Les Pays-Bas ont accordé à Tesla la première homologation européenne pour FSD Supervised, au terme de dix-huit mois de tests. L'autorisation est provisoire, valable uniquement sur le territoire néerlandais.

Tesla entend bien déployer le système plus largement en Europe d'ici à l'été 2026, mais n'a pas le calendrier dans les mains - ©DELBO ANDREA / Shutterstock
Tesla entend bien déployer le système plus largement en Europe d'ici à l'été 2026, mais n'a pas le calendrier dans les mains - ©DELBO ANDREA / Shutterstock

La RDW, l'autorité néerlandaise de régulation des véhicules, vient d'ouvrir une partie des routes européennes au FSD Supervised, le système d'assistance avancée de Tesla. Il a fallu pour cela rouler pendant dix-huit mois sur piste et sur routes ouvertes, avaler 1,6 million de kilomètres, effectuer plus de 13 000 trajets avec des clients et 4 500 scénarios de test. L'autre pays du fromage est le premier du vieux Continent à céder aux sirènes de la conduite (presque) autonome.

Tesla entend bien déployer le système plus largement en Europe d'ici à l'été 2026, mais n'a pas le calendrier dans les mains. C'est la RDW seule qui devra d'abord soumettre une demande à la Commission européenne, attendre que tous les États membres votent à la majorité du comité compétent pour obtenir une homologation à l'ensemble de l'UE. Pour autant, chaque pays peut aussi reconnaître l'approbation néerlandaise à titre national, sans attendre ce vote collectif. Il se murmure d'ailleurs que l'Allemagne, la France et l'Italie seraient les premiers candidats à le faire, potentiellement dans les quatre à huit semaines.

Le logiciel européen n'est pas celui vendu aux États-Unis

Pour montrer patte blanche, Tesla a dû soumettre une documentation couvrant plus de 400 exigences de conformité pour satisfaire la norme UN R-171, qui encadre les systèmes d'assistance sous contrôle du conducteur.

La RDW précise toutefois dans sa documentation officielle que les versions logicielles européenne et américaine ne sont pas comparables. Aux États-Unis, Tesla peut déployer des mises à jour sans autorisation préalable, selon le modèle d'auto-certification en vigueur.

En Europe, aucun système d'assistance avancée ne peut circuler sur voie publique sans type approval délivré en amont. Tesla a donc développé une version spécifique du logiciel pour satisfaire ce cadre légal, distincte de celle commercialisée outre-Atlantique.

« Supervisé » ne veut pas dire « autonome »

Tesla Europe a posté sur X que « no other vehicle can do this ». Ce n'est pas tout à fait le cas.

Comme le prouve la RDW, BMW dispose d'une approbation pour la conduite mains libres sur autoroute avec changement de voie automatisé, et Ford a obtenu une autorisation comparable pour BlueCruise via l'article 39.

Le FSD Supervised est par ailleurs classifié au niveau 2 d'automatisation. Le conducteur n'a pas à maintenir les mains sur le volant, mais ses yeux doivent rester sur la route à tout moment. Des capteurs surveillent le regard et la disponibilité du conducteur à reprendre le contrôle. Si le système détecte une inattention prolongée, il émet des alertes progressives et peut se désactiver temporairement. Avec ce dispositif, impossible donc de lire ou regarder son téléphone au volant. Tesla devra par ailleurs transmettre des rapports d'incidents à la RDW au minimum une fois par an.

Waymo prépare un lancement en véhicules entièrement sans conducteur à Londres, un système de niveau 4 où aucune intervention humaine n'est requise alors que le FSD Supervised exige un conducteur attentif en permanence. La RDW avait d'ailleurs retardé l'approbation d'environ trois semaines fin mars, après avoir publiquement corrigé des annonces prématurées de Tesla.

Elon Musk l'apprend à ses dépens, pour le moment, ce sont les régulaturs européens qui ont les mains sur le volant de son FSD Supervised, n'en déplaise à ses agendas marketing.

Source : Engadget