Pour la première fois depuis quatre ans, les revenus des opérateurs télécoms reculent en France. L'ARCEP, le régulateur du secteur, vient de dresser son bilan du quatrième trimestre 2025, avec une fibre et une 5G qui avancent, au contraire des recettes.

Les revenus des télécoms ont reculé en 2025, chose rare ces dernières années. © Alexandre Boero / Clubic
Les revenus des télécoms ont reculé en 2025, chose rare ces dernières années. © Alexandre Boero / Clubic

L'ARCEP, le régulateur des télécoms, a publié jeudi son observatoire trimestriel des acteurs du secteur, et il est du genre mi-figue, mi-raisin. Le revenu des opérateurs s'est établi à 9,6 milliards d'euros au quatrième trimestre 2025, en baisse de 1,8 % en un an. Ce repli n'est pas inédit, puisqu'il s'agit d'une première depuis… quatre ans. Et nous allons voir qu'il ne s'agit pas que d'une tendance passagère. En parallèle, fibre optique et 5G, elles, n'ont pas dit leur dernier mot, tandis que le SMS continue de s'effondrer au profit du RCS.

Les revenus des opérateurs télécoms reculent pour la première fois depuis quatre ans

Depuis 2021, les opérateurs télécoms français enchaînaient les bonnes années. Mais c'est terminé. En 2025, leurs revenus ont reculé, timidement d'abord (-1,1 % au premier semestre), puis plus franchement (-2,1 % au second) ensuite. Quasiment toutes leurs sources de revenus sont concernées, à une exception près qu'est la vente de smartphones, qui a rebondi de 3 % en fin d'année et leur a évité un bilan encore plus sombre.

Les abonnements mobiles sont le poste qui souffre le plus. En cause, les opérateurs ont cassé leurs prix en 2024 pour attirer des clients. Cette stratégie, qui a fonctionné, se retourne aujourd'hui contre eux. Résultat, leurs revenus mobiles ont plongé de 4,1 % en un an au T4 2025, contre -2,3 % seulement en début d'année. Plus le temps passe, plus la facture de cette guerre des prix s'alourdit.

L'internet fixe, votre box à la maison, n'échappe pas non plus au recul. Avec 4,4 milliards d'euros de revenus au T4 2025, c'est le troisième trimestre consécutif dans le rouge, après quatre ans de croissance. Une petite bonne nouvelle tout de même, votre abonnement internet ne vous coûte en théorie pas plus cher qu'avant. La facture mensuelle moyenne par abonnement se stabilise à 37 euros HT, après une hausse de 1,7 euro en 2024.

Fibre optique et 5G en France : des chiffres records qui contrastent avec la crise des revenus

Mauvaise année pour les revenus, peut-être, mais pas pour la fibre. Fin décembre 2025, 27,1 millions de foyers français étaient connectés en fibre optique, soit 2,7 millions de plus qu'un an plus tôt. Concrètement, ça signifie que 8 abonnements internet sur 10 passent désormais par la fibre, et que 93 % des connexions très haut débit en dépendent. La fibre, et l'extinction progressive démarrée du cuivre le montre, est devenue la norme.

L'ADSL, qui fait transiter internet depuis les vieilles lignes téléphoniques, ne comptait plus que 4 millions d'abonnés fin 2025, à peine 12 % du marché du fixe, contre 19 % un an plus tôt. Dans les zones encore mal couvertes par la fibre, une alternative se développe aussi, avec les box 4G et 5G, qui fonctionnent comme une box classique mais avec le réseau mobile. Elles séduisent de plus en plus, avec 625 000 abonnements recensés, en accélération nette par rapport à l'année précédente.

La cuivre est en fin de vie. © Alexandre Boero / Clubic
La cuivre est en fin de vie. © Alexandre Boero / Clubic

Sur le mobile, la 5G continue de gagner du terrain à toute vitesse. Fin décembre 2025, près d'une carte SIM sur deux, soit 32,9 millions au total, était déjà active sur un réseau 5G, une hausse de 34 % en un an. Le parc global de cartes SIM, lui, dépasse les 84,9 millions, avec une surprise. Ces cartes prépayées, ces forfaits sans engagement qu'on croyait en voie de disparition, ont rebondi pour la première fois en plus de dix ans

La data en plein boom, les SMS en voie d'extinction

Les Français consomment toujours plus de données mobiles, et la tendance ne montre aucun signe d'essoufflement. Au quatrième trimestre 2025, la croissance du trafic mobile atteint encore +13 % en un an, un rythme stable depuis deux ans. En clair, chaque abonné utilise en moyenne 18,3 Go par mois sur son téléphone, l'équivalent de plusieurs films en streaming. Et ce chiffre grossit régulièrement de 1 à 2 Go supplémentaires chaque année. Bon, on est encore loin de la data illimitée que propose désormais Free avec le forfait Free Max, mais les besoins grossissent.

Le SMS, lui, continue de se diriger vers la fin de son histoire. Son usage a chuté de 31 % en un an au quatrième trimestre 2025, une accélération spectaculaire après -14 % un an plus tôt, et environ -10 % par an les deux années d'avant. Un abonné n'envoie plus que 59 SMS par mois en moyenne, contre 250 au pic de 2016. La montée en puissance du RCS et des messageries instantanées, utilisées par 86 % des Français de 12 ans et plus en 2025, condamnent à terme le SMS.

Pour ce qui est des appels téléphoniques, tout dépend du support. Sur mobile, on appelle encore pas mal, avec 3h25 de conversation par mois en moyenne. Sur ligne fixe en revanche, le décrochage est spectaculaire : seulement 40 minutes par mois, soit deux heures et demie de moins qu'il y a dix ans. Le téléphone de salon, celui qui trônait autrefois dans l'entrée, n'a clairement plus la cote.