La France et le Canada ont signé une déclaration conjointe sur les technologies quantiques vendredi, en marge du G7 numérique parisien. Les deux pays ont décidé de s'engager sur la R&D, les talents et la souveraineté numérique.

C'est à Bercy, en marge du G7 numérique sous présidence française, que les ministres Anne Le Hénanff et Evan Solomon ont signé le 29 mai une déclaration conjointe sur les technologies quantiques. Le texte entérine des décennies de coopération scientifique franco-canadienne tout en fixant des ambitions nouvelles, avec une coopération sur la recherche et développement partagée, la formation de chercheurs, et des marchés communs. Dans la grande course mondiale au quantique, les deux pays ont choisi de jouer ensemble.
La France et le Canada décident de faire équipe sur le quantique
Le G7 numérique 2026 aura été l'occasion d'une signature aux allures de confirmation, plutôt que de révolution. Anne Le Hénanff, ministre déléguée française à l'IA et au Numérique, et Evan Solomon, son homologue canadien, ont donc officialisé vendredi une coopération entretenue depuis des décennies. On parle ici d'une coopération scientifique, déjà donc nourrie par des générations de chercheurs et d'étudiants des deux pays.
Neuf jours plus tôt, le 20 mai, le président de la République avait annoncé lors d'un grand forum européen dédié au quantique et aux semi-conducteurs un réinvestissement massif de la France dans ces technologies. Un signal fort, qui appelait naturellement à renforcer les alliances avec des partenaires fiables, comme la France l'avait déjà fait avec l'Allemagne quelques semaines auparavant. D'où la signature de ce jour.
Bien au-delà des laboratoires et du monde académique, l'accord vise aussi à consolider les liens industriels, puisque les entreprises des deux pays se rapprochent également. Depuis quelques années, des start-up, industriels et investisseurs français et canadiens du secteur quantique tissent des liens de plus en plus forts. L'ambition de la déclaration est désormais de donner un cadre à tout cela, avec la volonté de construire ensemble un marché mondial du quantique, avec des règles du jeu partagées.

Quantique, formation et souveraineté : les trois piliers de l'accord franco-canadien
Concrètement, sur quoi la France et le Canada vont-ils travailler ? Les deux pays ciblent trois grandes applications des technologies quantiques, à commencer par des ordinateurs bien plus puissants que ceux d'aujourd'hui, mais aussi des réseaux de communication sécurisés, et des capteurs d'une précision sans précédent. Pour y parvenir, ils s'appuieront sur les accords de coopération déjà en place entre les deux pays, tout en cherchant à lancer de nouveaux projets financés en commun.
Développer des technologies quantiques, c'est bien. Avoir les talents pour le faire, c'est indispensable. La déclaration nous le montre bien, car elle prévoit de former la prochaine génération de scientifiques et d'ingénieurs spécialisés dans le domaine, à l'aide d'ateliers, de séminaires et d'échanges de chercheurs entre les deux pays. Il s'agit de bâtir une communauté scientifique franco-canadienne solide, qui devra être en mesure d'alimenter aussi bien les entreprises que les laboratoires.
L'accord dépasse en tout cas le seul cadre scientifique, puisqu'il porte aussi un message politique fort. Dans un monde où maîtriser les technologies de demain est devenu une question de souveraineté numérique, la ministre Anne Le Hénanff rappelle que « la coopération internationale avec des partenaires de confiance est essentielle ». La France et le Canada poursuivront d'ailleurs ces discussions au sein du G7, dans un groupe de travail dédié au quantique lancé l'an dernier, quand le Canada présidait l'organisation.