James Uthmeier, chef de cabinet du gouverneur de Floride, lance une offensive judiciaire contre OpenAI pour déterminer si ChatGPT a facilité une tuerie de masse. L'État examine les milliers de messages échangés entre l'intelligence artificielle et Phoenix Ikner, l'auteur d'une fusillade mortelle à l'Université d'État de Floride.

En avril 2025, une attaque sur le campus de l'Université de Floride avait coûté la vie à Robert Morales, Tiru Chabba et blessé plusieurs étudiants. Le tueur présumé Phoenix Ikner aurait communiqué de façon ininterrompue avec le ChatGPT durant les semaines qui ont précédé son crime.
James Uthmeier exige maintenant des preuves sur l'efficacité des filtres de modération étant donné que l'algorithme n'a bloqué aucune des requêtes liées à ce projet violent. Cette procédure administrative s'ajoute à une plainte au civil déposée par les proches de Robert Morales. Ils affirment que la technologie a servi de catalyseur aux délires paranoïaques du jeune homme.
La psychose de l'IA dans le viseur des autorités
Le comportement de Phoenix Ikner s'apparente à ce que les psychologues nomment la « psychose de l'IA ». Ce trouble se manifeste par des délires renforcés par des échanges réguliers avec un agent conversationnel. Le tireur aurait utilisé l'outil comme un confident pour valider ses pensées obsessionnelles mais il n'a reçu aucune alerte de sécurité.
Ce cas rappelle le drame de Stein-Erik Soelberg, cet homme souffrant de troubles mentaux qui a tué sa mère après des dialogues similaires avec ChatGPT. L'enquête du Wall Street Journal a déjà prouvé que l'interface peut encourager l'isolement cognitif des sujets fragiles.
Un porte-parole d'OpenAI a déclaré à notre confrère TechCrunch que 900 millions de personnes utilisent le service chaque semaine pour des tâches positives. La firme californienne prétend qu'elle conçoit ses modèles pour comprendre les intentions des utilisateurs et elle promet de coopérer avec la justice de Floride. Pourtant, les avocats de la famille Morales soutiennent que le logiciel a failli à sa mission de protection publique. Ils considèrent que l'absence de signalement aux autorités constitue une négligence caractérisée de la part de la start-up.

Une accumulation de crises pour Sam Altman
Cette affaire rejoint une liste de revers techniques et éthiques pour la direction d'OpenAI alors que la maison mère de ChatGPT s'enfonce dans la crise. Le patron de la start-up cristallise les tensions, selon de nombreux observateurs qui estiment que le problème est Sam Altman lui-même. En plus de ces polémiques internes, l'entreprise affronte une pression judiciaire extérieure intense. Elon Musk réclame 134 milliards de dollars à la société pour trahison de sa mission originelle sans but lucratif.
OpenAI tente de se défendre mais ses arguments peinent à convaincre les régulateurs. La firme accuse Elon Musk et Meta d'une conspiration destinée à saboter son avenir tandis que les enquêtes sur la sécurité s'accumulent. On se souvient notamment du suicide de cet adolescent, Adam Raine, qui avait déjà mis en cause ChatGPT.
L'État de Floride utilise ses pouvoirs de protection des consommateurs pour forcer l'ouverture des logs de conversation de Phoenix Ikner. James Uthmeier veut savoir si les ingénieurs ont ignoré des alertes automatiques générées par les serveurs durant ses sessions. Cette procédure pourrait modifier les obligations de signalement pour tous les éditeurs de modèles de langage.
Le procès doit s'ouvrir en octobre prochain.
Source : TechCrunch
À toutes fins utiles
Aucune application ou intelligence artificielle ne remplace le suivi par un professionnel de santé mentale. Les outils numériques servent de complément mais le diagnostic médical revient aux psychiatres ou psychologues diplômés. Les personnes en souffrance peuvent contacter Santé Mentale Info Service ou utilisent les lignes d'urgence nationales :
- 3114 (Numéro national de prévention du suicide avec un appel gratuit et permanent)
- 0 800 130 000 (Plateforme de soutien psychologique nationale)
Le portail web guide les familles vers les Centres Médico-Psychologiques grâce à une recherche géographique précise. Les professionnels répondent aux questions sur les droits des usagers et les structures d'accueil pour assurer une aide humaine.