Bluesky a lancé un nouvel assistant IA, Attie, ce week-end. Malheureusement, la nouveauté a reçu un accueil glacial.

Toujours à la traîne face à X et Threads, Bluesky progresse à son rythme, en accord avec sa feuille de route. Comptant plus de 43 millions d’utilisateurs, la plateforme s’est récemment dotée d’une messagerie chiffrée de bout en bout, d’un bouton « J'aime pas » et de signets privés. Alors que de nombreuses fonctions manquent encore à l’appel, Bluesky vient de dévoiler son assistant IA, Attie. Une nouveauté qui est loin d’avoir plu à tout le monde.
La communauté Bluesky bloque en masse l’IA Attie
Mais que se passe-t-il chez Bluesky ? La plateforme a dévoilé en grande pompe un nouvel assistant IA Attie (en référence au protocole AT) lors de la conférence ATmosphere. En quelques heures à peine, plus de 125 000 utilisateurs ont bloqué son compte, qui est devenu le deuxième profil le plus bloqué du réseau, juste derrière celui de JD Vance (+180 000) et devant celui d’ICE (+112 000) et de la Maison Blanche (+122 000). Seuls 1500 utilisateurs ont daigné s’y abonner.
Pourquoi un tel désaveu ? Dans un monde où l’IA met le nez dans quasiment tous les aspects de notre existence, Bluesky était un véritable refuge pour ceux qui tenaient à leur vie privée. Beaucoup ont vu cette nouveauté comme une trahison, d’autant qu’elle était loin d’être prioritaire : de nombreuses options basiques, comme l’ajout d’images dans les messages privés, sont encore aux abonnés absents sur la plateforme.
Une levée de boucliers un peu trop rapide ?
Le problème, en fait, n’est pas tant Attie que ce que cette innovation symbolise. L’assistant, qui permet aux utilisateurs de créer des flux personnalisés au sein de l’écosystème AT Protocol, n'est pas central dans la plateforme. Comme l’explique Jay Graber, fondatrice et ancienne PDG du réseau, dans un récent article de blog, « Attie fonctionne comme une application distincte, et son utilisation est entièrement facultative. »
- Algorithme ouvert.
- Fonctionnement proche de Twitter.
- Initié par l'un des co-fondateurs de Twitter.
Convaincu que ce n’est pas la technologie qui est mauvaise mais l’usage qu’on en fait, Bluesky reste, en effet, droit dans ses bottes et souhaite se distinguer des pratiques intrusives de ses concurrents : « (Les grandes plateformes) utilisent l’IA pour augmenter le temps passé par les utilisateurs sur leur plateforme, collecter des données d’entraînement et façonner ce que les utilisateurs voient et croient grâce à des systèmes qu’ils ne peuvent ni contrôler ni choisir. Nous pensons que l'IA devrait être au service des personnes, et non des plateformes. »
Hélas, la communauté est, pour l’instant, loin d’être convaincue par Attie et Bluesky va avoir beaucoup de pain sur la planche pour regagner la confiance de ses utilisateurs.
Source : TechCrunch