Ce lundi 20 avril après-midi, plusieurs services d'IA générative, dont ChatGPT et Claude, ont connu des perturbations. De nombreux utilisateurs ont signalé des difficultés d’accès ou des erreurs de chargement. Si Claude a semblé retrouver un fonctionnement normal assez rapidement, les problèmes ont persisté plus longtemps chez OpenAI.

L'intelligence artificielle n'est pas infaillible, et cet après-midi nous le rappelle brutalement. Entre 16h00 et 17h30 (heure de Paris), plusieurs agents conversationnels du marché ont montré des signes de fatigue extrême. Alors que les rumeurs d'une panne globale se propageaient, la réalité était plus nuancée : nous assistions à un effet domino technologique où la stabilité des infrastructures de distribution semble être le véritable maillon faible de cette crise numérique.
L'ombre de Cloudflare sur ce blackout ?
Contrairement à ce que l'on a pu lire sur certains canaux alarmistes, la situation n'était pas identique pour tous les géants. Si Claude (Anthropic) a effectivement connu un sérieux coup de froid, les services sont revenus progressivement à la normale selon nos tests et les remontées des utilisateurs.

En revanche, pour OpenAI, le diagnostic est plus sévère. S'il était impossible de charger ChatGPT et Codex, certains services tiers utilisant les API de l'éditeur continuaient de fonctionner par intermittence, suggérant que le problème a ciblé spécifiquement l'interface Web et les accès directs des utilisateurs.
Pourquoi autant de services sont-ils tombés en même temps ? Au même moment, Cloudflare signalait aussi des performances dégradées sur certains services comme WARP et Zero Trust. À ce stade, aucun lien direct n’a toutefois été officiellement confirmé entre ces incidents et les perturbations observées chez OpenAI ou Anthropic.
Plus d'informations à suivre…
Une API (interface de programmation) permet à une application d’appeler un modèle d’IA via des requêtes réseau, sans passer par l’interface Web grand public. Le site web (comme un chat en navigateur) repose souvent sur d’autres briques : authentification, front-end, gestion de session, CDN, protections anti-abus, etc. Une panne peut donc toucher surtout l’interface Web (chargement, connexion, rendu) tandis que l’API continue à répondre de façon intermittente ou dégradée. À l’inverse, si la plateforme « cœur » (inférence, bases de données, quotas) est atteinte, API et Web chutent généralement ensemble. Cette dissociation explique pourquoi des services tiers peuvent parfois continuer à fonctionner alors que l’accès direct semble bloqué.
Qu’est-ce qu’un CDN comme Cloudflare, et en quoi peut-il amplifier un “effet domino” lors d’incidents ?Un CDN (Content Delivery Network) distribue du contenu et des services réseau via des points de présence répartis mondialement pour réduire la latence et absorber les pics de trafic. Au-delà des fichiers statiques, des acteurs comme Cloudflare fournissent aussi des fonctions critiques : DNS, terminaison TLS, pare-feu applicatif (WAF), protection DDoS, mise en cache, routage et proxy. Si une partie de ces couches se dégrade, des services très différents peuvent subir des erreurs de chargement, des délais d’attente ou des problèmes de connexion au même moment. L’“effet domino” vient du fait que beaucoup d’éditeurs mutualisent ces dépendances réseau : une perturbation d’infrastructure peut se répercuter sur de multiples plateformes. Cela ne prouve pas une cause unique, mais c’est un schéma fréquent dans les incidents à large portée.
Que recouvrent Cloudflare WARP et “Zero Trust”, et quel type de panne peut les rendre plus lents ou instables ?Cloudflare WARP est un client qui chiffre et route le trafic via le réseau Cloudflare, proche d’un VPN moderne basé sur WireGuard, pour améliorer sécurité et performances selon les cas. Le “Zero Trust” désigne un modèle où aucun accès n’est implicitement fiable : chaque requête est authentifiée, autorisée et souvent inspectée, notamment pour accéder à des applications internes. Ces services dépendent de composants sensibles comme l’authentification, la politique d’accès, les passerelles réseau et l’acheminement vers les points de présence. Une dégradation peut provoquer des lenteurs, des échecs de connexion ou des boucles d’authentification, car le contrôle d’accès se fait « en ligne » à chaque étape. Quand ces briques ralentissent, l’impact se ressent immédiatement sur des applications qui, elles, fonctionnent peut-être encore en arrière-plan.