BYD développe des robots humanoïdes. Selon Li Ke, vice-présidente exécutive du constructeur de Shenzhen, ces machines pourraient transiter par les concessions automobiles pour rejoindre les foyers. En Europe, BYD prévoit 2 000 points de vente d’ici fin 2026, autant de relais potentiels pour ces robots.

Li Ke, numéro deux opérationnelle du groupe, a confirmé dans une interview que l'entreprise travaille bien sur des robots humanoïdes - ©nitpicker / Shutterstock
Li Ke, numéro deux opérationnelle du groupe, a confirmé dans une interview que l'entreprise travaille bien sur des robots humanoïdes - ©nitpicker / Shutterstock

BYD n’a pas attendu d’avoir un prototype à montrer pour en parler. Li Ke, numéro deux opérationnelle du groupe, a confirmé dans une interview que l’entreprise travaille bien sur des robots humanoïdes, information que le média économique chinois Yicai a recoupée auprès d’une source proche du dossier

Selon la vice-présidente, les véhicules intelligents et les robots humanoïdes partagent les mêmes composants technologiques de base, capteurs, actionneurs électriques, plateformes de calcul et modèles d’IA. Sur cette base commune, les constructeurs automobiles partent avec une longueur d’avance dans la robotique, a-t-elle ajouté.

BYD a également annoncé son intention de construire une plateforme robotique ouverte, capable d’accueillir ses propres machines et celles de partenaires extérieurs, sur le modèle de sa stratégie automobile.

En Europe, BYD prépare 2 000 points de vente pour ses voitures et ses futurs robots

Pour la distribution de ces futurs robots, BYD n’aurait pas besoin de construire un réseau commercial de zéro. Le groupe prévoit 2 000 points de vente en Europe d’ici fin 2026, contre un peu plus de 1 000 fin 2025, selon Maria Grazia Davino, directrice régionale de BYD pour le Vieux continent. Au Royaume-Uni, le réseau atteint déjà 125 sites franchisés. BYD avait d’ailleurs déjà envisagé de déployer ces robots comme guides-clients dans ses concessions européennes, pour faire face aux difficultés de recrutement local. On peut donc facilement imaginer que ces robots seraient issus de ces usines.

En jetant un œil à la concurrence, Chery a pris une longueur d’avance. Sa filiale Aimoga commercialise déjà un robot humanoïde doté d’une batterie de 0,7 kWh, au prix de 285 800 yuans, soit environ 36 600 euros. Xpeng, de son côté, a présenté son propre humanoïde Iron dans le cadre d'une stratégie qui associe conduite autonome et intelligence incarnée. NIO, en revanche, a temporairement écarté cette option. William Li, fondateur et PDG du groupe, a annoncé en mars que NIO se concentrait pour l’instant sur la vente de voitures.

Pour l'heure, on ne connaît ni les détails techniques ni la date de mise en circulation de ces robots BYD - ©IM Imagery / Shutterstock
Pour l'heure, on ne connaît ni les détails techniques ni la date de mise en circulation de ces robots BYD - ©IM Imagery / Shutterstock

BYD finance PaXini, une startup de robotique valorisée à plus d’un milliard d’euros

Parallèlement, BYD a déjà investi dans la robotique humanoïde. Le groupe a participé au financement de PaXini, une startup shenzhenoise spécialisée dans les mains robotiques à haute sensibilité tactile. En mars 2026, PaXini a bouclé une levée de plus d’un milliard de yuans, soit environ 128 millions d’euros, et sa valorisation a dépassé les 10 milliards de yuans, soit plus de 1,28 milliard d’euros. JD.com et SenseTime ont également investi. Selon Bloomberg, PaXini envisage une introduction en Bourse à Hong Kong.

La startup produit en masse ses propres capteurs tactiles. Dans le secteur chinois de la robotique, c’est encore exceptionnel. Son modèle phare, le DexH13, intègre 1 140 micro-points de détection et un module de vision, selon Gasgoo. PaXini a même présenté ses produits au salon Hannover Messe 2026 en Allemagne. Ses fondateurs proviennent du laboratoire de robotique de l’université Waseda, au Japon, berceau du premier robot humanoïde au monde.

Pour l’heure, on ne connaît ni les détails techniques ni la date de mise en circulation de ces robots BYD. Li Ke a ajouté que la Chine devrait prendre la tête de la commercialisation de ces machines, et que BYD lui-même pourrait en devenir le premier acheteur pour équiper ses propres usines.

Source : CNEV Post