La mission Comet Interceptor de l'ESA avance à grands pas. L'IRAP a livré le modèle de vol de LEES, son spectromètre d'électrons, au centre spatial polonais, avant le lancement par Ariane 6 prévu fin 2028.

La mission Comet Interceptor ambitionne d'aller à la rencontre d'une comète dite « vierge », autrement dit un astre qui n'a jamais encore approché le Soleil, et dont la composition est intacte depuis la naissance du Système solaire. Pour y parvenir, l'Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) a livré le 12 mai à Varsovie le modèle de vol de LEES, l'instrument qu'il a conçu pour analyser les électrons présents autour de la comète. Un jalon clé, avant un lancement prévu si tout va bien en 2028, depuis Kourou, à l'aide de la fusée Ariane 6.
La mission Comet Interceptor avance vers son rendez-vous avec une comète vierge
L'instrument Low-Energy Electron Spectrometer, dit LEES, s'intègre dans un ensemble plus large baptisé DFP, pour Dust, Fields, and Particles (« Poussière, champs et particules » en français). Il s'agit d'une suite de cinq instruments conçue pour dresser un portrait complet de l'environnement d'une comète.
LEES se charge d'une tâche précise, à savoir mesurer les électrons de très faible énergie qui gravitent autour du noyau cométaire, sur une plage allant de 1 eV à 1 keV. Ses quatre instruments complémentaires, eux, s'attaqueront aux champs magnétiques et électriques, aux propriétés du plasma et aux impacts de poussières cométaires.
C'est l'IRAP qui a piloté la conception et l'assemblage de l'instrument, depuis Toulouse. Mais l'effort est collectif, puisque l'Université Charles de Prague a fourni les composants électroniques et contribué aux systèmes haute tension, tandis que le Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux a livré certaines pièces mécaniques. En ce qui concerne le financement, l'IRAP et Bordeaux s'appuient sur le CNRS, le CNES et leurs universités, quand Prague est, elle, soutenue par un contrat spécifique de l'ESA, l'Agence spatiale européenne.

LEES entre dans sa phase de tests décisifs avant le grand départ depuis Kourou
Maintenant que LEES a rejoint le centre spatial polonais CBK à Varsovie, l'instrument va être testé aux côtés des quatre autres composants de la suite DFP, pour vérifier que l'ensemble fonctionne parfaitement de concert. On connaît déjà l'échéance. Tout doit être prêt pour un décollage depuis Kourou, en Guyane française, à bord du lanceur Ariane 6, entre fin 2028 et début 2029 au plus tard. Quant à la comète visée, elle n'a pas encore été identifiée, c'est d'ailleurs toute l'originalité de la mission.
La mission Comet Interceptor, menée conjointement par l'ESA et l'agence spatiale japonaise JAXA, est assez inédite. Le dispositif se compose d'un vaisseau principal et de deux sondes largables au moment voulu, afin d'observer la comète sous plusieurs angles simultanément. Dix instruments scientifiques, en tout, seront mobilisés.
Après son lancement, l'ensemble sera placé en orbite d'attente jusqu'à ce qu'une comète vierge soit détectée et jugée accessible, une première absolue dans l'histoire de l'exploration spatiale.