gigaoctet, nécessite une connexion ; puisque le reste tourne ensuite sur la puce du décodeur.

Voici l'écran du service b.tv IA © Alexandre Boero / Clubic
Voici l'écran du service b.tv IA © Alexandre Boero / Clubic

Canal+ rejoint l'expérimentation de sous-titres traduits par IA

À quand un déploiement pour tous les abonnés possesseurs d'un décodeur b.tv ? On vous en parle en fin d'article. Mais en attendant, la phase de tests, démarrée il y a quelques jours, doit en théorie réunir quelques milliers de clients, complétée par une bêta accessible via la plateforme Innolab. Les premiers retours des testeurs sont en tout cas arrivés, et Duyen Nguyen, cheffe de produit décodeur TV, nous en fait l'écho. « Ce qu'ils ont constaté, c'est la fluidité. » Pour les apprenants en langues, notamment en arabe ou en mandarin, l'outil représente même un vrai plus.

La traduction instantanée à l'œuvre, désolé pour la programmation, le hasard a fait les choses.  © Alexandre Boero / Clubic
La traduction instantanée à l'œuvre, désolé pour la programmation, le hasard a fait les choses. © Alexandre Boero / Clubic

Puis petite exclusivité à l'occasion de VivaTech, Bouygues Telecom nous annonce s'être associé avec le groupe Canal+ pour étendre la gestion des langues de « b.tv IA » aux chaînes CStar, CNews et Ciné+. « On a un accord du groupe Canal+ », confirme Duyen Nguyen, qui promet d'en faire profiter les visiteurs du salon, peut-être lors de la journée grand public de ce samedi, dès que la configuration sera prête.

Frédéric Penault, chef de produit TV chez Bouygues Telecom. © Alexandre Boero / Clubic

Nous avions aussi une question sur la fluidité, la latence éventuelle par rapport au sous-titrage « traditionnel ». Le flux OTT (diffusion par internet) étant bufferisé 12 à 14 secondes, les sous-titres traduits s'affichent en même temps que les sous-titres français habituels, sans décalage supplémentaire. Reste la difficulté du direct, où même les sous-titres en français sont parfois approximatifs. Le déploiement plus large du service de sous-titrage automatisé par IA, lui, est annoncé pour la rentrée.