Les ministres de l'Éducation du G7 se sont penchés mardi sur la protection des mineurs en ligne, priorité affichée de la présidence française avant le sommet d'Évian, qui aura lieu le mois prochain.

La France, qui préside le G7 cette année, a fait de la sécurité numérique des enfants l'un de ses chevaux de bataille. Mardi 19 mai, les ministres de l'Éducation des sept grandes puissances et de l'Union européenne ont pu s'arrêter sur une feuille de route commune. Avec des enseignants mobilisés, des familles impliquées et une coopération internationale renforcée, les grandes lignes d'une réponse collective commencent à prendre forme, avant le sommet d'Évian.
Les grandes puissances mondiales s'unissent pour sécuriser internet pour les mineurs
La réunion du 19 mai a eu lieu autour d'un sujet qui s'impose dans les agendas internationaux depuis plusieurs années. Dès 2019, déjà sous présidence française du G7, une coalition internationale voyait le jour pour lutter contre le harcèlement en ligne. La même année, la Commission européenne créait de son côté un groupe d'experts chargé de plancher sur un internet plus sûr pour les enfants, avec un plan d'action concret à la clé.
Depuis, la question est restée à l'agenda du G7. En 2023, au Japon, les sommets de Toyama et Kanazawa ont confirmé cet engagement, tout comme à Trieste, en 2024, qui a pris le relais. Et preuve que les grandes puissances ne partent pas de zéro, elles font le maximum désormais pour transformer des années de promesses en actions concrètes.
Car les ministres le savent et le reconnaissent, les risques ont grandi en même temps que le numérique, et les écrans représentent un réel danger. Entre les contenus choquants accessibles en quelques clics, le harcèlement en ligne, le temps d'écran excessif qui abîme la concentration et le moral des enfants, les risques ont explosé avec l'essor du numérique. Alors face à l'ampleur du phénomène, il faut une vraie et franche réponse commune, mondiale.
L'école et les familles doivent devenir les premiers remparts contre les dangers d'internet
Dans ce dispositif esquissé par les plus grandes puissances du globe, l'école occupe la place centrale. Les ministres s'engagent à mieux encadrer l'usage des outils numériques en classe, avec des règles adaptées à l'âge des élèves. Et le rôle des enseignants sera étendu, puisqu'ils seront aussi chargés d'apprendre aux enfants, dès le primaire, à naviguer sur internet de façon éclairée et à décrypter ce qu'ils y trouvent.
L'école ne peut cependant pas tout faire seule, et les ministres le savent également. Les parents ont un rôle tout aussi décisif à jouer, en relayant à la maison ce qui se construit en classe. Et pour vraiment décrocher les enfants des écrans, la recette tient en trois mots : culture, sport, création. Ces « activités », le G7 les juge indispensables à l'épanouissement des jeunes.
Reste l'horizon international. Car protéger les enfants sur internet ne se fera pas pays par pays. Les ministres appellent à une coopération internationale renforcée pour que les règles du jeu soient les mêmes partout… où cela est entendable. La suite interviendra au prochain épisode avec le sommet du G7 qui a lieu à Évian, du 15 au 17 juin 2026, et qui pourrait, il faut l'espérer, faire avancer concrètement les choses.