Tesla a publié une vidéo pour annoncer l’autorisation du FSD au Danemark. Politiken l’a analysée et a relevé cinq infractions au code de la route. Le journal danois a identifié une voie de bus empruntée illégalement, un sens interdit franchi et une piste cyclable traversée en plein centre de Copenhague.

 esla Europe a publié une vidéo tournée à Copenhague, que vous pouvez voir ci-dessous - Capture d'écran ©Tesla / Clubic
esla Europe a publié une vidéo tournée à Copenhague, que vous pouvez voir ci-dessous - Capture d'écran ©Tesla / Clubic

En avril dernier, les Pays-Bas ont été le premier pays de l’Union européenne à autoriser le FSD Supervised de Tesla sur leur territoire. L’autorité néerlandaise RDW a délivré une homologation provisoire que d’autres États membres peuvent reconnaître sans mener leur propre évaluation. La Lituanie et l’Estonie ont suivi ce chemin. Le Danemark a fait de même début juin, devenant le quatrième pays européen à valider le système. Tesla commercialise le FSD, rebaptisé Conduite Automatique en Europe, à 99 euros par mois, ou à 49 euros pour les détenteurs du pack Autopilot amélioré. Seul prérequis matériel : un véhicule produit à partir de 2023, équipé de l’architecture Hardware 4. Pour marquer l’autorisation danoise, Tesla Europe a publié une vidéo tournée à Copenhague, que vous pouvez voir ci-dessous. Elon Musk l’a relayée sur X.com. Le quotidien danois Politiken l'a aussitôt décortiquée et y a dénombré cinq infractions.

Cinq infractions recensées dans une vidéo promotionnelle officielle

La Færdselsstyrelsen, l’autorité danoise de la circulation routière, a accordé son approbation provisoire après examen de la documentation technique néerlandaise. Deux jours plus tard, Annick De Ridder, ministre flamande de la Mobilité, a signé à son tour une autorisation valable sur l’ensemble du territoire belge. La Belgique est ainsi devenue le cinquième pays européen à valider le FSD. Chacune de ces autorisations nationales comporte une clause identique : si la Commission européenne rejette le dossier, les feux verts nationaux repassent au rouge au bout de six mois.

Mais revenons à Copenhague. La vidéo de Tesla Europe montrait le système en circulation près de la Rådhuspladsen, la place de l’Hôtel de Ville. Politiken a analysé les images plan par plan. D’abord, une voie réservée aux bus, empruntée sans droit. Puis un panneau « virage à droite interdit », auquel le véhicule n’a pas obéi. Un sens interdit, franchi. Vesterbrogade, une artère fermée aux voitures, traversée. Une piste cyclable, enfin, utilisée comme voie de circulation. Selon le FDM, l’équivalent danois des clubs automobiles, ces images sont « inquiétantes » et « très critiques ». Tesla a décliné tout commentaire auprès de Politiken.

Tesla alimente le dossier de ses adversaires juridiques

Pour obtenir les homologations européennes, Tesla a publié sur X des données collectées sur 23,6 millions de kilomètres parcourus aux Pays-Bas. Sur les 16,6 millions de kilomètres autoroutiers, aucune collision avec le FSD activé ne s'est produite. Sur l’ensemble du réseau néerlandais, le rapport est de 3,5 fois moins de collisions qu’en conduite manuelle avec assistances actives, et de 14,9 fois moins de freinages d’urgence. Sur cette base, la Færdselsstyrelsen a estimé que le FSD contribue positivement à la sécurité routière. Elle a toutefois tenu à préciser, dans un encadré de son communiqué officiel, que le conducteur garde l’entière responsabilité de la conduite.

Cette notion de responsabilité est très importante dans les prétoires américains. Tesla fait face à des procès atteignant jusqu’à 13,4 milliards d’euros selon les estimations des analystes, liés aux systèmes Autopilot et FSD. Devant chaque tribunal, les avocats du constructeur ont la même plaidoirie. Le conducteur surveille le système en permanence, et toute collision engage sa responsabilité. Un jury fédéral américain a pourtant accordé 224 millions d'euros de dommages aux victimes de l’affaire Benavides, un accident mortel survenu avec l’Autopilot engagé. Tesla avait refusé avant le procès un accord à 55 millions d’euros. La juge Beth Bloom a confirmé le verdict et rejeté la demande d’annulation du constructeur.

Fin mai, le compte officiel Tesla avait déjà publié la séquence d’un conducteur qui préparait un expresso mains libres pendant que le FSD conduisait. En bas d’image, on lisait en petits caractères que le conducteur devait « superviser activement le système en permanence ». Tesla a choisi et publié ces deux séquences pour promouvoir le FSD. Les plaignants dans les procès en cours disposent désormais de ces vidéos comme pièces issues du compte X officiel du constructeur.

Source : TeslaMag