Mark Zuckerberg a jugé lors de la conférence de résultats du premier trimestre 2026 que la plupart des agents IA actuels sont trop complexes pour un usage ordinaire. Meta augmente pourtant ses dépenses d'investissement jusqu'à 145 milliards de dollars cette année pour en construire de meilleurs.

Le 29 avril, Meta publiait 56,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires en hausse de 33% sur un an, et un bénéfice net de 26,8 milliards. L'action a chuté de plus de 6% après la publication, Meta ayant relevé ses dépenses d'investissement de 115-135 à 125-145 milliards de dollars pour l'année, sans pouvoir montrer aux investisseurs comment ces milliards se traduiront en revenus.
Amazon, Microsoft et Google vendent leurs services cloud IA à des entreprises clientes et encaissent des revenus directs. Meta parie sur des agents grand public dont personne ne sait encore comment les facturer. Susan Li, directrice financière du groupe, a précisé que les conversations hebdomadaires avec les agents professionnels avaient grimpé d'un million en janvier à plus de dix millions fin mars, ces outils étant gratuits pour la plupart des entreprises.
Mark Zuckerberg a par ailleurs dit aux analystes que beaucoup d'agents existaient, mais qu'il n'en recommanderait pas beaucoup à sa mère. « Comment créer une version de cette expérience beaucoup plus aboutie, optimisée et simple ? », a-t-il ensuite demandé.
OpenClaw, trop technique pour trois milliards d'utilisateurs
Pour utiliser OpenClaw, l'agent IA de Sam Altman, il faut installer le logiciel en local, ouvrir un terminal et paramétrer le système manuellement. Pas forcément à la portée de n'importe quelle mère, direz-vous. Et vous aurez raison, puis que seules quelques millions de personnes le font, quand Meta en compte 3,56 milliards actives chaque jour. L'agent que Meta veut construire doit fonctionner sans configuration, sans documentation, sans étape préalable. Mark Zuckerberg a dit que cet objectif de qualité comptait plus que tenir une date de lancement précise.

- Open-source et auto-hébergé
- Intègre WhatsApp, Telegram, etc.
- IA adaptative avec mémoire
Des analystes de Loop Capital, une banque d'investissement américaine spécialisée dans la tech, ont récemment déclaré que les lourds investissements de Meta nourrissaient chez certains investisseurs l'idée d'une entreprise qui cherche à rattraper ses retards en IA à coup de milliards. Mark Zuckerberg a répondu en sortant Muse Spark, premier modèle issu du Meta Superintelligence Lab début avril, histoire de lever les doutes. Le modèle propulse déjà Meta AI dans les fils de discussion sur Facebook, Instagram et WhatsApp, ainsi que sur l'application et le site Meta AI.
Meta a enregistré des hausses à deux chiffres en pourcentage des sessions Meta AI par utilisateur depuis son déploiement. Plus de huit millions d'annonceurs utilisent au moins un outil publicitaire génératif de Meta, et ceux qui utilisent la génération vidéo enregistrent des taux de conversion supérieurs de plus de 3%.
Mark Zuckerberg a aussi précisé que les utilisateurs seraient prêts à payer pour des versions premium ou à haute capacité de calcul de ces agents.
Pourquoi Meta laisse la course aux agents de codage à ses concurrents
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Mais les priorités de Mark Zuckerberg sont ailleurs. « On confond trop souvent programmation et développement personnel, a-t-il dit. La programmation est un ingrédient parmi d'autres. Ce n'est pas le seul ».
Un développeur capable d'ouvrir un terminal et configurer un agent IA n'est pas le profil que Meta cherche à équiper en premier. Muse Spark gère nativement plusieurs modalités, supporte l'utilisation d'outils, le raisonnement visuel et l'orchestration multi-agents, plusieurs sous-agents travaillant en parallèle sur une même question. Un agent personnel aidera les individus dans leurs objectifs du quotidien, un agent professionnel soutiendra les entrepreneurs dans le développement de leur clientèle.
Mark Zuckerberg a dit lors de la conférence que l'objectif de Meta n'était pas seulement de livrer Meta AI comme assistant, mais de livrer des agents qui comprennent les objectifs des utilisateurs et travaillent jour et nuit pour les aider à les atteindre.
Meta a aussi acquis fin 2025 Manus, une startup singapourienne spécialisée dans les agents autonomes, pour plus de deux milliards de dollars. Manus gère des tâches en plusieurs étapes de façon autonome, que ce soit la recherche, l'analyse et même la rédaction et facture ses services aux entreprises sur abonnement, pour un chiffre d'affaires annualisé dépassant 125 millions de dollars.
Aucune date de lancement pour les agents personnels et professionnels n'a été précisée.
Source : Business Insider