Amazon devait lancer 1 600 satellites avant le 30 juillet, mais ne dispose pas de la capacité de lancement nécessaire. Pour apporter un peu de concurrence à Elon Musk, la FCC a accordé une faveur à Amazon.

L'autorité américaine des télécommunications (FCC) a accordé à Amazon une prolongation pour le déploiement de sa constellation de satellites internet Leo. L'entreprise était censée mettre en orbite plus de 1600 satellites Leo, soit la moitié de sa constellation prévue, d'ici le 30 juillet. Elle avait toutefois demandé un report en janvier, invoquant des problèmes de capacité de lancement et des modifications apportées à la conception de ses satellites.
La FCC impose de la concurrence à SpaceX
"Cette dérogation sert l'intérêt public en favorisant une deuxième constellation de satellites à large bande", aux côtés de SpaceX, a écrit la FCC.
L'autorité a estimé qu'une application stricte de la réglementation limiterait le déploiement de la constellation Gen1 d'Amazon Leo et restreindrait les services proposés aux consommateurs américains.
La demande d'extension d'Amazon a été contestée par SpaceX, qui a accusé la FCC d'accorder un traitement de faveur à son concurrent.
"Amazon a omis de mentionner qu'au cours des six dernières années, elle n'a lancé que 6 % des satellites qu'elle avait poussé la Commission à approuver en priorité par rapport à ses concurrents" - SpaceX

Amazon a répondu que son rythme lent n'était pas dû à un manque de satellites, mais à des difficultés pour les placer en orbite. "Aucun opérateur n'aurait pu prévoir que les trois principaux programmes de lanceurs lourds, Ariane 6, New Glenn et Vulcan Centaur d'ULA, connaîtraient des retards simultanés et répétés suffisamment importants pour épuiser les marges prévues par Amazon Leo", a expliqué l'entreprise. Les fusées Vulcan et New Glenn sont actuellement clouées au sol suite à des anomalies récentes, dont la spectaculaire explosion de New Glenn sur la rampe de lancement le 29 mai.
Un délai étendu, sous conditions
Cette extension s'accompagne néanmoins d'une condition : Amazon perdra son "statut prioritaire" pour tous les lancements après le 31 juillet 2026. L'entreprise devra désormais démontrer que Leo "n'interférera pas avec les autres opérateurs", notamment SpaceX. Cette clause répond à la préoccupation principale de SpaceX concernant d'éventuels conflits avec sa constellation Starlink.
Si l'échéance intermédiaire a été levée, la FCC maintient son calendrier principal qui exige qu'Amazon place l'ensemble de sa constellation de 3 232 satellites en orbite d'ici juillet 2029. Cet objectif reste ambitieux, compte tenu du retard de plusieurs mois prévu pour la fusée New Glenn de Blue Origin.
Les futurs lancements, y compris avec d'autres prestataires comme SpaceX, devront également se dérouler sans accroc. Malgré ces difficultés, Amazon prévoit toujours de lancer son service internet commercial Leo dans le courant de l'année.
Source : Engadget